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| Stéphane Hardouin, magistrat |
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samedi 16 juin 2018
Conférence de STEPHANE HARDOUIN
« Les grands
défis de l’institution judiciaire, les enjeux de transformation et de
communication », c’est l’intitulé de la conférence donnée à titre
amical par Stéphane Hardouin, ce vendredi 15 juin 2018 de 20 h 15 à 22 h 45 à
l’Espace Lesseps de Bouffémont en présence de quelque vingt–cinq personnes.
Ancien directeur adjoint de cabinet de F. BAYROU au
ministère de la Justice, Stéphane Hardouin est aujourd'hui, à 46 ans,
secrétaire général adjoint de ce ministère. Sa carrière est déjà longue et
notoire au sein de l’administration judiciaire : tribunaux
de grande instance (TGI) de Paris et de Pontoise, directeur du projet informatique
Cassiopée au ministère de la Justice, directeur de l’Ecole
nationale des greffes, procureur de la République au TGI de Compiègne,
pilote de la sous-direction de la justice pénale. Ce
riche parcours lui a permis de partager une vue d’ensemble et passionnante en
dialoguant sur les enjeux de la Justice dans notre État de droit et
démocratique.
Son propos a porté sur cinq thématiques :
- -
La Justice et la confiance du public :
indépendance et impartialité. Pression des médias.
- -
L’Europe, la coopération des justices
européennes. La lutte contre le terrorisme a fait avancer la coopération.
L’Europe a fait avancer les droits nationaux.
-
- Le numérique et ses multiples défis : accès
à la justice, rapidité des procédures, transparence, sécurité informatique. « Il faudra des écrivains publics du
numérique pour toutes les administrations ».
- -
La prison, le sens de la peine. La surpopulation
des prisons va de 140 % en moyenne à 190 %. La question est complexe... « On juge une démocratie à l’état de
ses prisons », fait remarquer un participant en soulignant qu’un tiers
des personnes incarcérées relèveraient de la psychiatrie plutôt que de la
prison.
- -
La Justice et le principe de précaution sont-ils
compatibles ? Dans quelle mesure et sur quels critères la société a-t-elle
le droit de neutraliser une personne hypothétiquement dangereuse ? Par exemple
des gens ayant purgé leur peine ou des familles au retour de Syrie.
La discussion s’est poursuivie autour d’un pot amical.
Il convient de remercier vivement Stéphane Hardouin qui a
consacré cette soirée à nous faire prendre davantage conscience de la
complexité de la Justice. L’institution gère en permanence de multiples et
nouvelles injonctions contradictoires pour nous protéger de l’ensauvagement toujours menaçant de
notre société.
Nous sommes sortis de cette conférence avec davantage de
confiance dans notre Justice et sans doute avec sentiment d’être chanceux
d’appartenir à une Europe où la Justice fonctionne plutôt bien.
dimanche 31 mai 2015
Compte rendu du café philo du 29 mai 2015 ; numérique
Nous étions vingt-huit personnes à participer à ce café philo, le vendredi 29 mai 2015, au centre culturel de Bouffémont, sur le thème :
« Révolution numérique : quels enjeux pour l’homme ? »
oooooooooooooo
Télécharger
les contributions de Catherine Delaunay, Mido et Daniel
Croquette
ainsi que celle de Pierre Haller.
oooooooooooooo
Paroles
entendues
-
Grâce au numérique tout le monde a la
possibilité d’acquérir de nouvelles connaissances et de réfléchir. Mais il faut
aussi apprendre à discerner.
-
On est facilement piraté.
-
Grâce aux nanosciences, certains
espèrent vivre 1000 ans.
-
Je suis victime de beaucoup de courriels
frauduleux.
-
Il est important de savoir qui fait
marcher la machine ; en Occident ce sont les
Etats-Unis, ailleurs ce sont
d’autres acteurs.
-
Le numérique pose deux problèmes :
i) tout le monde lit la même chose, alors qu’une guerre, par exemple, n’est pas
racontée et perçue partout de la même manière. Wikipédia donne une opinion
moyenne, qui n’est pas nécessairement la vérité. ii) Tout devient éphémère,
plus rien n’a d’importance, plus d’esprit critique, plus de méfiance, plus de
pudeur.
-
Google a volontairement arrêté son
application de l’identification automatique des personnes dans la rue, pour des raisons
éthiques.
-
Il y a un décalage entre l’évolution des
technologies et la législation qui est à la traîne. Il faut une gouvernance
mondiale du numérique.
-
J’ai toujours eu peur que quelqu’un
puisse savoir qui je suis.
-
Les cartes de crédit sont piratables à
distance.
-
Le besoin de gouvernance morale est une
vision européenne. La conquête de l’Ouest américain a été possible parce qu’il
n’y avait pas de lois.
-
Avec le numérique, l’homme n’a plus le
même rapport au temps, ni à l’espace.
-
La logique de classement de Google est
fondée sur l’argent.
-
Aux États-Unis on peut breveter n’importe
quoi. Ils s’approprient les savoirs du monde.
-
L’école devrait enseigner le mode
d’emploi d’Internet.
-
L’internet c’est l’accroissement des
inégalités.
-
L’homme augmenté est un mythe.
-
Les caractéristiques du numériques sont
la vitesse, la proximité, la complexité, l’automatisation des process, la remise
en cause des métiers. Les domaines s’interpénètrent.
-
On oublie le droit à l’oubli.
-
Des stratégies de contournement des
interdits par les États se développent.
-
Il y a beaucoup de communication, mais
peu de rencontres.
-
La rapidité de communication a au moins
trois inconvénients i) toute la communication terroriste passe par
internet ; ii) elle est à l’origine de la catastrophe financière ;
iii) elle banalise les pratiques criminelles (armes, drogue, pornographie)
-
Nos cerveaux ne sont pas capables de
gérer la complexité issue du numérique.
-
Le grand danger, c’est les manipulations
génétiques.
-
C’est quand même bien de pouvoir
communiquer avec ses enfants et petits-enfants à l’autre bout du monde.
-
Internet est entré dans la maison grâce
aux enfants.
-
Comme informaticien, je n’utilise pas
Internet à la maison. L’éducation devrait rendre les gens plus méfiants.
-
Il faut réglementer, contrôler et
réprimer le numérique.
-
L’internet est magique. J’ai suivi des
cours MOOC.
-
Internet crée des zones de non-droit. On
ne peut pas tout réglementer.
-
Internet doit être un bon serviteur et
non un mauvais maître.
-
La priorité c’est le milliard d’humains
qui ne mangent pas à leur faim.
-
Même les banquiers ne maîtrisent plus
leurs algorithmes.
-
Mais que fait l’ONU ?
-
L’ordinateur est une addiction et
devient une obligation.
-
Vivre 1000 ans, quel cauchemar !
-
L’intelligence artificielle,
jusqu’où ?
-
Pour utiliser Internet, il faut savoir
lire, or il y a encore pas mal d’illettrisme dans nos sociétés.
-
Internet, c’est un géant au pied
d’argile à la merci de virus ou d’une impulsion électromagnétique.
-
C’est une dangereuse merveille.
-
Dans les réunions de famille, tout le
monde regarde son portable.
-
J’ai retrouvé des amis grâce à Internet.
Il ne faut pas avoir peur. Je n’ai jamais eu de problèmes.
-
Les États-Unis ont tout fait pour garder
l’hégémonie dans ce domaine, notamment en désunissant l’Europe dans des
domaines comme le GPS (Galiléo).
-
On a anesthésié la jeunesse avec
Facebook.
voir aussi :
Université 3.0 : nouveaux enjeux, nouvelles échelles à l’ère numérique
voir aussi :
Université 3.0 : nouveaux enjeux, nouvelles échelles à l’ère numérique
lundi 22 octobre 2012
Compte rendu du café philo du 20 octobre 2012 à Domont
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| Danseur Soufi |
![]() | |
| Corinne Féron, chanteuse lyrique |
Quelque trente-cinq personnes ont participé à notre
rencontre-débat ce samedi soir 20 octobre 2012 au collège Aristide Briand qui
abritait la 17ème Foire du livre de Domont (Val d’Oise). Messieurs
Robert Daviot, conseiller général du Val-d’Oise, et Alexandre Rodriguez-Mekki,
chef d’établissement, avaient eu la bonne idée de compléter cette manifestation
par un débat plus philosophique. Le thème préparé et animé par Catherine
Delaunay et Pierre Haller était : « Quelles cultures au 21ème siècle ? ». La
soirée a été agrémentée par quelques purs moments de grâce artistique. Corinne
Féron, accompagnée au piano par Delphine Armand nous ont toutes deux envoûtés au
cours de leur récital de chants lyriques. La BIP (Brigade d’Intervention
Poétique), un groupe d’élèves du collège piloté par leur professeure Isabelle
Straëbler, ont récité de courts poèmes de Verlaine et de Herrera Marin (en
espagnol !!). Claire Ubac a lu un extrait de son roman
« Ne sois pas timide ». Et pour finir, Marguerite Bertoni a récité son
poème « Etreinte » et Alain Penso a déclamé en impromptu le
poème de Charles Péguy « Châteaux de Loire » qu’il avait appris dans son enfance.
---------------------
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| Altamira |
Au cours de l’histoire de l’humanité le mot culture a pris
différents sens.
-
La
culture de la terre au sens agricole dès l’antiquité.
-
La
culture de l’esprit dans le sens intellectuel au 1er siècle avant
J.C.
-
La
culture au sens humaniste à la Renaissance.
-
La
culture au sens anthropologique et sociologique au 19ème siècle
reconnaissant que chaque société possède une culture.
-
La
culture de masse dans la seconde partie du 20ème siècle.
-
La
culture numérique à partir de 1990.
L’objet du débat est d’envisager l’avenir pour toutes ces
cultures.
Lors des conquêtes de colonisation au 19ème siècle
les Européens ont prétendu apporter la culture aux autres peuples. Pour Bronisław
Malinowski, (1884-1942) la culture est constituée de l’ensemble des productions
d’une société destinées à assurer sa survie. Tout ce qui est chargé de sens
relève de la culture. A l’époque actuelle, la culture connaît un glissement de
sens, passant de l’élitaire à la distraction et au loisir. C’est un objet de
consommation. Edgar Morin
(1921-) souligne l’aspect polyculturel de masse et la cohabitation des cultures
humanistes, religieuses, sportives...
La culture numérique est parfois appelée 6ème
continent en expansion. Tous les savoirs sont disponibles et déjà distribués.
Les facultés sont décuplées. Les interlocuteurs sont pléthoriques. La liberté
d’expression est en principe totale. C’est la revanche de la masse sur l’élite,
selon Michel Serres
(1930-) dans « Petite
Poucette ». Par contre, l’information ce n’est pas la culture ;
celle-ci s’appuie sur la conceptualisation. Il faut inventer de nouveaux modes
d’emplois pour apprendre à apprendre. L’ordinateur ne remplacera jamais
le cerveau humain doué de a) désir
de savoir, b) d’intériorisation du
savoir en se mettant en rapport avec des savoirs antérieurs, c) d’interprétation du savoir.
L’adage de Montaigne
(1533-1592) « Il vaut mieux une
tête bien faite qu’une tête bien pleine » reste d’actualité.
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Si l’homme était un animal ordinaire, le poids de son cerveau par rapport au poids de son corps serait de
l’ordre de 600 grammes au lieu de 1300 grammes. C’est avec ce supplément de 700
grammes que sont fabriquées sa culture et sa barbarie, qui semblent constituer
les deux faces de sa nature profonde.
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| Picasso, Guernica |
Définition
En philosophie, le mot culture désigne ce qui est différent de la nature, c'est-à-dire ce
qui est de l'ordre de l'acquis et non de
l'inné. Claude
Lévi-Strauss (1908-2009) considère que la culture est naturelle à l'homme.
Tous les hommes en ont une. L’état de nature (état pré-culturel) ne serait que
pure fiction. La culture a longtemps été considérée comme un trait
caractéristique de l'humanité, qui la distinguait des animaux. Mais des travaux
récents en éthologie et en primatologie ont montré l'existence de cultures
animales.
En sociologie, la culture est définie comme "ce qui est commun à un groupe d'individus
et comme ce qui l’identifie et le soude. Elle évolue dans le temps par des
échanges. Elle se constitue en manières distinctes d'être, de penser, d'agir et
de communiquer.
Il existerait 150
définitions
différentes du mot culture :
Culture générale, culture d’entreprise, culture d’ingénieur,
religieuse, le sacré, artistique,
littéraire, scientifique, biens culturels, ministère de la culture, us et
coutumes, comportements, savoirs, éthique, paradigmes, valeurs, normes,
artefacts, institutions politiques, sociales, économiques, culture individuelle
ou collective, cuisine, habitat,
vêtements, monuments, rites sociaux et religieux, langues et langages, etc.
Les modes de
transmission des cultures : oralité, l’école, les livres, l’architecture, les œuvres
d’art, l’écriture, les médias, l’Internet. Les objets matériels et immatériels
de la culture constituent le patrimoine collectif transmis comme héritage de
génération en génération.
Les modes de
transformation des cultures : les intellectuels, les inventeurs, les artistes, les artisans, les rencontres des
cultures, les migrations, les guerres, les mariages, les traductions et les
erreurs de traduction.
Tout comme il y a une
évolution biologique, certains éthologues, ainsi que plusieurs généticiens,
estiment qu’il y a une évolution
culturelle, et que cette évolution se fait par mutation, puis est transmise
par des "gènes" de la culture, appelés mèmes, par l’éthologiste Richard Dawkins (1941-)
qui subissent une pression sociale et environnementale, aboutissant à leur
disparition ou au contraire à leur expansion en fonction de leur plasticité.
La culture populaire
Historiquement les pouvoirs religieux et civiles ont adossé
leur légitimité voire leur auto-célébration à des œuvres d’art :
monuments, temples, cathédrales, parures, orfèvrerie, musées, livres, la
musique, l’opéra, etc. Une certaine culture normative a toujours participé à la
stabilité sociale et à la création de sens pour les personnes. La culture est
aussi un facteur de différenciation, d’identification, voire de discrimination
sociale.
Au 19ème siècle des industriels et des « utopistes »
(Charles Fourier, Jean-Baptiste
Godin, Maurice
Pottecher) se sont attachés à développer l’accès à la culture pour les
ouvriers. L’instruction des enfants fut rendue obligatoire en 1882 par
Jules Ferry.
Le concept d’université populaire a pris naissance au Danemark au 19ème
siècle. En France, la première est créée en 1896 dans le contexte de l’affaire
Dreyfus. C’est depuis 1963 que le concept s’est développé de manière importante
à partir de Mulhouse à l’instar des « Volkshochschulen » allemandes.
Au 20ème siècle, ce fut la création des comités d'entreprise qui permit aux
employés de bénéficier d’activités culturelles proches de leur lieu de travail
(prêt de livres, de disques…). Les MJC (Maisons des Jeunes et de la Culture) ont connu
différentes phases de développement depuis 1905 avec un essor particulier à
partir de 1959 sous de Gaulle.
La vie associative en France comporte un million d’associations
loi 1901 auxquelles adhèrent 33 % de la population. 23 % des associations ont
pour objet la culture, les loisirs et le tourisme ; 8,5% la formation et
l’éducation.
Les activités de mécénat, fort
anciennes, se sont multipliées, afin
de renforcer l’image des entreprises : par exemple le sport (voile, tennis,
football, cyclisme…), pour donner une image d’esprit d'équipe. Le mécénat tend
à s’ouvrir aujourd’hui à des activités plus artistiques.
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| Canaletto, Place Saint-Marc de Venise |
La tradition d’intervention du pouvoir en matière culturelle
remonte à François Ier et Louis XIV, qui soutiennent les artistes par des
bourses et commandent des œuvres d’art. Cette tradition s’est perpétuée. Le
préambule de la constitution de 1948, repris dans celle de 1956, stipule que la
« nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la
formation professionnelle et à la culture. » Le ministère de la culture a été
créé en 1956 sous la direction d’André Malraux.
Le budget de la culture
En 2013, le ministère de la Culture et de la Communication
bénéficiera d’un budget de 7,4 milliards d’euros : 3,55 milliards d’euros en
faveur des secteurs de la culture, de la recherche et des médias et 3,83
milliards d’euros en faveur de l’audiovisuel public.
Selon l’Insee, les ménages consacrent de l’ordre de 4 % de leur budget à
la culture et à la récréation (dont 1% aux jeux de hasard ...).
L’Union
Européenne
La politique européenne pour la culture a été développée en parallèle de la
construction de l'Union européenne. Voici une liste de programmes culturels
européens : MEDIA, Capitale européenne de la culture, Mois européen de la culture, Itinéraire culturel européen,
programme Éducation et Formation Tout
au Long de la Vie (EFTLV)/Lifelong Learning (LLL),
Erasmus, Erasmus Mundus, Journées européennes du patrimoine, Bibliothèque européenne, Bibliothèque numérique Europeana.
Anthropologie de la
culture
La culture est constituée d’informations, des supports de ces
informations et de pratiques. La fonction cognitive de l’humain, nécessaire à
son action sur le monde, est composée de la
mémoire, de l’imagination et de la raison. Ces modes de fonctionnement
reposent à la fois sur des processus mentaux intériorisés et sur des supports
extérieurs, vecteurs de la diffusion de
la culture. Chaque nouvelle technique a généré un saut qualitatif et
quantitatif de la culture, transformant les sciences, les arts, les mœurs et
même les fonctionnements cérébraux des individus. Socrate (-470, -399)
déplorait que l’écriture appauvrisse la mémoire et la capacité de raisonnement.
L’imprimerie a mis en danger les pouvoirs des princes des religions et
temporels qui ont longtemps cherché en vain à ne pas en perdre le contrôle. La
télévision a conduit à des transformations des mentalités dans les années 1960
en occident et touche depuis lors l’ensemble de l’humanité.
L'ordinateur nuirait à la mémoire : des scientifiques mettent
en garde contre "la démence numérique".
L’internet
L’Internet mondialisé et les ordinateurs sont aujourd’hui les
ultimes avatars de ces vecteurs de culture. Ils bouleversent tout. Les capacités
de stockage de mémoire sont quasi infinies et chaque information est accessible
grâce aux extraordinaires algorithmes des moteurs de recherche. L’information
factuelle et visuelle se transmet instantanément sur tout le globe. Chaque jour
s’inventent de nouvelles applications étendant considérablement les capacités
de « raisonnement » des personnes (ou leur neutralisation !).
Cette révolution remet en cause les pouvoirs de ceux qui
dictaient ce qu’est la culture ainsi que le rôle des vecteurs traditionnels,
comme l’école, l’université, le ministère de la culture, le marché de l’art, le
livre ou la télévision. Elle est, comme toutes les révolutions, porteuse du
meilleur, du pire et de l’incertain.
Le meilleur, c’est le brassage d’idées permettant à chacun d’accéder à la diversité de l’information, le traitement et le partage de données scientifiques, l’ouverture des cultures, de donner la voix aux sans voix, l’émancipation des femmes, l’évolution des identités collectives (notamment meurtrières dont parle Amin Maalouf), l’avancée de la démocratie, les préoccupations environnementales et humanitaires.
Les logiciels libres et l’Open source constituent d’extraordinaires gisements de créativité et de coopération entre des milliers de développeurs dans le monde. Ils devraient être porteurs de valeurs humanistes.
Le pire risque, c’est l’émergence de nouvelles formes de criminalité, de manipulations de masse, de désinformation, de contrôle totalitaire des sociétés, la banalisation du spectacle de violence, la virtualisation de la réalité, le renforcement de la société de spectacle et de consommation.
L’incertain, c’est la relativisation de toute valeur, le nivellement de toutes les cultures ou l’affermissement des fondamentalismes, le renforcement de la société marchande, la dénonciation ou la banalisation de la violence.
Le meilleur, c’est le brassage d’idées permettant à chacun d’accéder à la diversité de l’information, le traitement et le partage de données scientifiques, l’ouverture des cultures, de donner la voix aux sans voix, l’émancipation des femmes, l’évolution des identités collectives (notamment meurtrières dont parle Amin Maalouf), l’avancée de la démocratie, les préoccupations environnementales et humanitaires.
Les logiciels libres et l’Open source constituent d’extraordinaires gisements de créativité et de coopération entre des milliers de développeurs dans le monde. Ils devraient être porteurs de valeurs humanistes.
Le pire risque, c’est l’émergence de nouvelles formes de criminalité, de manipulations de masse, de désinformation, de contrôle totalitaire des sociétés, la banalisation du spectacle de violence, la virtualisation de la réalité, le renforcement de la société de spectacle et de consommation.
L’incertain, c’est la relativisation de toute valeur, le nivellement de toutes les cultures ou l’affermissement des fondamentalismes, le renforcement de la société marchande, la dénonciation ou la banalisation de la violence.
Tout comme il n’était probablement pas possible d’imaginer
l’impact de l’imprimerie au 15ème siècle, il n’est pas possible de
se projeter dans l’avenir du monde informatisé. Tout ce qu’on sait est que le processus est irréversible.
La marque Apple a
choisi comme logo une pomme entamée en souvenir du mathématicien fondateur de l’informatique
Alan Türing (1912-1954),
qui a croqué une pomme empoisonnée pour se suicider, apparemment à la suite du
harcèlement et l’emprisonnement dont il fut l’objet à cause de son
homosexualité. Alan Türing aurait choisi cette manière de mourir en mémoire de
Blanche Neige qui a également croqué une pomme empoisonnée. Mais on peut voir
dans cette pomme croquée une réminiscence du récit biblique du fruit de l’arbre de la connaissance
qui est à l’origine de toute l’aventure humaine pour le meilleur et pour le
pire.
Les défis culturels
dans la modernité
Une évolution
culturelle ne s’impose pas, elle s’accompagne. Les révolutions culturelles pilotées politiquement par les idéologues du 20ème siècle
en Europe, en Russie, en Asie, ont été des retours
à la barbarie et se sont accompagnées de millions de victimes. Les
nouvelles technologies conduisent à des ordres et des désordres nouveaux. Les
problématiques sont individuelles, nationales, mondiales. Elles suscitent de
multiples questionnements.
Individuel : Quelles culture, quelles
connaissances, quelles capacités intellectuelles, quelles valeurs sont
nécessaire pour s’intégrer dans la société numérisée et donner du sens à la
vie ?
National : Quelles interventions de l’Etat dans
l’éducation, dans le patrimoine culturel ? Quels équilibres privé –
public ? Quid de l’éducation populaire ? Quid du soutien aux
associations culturelles, à la presse, aux médias, à l’industrie
culturelle ? Quid de la promotion de l’excellence ? Quid de la
reproduction des inégalités par la culture ? Quid du
multiculturalisme ? La culture doit-elle être soumise aux lois du
marché ? Quels contrôles étatiques minimums sont nécessaires ?
Faut-il réécrire les histoires nationales ? Quels contenus des programmes
scolaires ? Quelle politique des loisirs culturels ? (« La société de masse ne veut pas la
culture mais les loisirs. » Hannah
Arendt.) . Quid de la culture –spectacle ? La culture reste-t-elle
un instrument de discrimination ou d’intégration ? Quid de la mainmise de
coteries sur la culture ? (« La culture, c'est connaître cent mots de plus
que les autres. » Frédéric
Dard). Les institutions culturelles sont exposées aux mêmes risques que
toutes les institutions, le repli sur soi narcissique, l’auto-proclamation,
l’entre soi, le clanisme, l’opacité.
Mondial :
Quid du sauvetage des cultures et langues en voie de disparition ? Le choc
des cultures existe-t-il ? Quid de la domination de l’anglais ? Quid
de la montée en puissance de la Chine et de l’Inde ? Quid des droits de
propriété de l’information ? Quid des pays qui ont un accès restreint aux
NTIC (Nouvelles
technologies de l’information et de la communication)? Quid de la mainmise sur
les NTIC par des géants mondiaux (Google, Microsoft,) ? Quid du risque de prise
de pouvoir mondial ? Quid du risque d’instabilité systémique du monde
hautement interconnecté ?
---------------------
Propos entendus
-
Les
NTIC changent les méthodes de
production d’œuvres, notamment cinématographiques. On peut réaliser une œuvre à
l’aide d’un téléphone portable.
-
Bien
des gens cultivés se sont avérés être des barbares.
-
La
télé ne dit pas toujours la vérité. La diversité des sources d’information
permet d’approcher la vérité.
-
Un
professeur a réalisé une fausse page Wikipédia dans l’intention d’en démontrer
les limites.
-
On
croit souvent que quelque chose est vrai puisque c’est sur Internet ou sur la
télé. Les gens ont appris à se méfier.
-
Wikipédia
reste une excellente source d’information en général fiable.
-
Le
copier-coller, ce n’est pas de la culture.
-
La
facilité d’accès à l’information limite la vraie communication entre les gens,
celle-ci passe par le cœur et le corps.
-
Internet
est une information extérieure à soi.
-
La
culture suit un projet personnel.
-
L’excès
de connaissances est assimilable à la boulimie. On a le droit de ne pas savoir.
-
Je
sais que je ne sais rien.
-
Comme
Descartes, il faut savoir
faire table rase par le doute et n’affirmer que ce qu’on a compris.
-
On
a le droit d’être curieux de tout.
-
Internet
n’est qu’un outil, mais on ne peut pas rivaliser avec lui.
-
Le
professeur doit aider à s’approprier les savoirs.
-
Les
enseignants doivent se former à ces nouveaux outils.
-
Je
suis venu au café philo par Internet.
-
On
ne brûlera plus jamais de livres.
-
Les
hackers ont Internet à cœur.
-
L’humanisme
disparaît avec Internet.
-
Le
respect mutuel est une valeur culturelle.
-
Les
informations que nous partageons ne nous dépossèdent pas, contrairement aux
objets.
-
Il
n’y a plus assez d’étudiants en licence pour le latin-grec.
-
L’ordinateur
popularise la créativité artistique ou scientifique.
-
Les
cultures sont en passe de s’universaliser.
-
L’universalisation,
oui ; la globalisation, non !
-
La
culture ce n’est pas le loisir.
-
L’artiste
est un éveilleur.
-
Les
cafés philo nous forment à l’échange et à l’écoute mutuelle.
-
Les
déplacements et les contacts de personne à personne sont essentiels à l’échange.
-
Chez
les Indiens Navarro, à l’approche de la mort, il faut partager son expérience
de vie avec huit personnes qu’on ne connaît pas.
-
Il
y a six milliards de cultures sur terre.
-
La
culture a commencé à la préhistoire.
-
Les
peintures sur les corps chez les aborigènes sont aussi de la culture.
-
Connaître
et vivre, ce n’est pas la même chose.
-
Aller
au marché c’est mieux que de faire les courses par Internet.
-
Il
faut partager les cultures pour éviter la pensée unique.
-
Pour
apprendre, il faut des émotions. Sans émotion, on décroche.
-
La
culture ce n’est pas que de la rationalité ; il a la beauté et l’empathie.
-
La
culture doit être un garde-fou contre la barbarie récurrente dans l’histoire
humaine.
-
Chacun
peut être un acteur et pas seulement un consommateur de culture.
---------------------
Poèmes récités par les
élèves de la Brigade d’Intervention poétique
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| Olivier Herrera Marin |
Olivier Herrera Marin (présent à la fête du livre de Domont)
ERES TÚ
No eres el sol,
ni eres la luna,
eres TÚ y me basta,
para soñarte,
para amartemás que a
mi vida.
(Besa las estrellas)
(1993) ...
Paul VERLAINE (1844-1896)
Il pleure dans mon
coeur
Comme il pleut sur
la ville;
Quelle est cette
langueur
Qui pénètre mon
coeur ?
Ô bruit doux de la
pluie
Par terre et sur les
toits !
Pour un coeur qui
s'ennuie,
Ô le chant de la
pluie !
Il pleure sans
raison
Dans ce coeur qui
s'écoeure.
Quoi ! nulle
trahison ?...
Ce deuil est sans
raison.
C'est bien la pire
peine
De ne savoir
pourquoi
Sans amour et sans
haine
Mon coeur a tant de
peine !
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Citations
« Le déterminisme ne met pas seulement en cause la liberté
humaine. Il rend impossible la rencontre de la réalité qui est la vocation même
de notre connaissance. » Prigogine, La fin des certitudes 1996
« Regardez Skype, c’est fascinant : le siège est au
Luxembourg, les comptables en Suisse, les commerciaux en Italie, les fondateurs
à Londres. »
« Le culturel conserve, la culture cultive. » Bernard Lubat
« Aucune culture n'est l'entière vérité. » Richard Hoggart
« La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert. » André
Malraux
« Le diplôme est l'ennemi mortel de la culture. » Paul Valéry
« La véritable école du Commandement est la culture générale.
» Charles de Gaulle
« L'enracinement dans une culture peut permettre un accès à
l'universel, pour autant qu'il s'agisse d'une culture ouverte. » Mireille
Delmas-Marty
« La culture, c'est ce qui relie les savoirs et les féconde.
» Edgar Morin
« Aucune culture, aucune religion, aucune civilisation n'est
à l'abri de la destruction. » Jacques Ruffié
« La société de masse ne veut pas la culture mais les
loisirs. » Hannah Arendt
« La science ne doit plus être exclusive mais faire partie
intégrante de la culture. » Trinh Xuan Thuan
« Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver.
» (Hanns Johst). Mais aussi « Quand
j’entends le mot révolver, je sors ma culture. » (Francis Blanche) ou « Quand
j'entends le mot culture, je sors mon carnet de chèques. » (Jean-Luc Godard)
« Faire de l'orthographe le signe de la culture, signe des
temps et de sottise. » Paul Valéry
« Culture et élite
sont deux mots qui ne vont pas ensemble. » Marie-Claude Pietragalla
« La religion fait partie de la culture, non comme dogme, ni
même comme croyance, comme cri. » Maurice Merleau-Ponty
« La culture, devenue intégralement marchandise, doit aussi
devenir la marchandise vedette de la société spectaculaire. » Guy Debord
« L’Etat est un rempart nécessaire pour éviter une culture
uniformisée et soumise aux réalités économiques. » Jacques Chirac
« La culture... ce qui a fait de l'homme autre chose qu'un
accident de l'univers. » André Malraux
« Ce qu'on nomme culture consiste, pour une partie des
intellectuels, à persécuter l'autre partie. » Jean-François Revel
« Tout homme persécute s’il ne peut convertir. A quoi remédie
la culture qui rend la diversité adorable. » Alain
« L'humour est un phénomène produit par une précipitation
soudaine de la culture dans la barbarie.» Wyndham Lewis
« C’est ça la culture, c’est un peu chiant, c’est bien ;
chacun est renvoyé à son propre néant. » Michel Houellebecq
« Celui qui veut assassiner un peuple, détruira son âme,
profanera ses croyances, ses religions, niera sa culture et son histoire. »
Jean-Marie Adiaffi
You don't
have to burn books to destroy a culture. Just get people to stop reading them. Ray Bradbury. (Ce n’est pas la peine
de brûler des livres pour détruire une culture. Faites juste que les gens s’arrêtent
de les lire.)
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