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vendredi 16 juin 2017
Compte rendu du Café philo du jeudi 13 juin 2017, L'Isle Adam, violence
Nous étions une trentaine personnes à participer à ce café philo,
le jeudi 13 juin 2017, organisé par l’association
Lélia , dans la Maison de l’Amitié
de L’Isle Adam (Val d’Oise) sur le thème préparé et animé par Catherine
Delaunay et Pierre Haller:
« La
violence est elle inhérente à l’homme ? »
ooo
Paroles entendues
-
Les critères de la violence varient
selon les cultures.
-
Certains animaux exercent des
rituels d’apaisement de la violence.
-
Le droit est un rituel d’apaisement
humain.
-
La violence humaine est corrélée
avec la densité de la population et avec son brassage.
-
La violence est énigmatique,
subjective et polymorphe. Les explications sont multiples.
-
Elle est liée aux présupposés
idéologiques.
-
Selon Hegel, l’homme a la liberté
de reconnaître l’autre ou pas.
-
L’animal charognard ne tue pas.
-
Les contes de fées sont pleins de
violences.
-
Dans la nature, les violences s’équilibrent.
-
La vie serait impossible sans
empathie.
-
La peur conduit à la violence.
-
La violence est liée au plaisir de
faire du mal.
-
D’où vient le mal ?
-
Il y a des violences morales,
psychiques.
-
On peut éduquer, conditionner pour
ou contre la violence.
-
La violence est parfois légitimée par la
collectivité.
-
L’effet positif ou négatif des jeux
vidéo violents est controversé. C’est sans doute une question de dosage et du
joueur.
-
La violence a régressé dans l’histoire.
-
L’expérience de
Milgram montre la soumission de l’individu à l’autorité qui lui commande
des actes violents.
-
La violence vient du regard sur le
monde, par exemple, à l’égard des homosexuels, des minorités, de la nature, du
système financier.
-
L’échange de regard permet parfois
d’apaiser la violence.
-
La prise de parole permet d’atténuer
la violence.
-
Gandhi
(1869-1948), Sri Aurobindo
(1872-1950) ont incarné l’efficacité de la non-violence. En Inde certains
expérimentent des modes financiers alternatifs moins violents, tels que la
démonétisation des gros billets ou le revenu universel.
-
Dans notre société, la violence routière
et les accidents sont bénéfiques pour le PIB.
-
L’industrie de l’armement est florissante
en France.
-
Les jardins urbains sont des lieux
de convivialité.
-
La violence est dans la psyché de l’homme
et dans son incessant désir.
-
Il faut enseigner la psychologie
comportementale, développer la conscience réflexive, apprendre à maîtriser ses
émotions.
ooo
samedi 26 mars 2011
Compte rendu du café philo du 25 mars 2011 -Indignation
Vingt-huit personnes ont participé à ce café philo dans le parc de la mairie de Margency sur le thème « A quoi sert l’indignation ? » Avant de nous lancer dans ce passionnant débat, nous avons choisi les thèmes des trois prochains cafés à avoir : 29 avril : Qu’est-ce que la normalité ? 27 mai : « Y a-t-il des valeurs communes à toutes les cultures ? » 24 juin : « Un idéal a-t-il du sens aujourd’hui ? »
L’indignation est un sentiment de colère, qui peut être mêlé de mépris, déclenché par une injustice criante, une action mauvaise ou honteuse, un ouvrage, etc. Est indigne ce qui ne mérite pas le respect. L’indignation est souvent une insurrection pacifique de l’esprit et peut rester au niveau des mots. La révolte, quant à elle, comporte le passage à l’acte et vise à transformer une situation.
L’histoire des sociétés humaines est jalonnée d’indignations qui ont conduit à des révolutions et /ou des évolutions. Exemples :
Sophocle, Antigone (441 av. JC) Antigone brave l'interdiction d'accomplir les rites funéraires pour son frère Polynice. La jeune fille affirme l'illégitimité de l'édit royal en se réclamant des lois divines, non écrites et éternelles.
Christianisme : indignation contre la mise à mort sur la croix d’une infinie cruauté, contre l’hypocrisie et la barbarie de la loi.
Luther : contre le trafic des indulgences. Son conflit avec la papauté éclate en 1517, à propos de la vente d’indulgences décrétée par le pape Léon X pour la construction de la basilique Saint-Pierre, qui, malgré tout, est un chef-d’œuvre architectural et artistique.
Molière : Le Tartuffe ou l’imposteur. Molière présenta cette pièce en 1664 en réaction aux agissements de la Compagnie du Saint-Sacrement.
Voltaire : L’affaire Calas. L'affaire Calas est une affaire judiciaire inique, qui se déroula au milieu du XVIIIe siècle à Toulouse, rendue célèbre par l'intervention de Voltaire.
Zola : « J’accuse…! » est le titre d'un article rédigé par Émile Zola en 1898 lors de l'affaire Dreyfus.
Victor Hugo : manifeste ses indignations à travers toute son œuvre. Dans Les Misérables, mise aux fers de Jean Valjean ; dans Notre-Dame de Paris, les humiliations de Quasimodo ; dans Les Châtiments, le réquisitoire contre Napoléon III, le petit.
Marx : La Commune de Paris est écrasée en 1871. Marx rédige un texte adopté par l’Internationale : La Guerre civile en France.
Les témoignages des combattants de la Grande Guerre. "Quand on sera au bout du trou, faudra pas faire les malins nous autres, mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout sans changer un mot, de tout ce qu'on a vu de plus vicieux chez les hommes", Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit (1932)
Les témoignages des camps de concentration et d’extermination.
Les témoignages du Rwanda
Les témoignages d’Amnesty International
Les sacrifices :
1963 - 11 juin Pour protester contre le régime dictatorial proaméricain du président vietnamien Ngô Dinh Diêm, un bonze bouddhiste se suicide par le feu à Saïgon (Vietnam du sud)
Jan Palach, mort à 21 ans en 1969, est un étudiant tchécoslovaque en philosophie qui s'est immolé par le feu sur la place Venceslas à Prague pour protester contre l'invasion de son pays par l'Union soviétique en août 1968.
Mohamed Bouazizi (محمد البوعزيزي), de son vrai nom Tarek Bouazizi (طارق البوعزيزي), né en 1984 et mort le 4 janvier 2011, est un vendeur ambulant tunisien qui se suicide par immolation par le feu. Il est à l'origine des émeutes qui concourent au déclenchement de la révolution tunisienne évinçant du pouvoir le président Zine el-Abidine Ben Ali , et par extension aux protestations dans d'autres pays arabes.
« Ce jour-là, les agents municipaux lui avaient confisqué son outil de travail et l'un d'eux l'avait giflé. Il s'est alors rendu à la municipalité, puis au gouvernorat pour se plaindre, mais ici, à Sidi Bouzid, il n'y a personne pour nous écouter. Ils marchent à la corruption et ne travaillent que pour leurs intérêts.»— Leïla Bouazizi, sœur de Mohamed Bouazizi
Les sujets d’indignations sont multiples : Esclavage, la torture, la peine de mort, le colonialisme, les camps de concentration, les génocides, les régimes totalitaires, l’état des prisons, les exactions paramilitaires, la corruption, le népotisme, l’indignation sélective, les silences coupables de la real politique (Shoa, Rwanda, régimes autoritaires....)
Les grandes transformations sociales fondées sur l’indignation
Abolitions : de l’esclavage, du servage, de la torture, des supplices en public, de la peine de mort, du travail des enfants.
Améliorations : scolarisation, lois sur le travail, droits de l’homme, émancipation des peuples, des femmes, respect des minorités, sort des prisonniers, des malades mentaux, actions humanitaires, tribunaux contre les crimes de guerre.
En chantier perpétuel : égalités sociales (éducation, revenus, santé, droits), l’éducation, prise en compte de l’extrême misère, migrations des populations, protection de la nature, respect des animaux, gouvernance de la démocratie, régulation et contrôle des pouvoirs civils et religieux, lutte contre le secret d’Etat, la corruption, la ploutocratie, la kleptocratie, les prédateurs sociaux.
Les sujets d’indignations plus ou moins occultés : Les vrais chiffres des richesses et des pauvretés, des fortunes et des impôts ; l’utilisation de l’argent public ; les turpitudes couvertes par le secret-défense ou la real politique ; l’industrie de l’armement ; les collusions politiques ; les réseaux d’influence ; les violences familiales et professionnelles ; la maltraitance des animaux dans les élevages, abattoirs ou laboratoires.
Les indignations résignées par habitude, intérêt ou impuissance : L’exclusion des marginaux ;le fonctionnement prédateur du monde des finances ; la destruction des aliments pour le maintien des cours boursiers ; la dispersion diffuse de produits toxiques ; les dépenses militaires ; l’hégémonie des hydrocarbures ; les lobbies industriels et politiques ; les crimes d’Etats ; les manipulations des opinions publiques ; les manipulations électorales ; l’hédonisme bêtifiant dans la publicité et dans les médias ; la violence dans les médias ; la valeur d’une personne en fonction de sa fortune ; les rémunérations des stars du spectacle et du sport ; la dévalorisation des vieux et des faibles ; l’instrumentalisation du malheur des autres ; la maltraitance des animaux ; les logiques cruelles de la mondialisation ; la guerre économique ; l’endogamie des élites ; l’acceptation de la fatalité des injustices et leur perpétuation ; l’acceptation de notre modèle de développement conduisant à la destruction de la nature ; les suicides dans les prisons (une centaine par an en France), le traitement des sans papiers.
Les indignations sujettes à controverse :La compétition professionnelle, les limites de la liberté individuelle, les normalités, l’avortement, les communautarismes, l’immigration, le principe de précaution, la sécurité publique, l’euthanasie, les OGM, le nucléaire civil ou militaire, le commerce des armes, la real politique, la place du religieux dans la société, les lobbies industriels et professionnels, l’utilisation des produits phytosanitaires, le concept de « guerre propre ».
Pourquoi s’indigne-t-on ? « Dis moi ton indignation, je te dirai qui tu es. »
Par conviction morale ; par émotion ; pour paraître moral ; pour se défouler ; pour ne pas agir ; pour défendre ses intérêts ; pour déconsidérer un adversaire, le couvrir de honte ; parce qu’on se sent déstabilisé par le comportement d’un autre ; parce que la réalité n’est pas telle qu’on la conçoit ou la concevait (c’était mieux avant) ; par peur, de l’autre, de l’avenir ; l’indignation comme fonds de commerce (journaux) ; moyen rhétorique à défaut d’arguments rationnels ; pour dire son appartenance ou son opposition à un groupe (politique, catégorie sociale) ; par suivisme.
Les vecteurs de l’indignation : Les personnes, les citoyens, les médias, les partis politiques, les ONG, les associations, les religieux, les organismes internationaux, Wikileaks...
A quoi sert l’indignation : Prise de conscience individuelle et collective ; engagements de personnes et d’institutions dans l’action ; bonne conscience ( "La certitude d’être moralement juste exclut les remises en cause ") ; argument de controverse ; contrôle des pouvoirs établis ; réformes, évolution du droit ; révolutions ; justification de la violence.
Manipulations de l’indignation : Populisme sécuritaire ; populisme racial et xénophobe ; calomnie ; attaque d’adversaire ; prétexte d’interventions militaires ; détournement d’indignation légitime vers des indignations intéressées ; avance d’informations non vérifiables (chiffrage des victimes, liens de causalités douteux) ; profilage des opinions individuelles et publiques, via les sondages et internet.
Les limites de l’indignation :
Dans un monde hyperinformé, les motifs d’indignation sont infinis et peuvent conduire au pessimisme absolu, à un sentiment d’impuissance, de résignation voire au repli sur soi, « sur son jardin ».Face aux sujets d’indignation, l’espérance, la raison et l’action ont été de tout temps les moteurs de survie de l’humanité qui a connu bien des catastrophes naturelles et d’origines humaines volontaires, involontaires ou collatérales au progrès.
Paroles entendues et notées :
- - Notre indignation faiblit par habitude, paresse intellectuelle et lâcheté, causes déjà évoquées par Etienne de La Béotie (1530-1563) dans son « Discours de la servitude volontaire ou le Contr'un ».
- - «Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s'étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j'en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L'admirable, c'est qu'ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu'inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols - Et j'ai entendu de jolis mots à la Prud'homme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d'ordre. C'est la haine que l'on porte au Bédouin, à l'hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. Il est vrai que beaucoup de choses m'exaspèrent. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. » « Correspondance » de Gustave Flaubert - lettre à George Sand, 12 juin 1867 - éd. de la Pléiade - tome 5, pp. 653-654.
- - L’indignation renvoie à l’idée que l’on se fait de soi.
- - L’indignation a toujours une intention positive.
- - Elle s’appuie sur des valeurs qui peuvent être absolues ou relatives.
- - Il ne faut pas indigner nos semblables.
- - Martin Luther King ou Gandhi ont formulé l’indignation et l’ont transformée en action.
- - Dans le théâtre grec, l’indignation conduit à la vengeance qui doit être arrêtée par le droit.
- - Hessel a du succès parce qu’il entre en résonance avec le temps présent. Son indignation est démocratique et n’appelle pas à la violence.
- - L’indignation donne du sens à l’engagement et à l’action.
- - Quand on ne sait pas, on s’indigne.
- - L’indignation part du cœur.
- - Le marché de l’art contemporain est souvent source d’indignation.
- - Tout art est l’expression d’une indignation personnelle.
- - Je m’indigne, donc je suis vivant.
- - L’indignation est un mal nécessaire.
- - Au-dessus de la raison, il y a les valeurs morales.
- - C’est le moteur de l’humanité.
- - Quand je cesserai de m'indigner, j'aurai commencé ma vieillesse. André Gide
- - Quand on s'indigne, il convient de se demander si l'on est digne. Abbé Pierre
- - L’indignation sert à se défouler.
- - Le nucléaire est inquiétant, mais ça me dépasse.
- - Il faut apprendre à s’indigner à bon escient sur des valeurs sur lesquelles on ne transigera pas.
- - Chacun choisit ses indignations.
- - Bien des indignations sont simplificatrices.
- - Elle est ambiguë par son mélange d’émotion et de raison.
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samedi 27 mars 2010
Compte rendu du Café philo du 26 mars 2010 sur le thème « La Révolte »
Albert Camus (1913-1960)
Vingt cinq personnes ont participé dans la boulangerie Pierol de Margency (95) à cette soirée de réflexion sur le thème de la révolte.
La notion de révolte couvre un large spectre allant de l'indignation vertueuse à l'acte violent.
Les actes de révoltes individuels ou organisés s’inscrivent dans ce spectre : inaction par fatalisme ou force d’inertie, simple récrimination, discours vertueux avec stigmatisation de prétendus responsables, abstention électorale, vote aux extrêmes, désertion, engagements intellectuel, engagement politique, associatif, militant ou religieux, opposition pacifique, action humanitaire, activisme, désobéissance civile, engagement armé et/ou terroriste, sacrifice personnel.
La révolte se réclame en général des valeurs morales telles que la justice ou la compassion ainsi que de la survie ou de la défense d’intérêts personnels.
La révolte est source de renouveau et de création sociale (lutte des minorités, femmes, Luther King), spirituelle (Bouddha, Jésus), artistique (surréalisme), scientifique (Copernic).
La musique peut constituer un support de la révolte : chants révolutionnaires, jazz, beat generation 1950, rock, Brassens, Ferret, Brel, rap. Celle-ci est à la fois instrument éxutoire, de prise de conscience ou de rassemblement.
Révolte comme phase de la vie, adolescence. Elle participe à la constuction de la personnalité.
Engagement politiques des intellectuels : Sartre, Beauvoir, Aron, Foucault, par exemple. L’intellectuel, selon Sartre, « aide les hommes à soulever ensemble les pierres qui les étouffent ».
Les révoltes discutables: jean déchiré vendu à 320 euros (c’est révoltant...), vestimentation de révolte conformiste, purement verbales, excès verbaux. Révoltes romantiques (tee shirt à l’effigie de Che Guevara). Chants, poésie révolutionnaires. Tag, vandalisme.
Les révoltes suicidaires : L’indivi du seul a peu de chance de voir aboutir sa révolte lorsqu’il est à la merci de pouvoirs discrétionnaires tels que polices, armées, prisons, régimes totalitaires, admistration, hôpitaux psychiatriques, maisons de retraite. Ces révoltes individuelles ne sont pas vaines mais causent beaucoup de victimes avant d’aboutir.
Révoltes et révolutions sont légitimés ou délégitimés par la suite de l’histoire (résistants, terroristes).
Les arguments et stratégies des révoltés et des contre-révoltés :
Référence à un ordre naturel ou transcendant (esclavage, droit divin, justice)
Dénigrement des parties adverses au nom de la morale par la mise en exergue d’exactions réelles ou imaginées, voire commises par son propre camp.
Les dérives des révoltes et contre-révoltes :
Remplacement d'une tyrannie par une autre.
Dérives de banditisme, de prédation, de violences sexuelles. Les révolutionnaires et les contre-révolutionnaires se reprochent en général mutuellement ces comportements.
Manipulation de révolutionnaires naïfs par des pouvoirs en place pour justifier la répression.
Comment limiter les révoltes violentes
Démocratie, élections, état de droit, séparation des pouvoirs, contrôle des polices et des armées, lutte contre la corruption, le banditisme et le clanisme, liberté des médias, promotion de la société civile.
Comment les états tentent de juguler les révoltes
L’intimidation, la propagande sécuritaire, la télé et la consommation nouveaux opiums du peuple, la corruption des intellectuels, la criminalisation des révoltés, l’instrumentalisation des religions, la censure, le football, guerre et menace extérieures.
Bilan des révoltes et révolutions
Elles sont nécessaires, elles sont le moteur de l'évolution des sociétés. Elles sacrifient toutefois souvent des victimes, innocentes en majorité, autant parmi les ennemis des révoltés que parmi les révoltés ou leurs affiliés eux-mêmes.
Différences entre révoltes et révolution.
Voici un ensemble d’arguments entendus sur la différence entre révolte et révolution
REVOLTE | REVOLUTION |
Camus est pour la révolte contre la révolution Individuelle et collective Ouverte à des vérités multiples Justice, dignité, solidarité sont les garde-fous Part de ce qui est Partielle Optimiste Objectif pas nécessairement défini Pas toujours raisonnée Se remet parfois en cause Fondement psychologique Existe des révoltes sourdes Episodique Risqué | Sartre défend la révolution Généralement collective Se réfère à une idéologie N’exclut pas la terreur Part de ce qui sera Globale Pas nécessairement optimiste Objectif parfois défini Raisonnée par les meneurs Se remet rarement en cause Inscrite dans des actes Existe des révolutions invisibles (technologie) S’inscrit dans l’histoire. Risqué |
Egalement entendu :
Selon Aron, c’est une hypocrisie (sartrienne) de laisser croire qu’une société peut vivre sans ordre.
La résistance à l’oppression est inscrite dans la loi.
La révolte est souvent retenue par l’entourage.
Actuellement une centaine de cercles de silence se réunissent régulièrement pour protester contre les conditions de vie dans les centres de rétentions administratifs.
L’amour prime(rait) sur la loi, selon le christianisme.
La philosophie orientale recommanderait au sage de ne pas commettre d’acte de révolte, mais de se retirer dans la méditation en attendant d’agir au bon moment.
L’engagement humanitaire est un moyen concret d’exprimer la révolte.
La complexité des sytèmes politiques et économiques fait qu’on ne sait plus contre qui se révolter. Il est difficile de mener une révolte contre les banques ou les lobbies industriels.
Se révolter c’est exister.
Le testament de Gandhi, c’est sa vie.
La révolte n’est pas une fin en soi.
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