Qui sommes-nous ?

PRESENTATION

L’association du Chemin du philosophe comporte trois types d’activités :

1)  L’entretien et l’animation du Chemin du philosophe en forêt de Montmorency.

2)  L’organisation de cafés philos, de conférences, d’ateliers de lecture, de sorties à thèmes en forêt.

3)  La maintenance de ce blog qui tient à jour le programme des activités et qui les archive depuis 2008.

+ Retrouvez facilement le site Internet du Chemin du philosophe en tapant "cheminphilo" sur un moteur de recherche Internet.

+ Pour découvrir le Chemin du philosophe en forêt : un petit film .

+ Pour télécharger la brochure 2021 du Chemin du Philosophe.

+ Audioguide du Chemin du philosophe en forêt, télécharger sur smartphone via le lien ou avec le code QR (en forêt le chargement par QR dépend du réseau de votre fournisseur d'accès).

+ S'y promener avec ValdoiseMyBalade.

+ Pour trouver le Chemin du Philosophe : carte (avec le GPS, programmer 179, rue de Paris, Montlignon, le parking est proche).

+ La participation aux activités de l'association implique une éthique de neutralité et de tolérance ainsi qu'une étiquette de courtoisie. L’accès est libre à la plupart des activités.

+ Pour soutenir et adhérer à l'association ou renouveler annuellement : Bulletin d'adhésion.

+ Pour nous écrire : cheminduphilosophe(arobase)wanadoo.fr

 

 PROGRAMME DES ACTIVITÉS A JOUR – OUVRIR LE LIEN

Station "L'homme et le cosmos"

Station "L'homme et le cosmos"
Cadran solaire analemmatique - juin 2014
Affichage des articles dont le libellé est Orwell. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Orwell. Afficher tous les articles

samedi 31 mars 2012

Compte rendu du café philo du 30 mars 2012




Le café philo
Nous étions quarante-trois personnes ce premier vendredi de printemps au Centre culturel de Bouffémont (95) à débattre sur ce sujet de « l’autre et moi ». Certaines personnes, en particulier parmi les nouveaux, se sont dites étonnées par la richesse des échanges. Jeannine nous a récité un poème (voir ci-dessous) portant sur l’altérité et Patrick a agrémenté l’ambiance par un petit conte philosophique fort amusant. 
 
 oooooooooooooooooooooooooooooooooo
Conte philosophique


Il était une fois quatre individus qu'on appelait:
Tout le monde - Quelqu'un - Chacun - Et Personne.


Il y avait un important travail à faire
Et on a demandé à Tout le monde de le faire
Tout le monde était persuadé que Quelqu'un le ferait
Chacun pouvait l'avoir fait
Mais ce fut Personne qui le fit

Quelqu'un se fâcha car c'était le travail de Tout le monde !
Tout le monde pensa que Chacun pouvait le faire
Et Personne ne doutait que Quelqu'un le ferait
En fin de compte, Tout le monde fit des reproches à Chacun
Parce que Personne n'avait fait
Ce que Quelqu'un aurait pu faire

moralité :
Sans vouloir engueuler Tout le monde,
Il serait bon que Chacun
Fasse ce qu'il doit, sans nourrir l'espoir
Que Quelqu'un le fera à sa place
Car l'expérience montre que
Là où on attend Quelqu'un,
Généralement on ne trouve Personne !

oooooooooooooooooooooooooooooooooo

 L’autre et moi
Le sujet est celui de la rencontre et de la reconnaissance de son semblable. Comment le moi reconnaît-il l’autre ? C’est aussi le jeu de la ressemblance et de la différence ; l’autre est en effet à la fois un autre moi-même et un autre que moi. Les liens à l’autre sont indispensables à différents niveaux :
-         - Biologique, autrui nous hominise.
-         - Psychologique, autrui nous humanise.
-         - Social, autrui nous socialise.
L’absence d’autrui conduit à de graves défaillances.
La cohabitation de soi et d’autrui pose souvent des problèmes. L’histoire montre qu’il n’a pas toujours été facile de reconnaître l’autre tel qu’il est. Les conquistadors des Amériques au 16è siècle ne considéraient pas, dans un premier temps que les Indiens aient une âme et ceux-ci pensaient qu’ils avaient affaire à des dieux.
La nature humaine comporte des penchants contradictoires de recherche et de rejet de l’autre. Kant parle de « l’insociable socialité ». Plusieurs philosophes ont donné leur interprétation de la violence. Pour Hobbes (1588-1679), l’homme est un loup pour l’homme. Pour Rousseau (1712-1778), l’homme naît bon, c’est la société qui le rend mauvais. Pour Hegel (1770-1831), l’homme jouit de la liberté et la violence est la conséquence de cette liberté.

ooooooooooooooooooooooooooooooooooo

Le monde est constitué d’ensembles ayant des identités et des caractéristiques propres les distinguant les uns des autres. La distinction du soi et du non-soi est à la base de l’organisation du monde et particulièrement du monde des espèces animales et végétales. Cette distinction en assure la stabilité relative dans le temps. Mais elle n’est jamais immuable, la stabilité est dynamique, comme celle du cycliste, qui doit avancer pour ne pas tomber. Le soi évolue et se transforme au contact du non-soi afin de pouvoir exister et évoluer. La reproduction sexuée est l’exemple de la nécessaire rencontre avec l’altérité favorisant l’adaptation de l’espèce à l’environnement. Ce type de reproduction n’est cependant possible qu’à l’intérieur d’une même espèce, indiquant une limitation de l’ouverture à l’altérité nécessaire au maintien d’une certaine identité. Par ailleurs, les individus végétaux ou animaux ont pour la plupart tendance à mettre leurs « soi » individuels en commun pour constituer des communautés profitables à la survie de chaque individu et de l’espèce. S’il n’existe pas deux êtres identiques, tous partagent des caractères communs en quantité et en qualité plus ou moins importantes au sein d’une espèce donnée et même entre les espèces. Les homologies fonctionnelles et l’ADN de tous les êtres constituent l’unicité profonde du vivant.
Dans le domaine de la conscience humaine, la rencontre des cultures constitue un facteur d’enrichissement mutuel tant sur les plans des connaissances scientifiques que ceux de l’éthique, des arts ou des spiritualités. Le système cognitif humain est bâti non seulement sur la raison mais aussi sur l’empathie, cette capacité de penser et d’éprouver ce que l’autre pense et éprouve.

La personnalité de chacun de nous s’est construite grâce à la rencontre avec l’altérité. Albert Jacquard : « Ce n’est pas mon patrimoine génétique qui m’a permis de dire « je ». Si je suis capable de me savoir être, c’est que j’ai rencontré les autres. »
Hegel : « La conscience générale de soi est l’affirmative connaissance de soi-même dans l’autre moi. »
Le poète mexicain Octavio Paz formule cette symétrie dynamique de la reconnaissance de l’autre dans ces vers, véritable credo d'une métaphysique de l'altérité :
« Pour pouvoir être, je dois être autre, sortir de moi, me chercher parmi les autres, les autres qui ne sont pas si moi je n'existe pas, les autres qui me donnent pleine existence, je ne suis pas, il n'y a pas de je, nous sommes toujours nous autres. »

Mais le monde du vivant est aussi celui de la prédation, une espèce sert de nourriture à l’autre. Pour vivre le soi se nourrit et se défend en détruisant du non-soi. Le cycle de la matière vivante est fermé, les déchets ou les cadavres des uns servent de nourriture aux autres

Le maintien de l’identité est aussi source de conflits et d’exclusion. Le sentiment d’appartenance de certaines communautés humaines se conserve souvent grâce à leurs ennemis réels ou fantasmés. Mais c’est lorsque les peuples aux coutumes et aux langues différentes se rapprochent dans une attitude amicale qu’ils s’enrichissent mutuellement.
« L'humanité est constamment aux prises avec deux processus contradictoires dont l'un tend à instaurer l'unification, tandis que l'autre vise à maintenir ou à rétablir la diversification.» selon Claude Lévi-Strauss.

La modélisation mathématique de la dynamique des populations semble indiquer qu’une certaine part de prédateurs et d’altruistes est nécessaire pour maintenir la survie à long terme de toute société animale ou végétale. « Le profit de l'un est le dommage de l'autre.» selon Montaigne.

Cette loi de la prédation mutuelle et limitée, si elle se vérifie depuis toujours dans le domaine des besoins alimentaires, elle pourrait ou devrait être inappropriée dans celui du partage de l’information, du savoir ou de l’empathie. « Si je partage un bien, j’en ai moins, mais si je partage une information je la garde quand même. »

Pour les bouddhistes, le moi est une illusion. On pourrait dire que c’est un artéfact qui fait fonctionner le monde. En tout état de cause les « moi » sont des étincelles éphémères à l’échelle de l’histoire du monde.

Illustration des liens sociaux humains


moi
l’autre
individuel
je
tu, il, elle
collectif
nous
vous, ils, elles


L’autre et moi sont les acteurs de jeux individuels et collectifs. Les frontières entre ces quatre catégories sont plus ou moins nettes selon les langues, les sociétés et les époques. Les règles grammaticales qui distinguent le singulier du pluriel et le masculin du féminin reflètent l’ordre social. Ces jeux peuvent se jouer selon différents modes : amoureux, familial, amical, intérêt, contractuel, d’indifférence, de domination, de soumission, d’hostilité, etc.

Le moi individuel est la résultante du patrimoine génétique et épigénétique (l’hérédité ne passe seulement par l’ADN), de l’environnement familial et social, de la trajectoire de vie, du hasard et un peu du libre-arbitre.
Pourquoi chacun de nous peut-il dire « je »? Pour le psychanalyste Lacan, le stade du miroir est le formateur de la fonction sujet, le « je » de l'enfant âgé de 6 à 18 mois. Mais cette fonction, ne peut se mettre en place que par la présence de l'autre. En effet, pourquoi dire « je », s'il n'y a personne à qui l'opposer ? Le sujet est donc social, il a besoin de l'autre pour se constituer.

Le moi a le devoir de se protéger contre lui-même, ses pulsions, ses tentations, son narcissisme, contre certains individus rencontrés dans le milieu familial ou professionnel, contre les narcissiques pervers, contre les névroses des autres, contre les êtres toxiques, contre les dérives idéologiques de sa collectivité.

Le moi se protège, parfois mal par l’agressivité, le repli, la drogue ou la fuite dans un identitaire collectif.  Le psychiatre Charles-Nicolas écrit : « Tout ce qui vient de l’extérieur peut être menaçant et se droguer c’est maîtriser ce qui vient de l’extérieur. (...) Les drogués incorporent l’héroïne pour se construire, pour se refaire. » En illustration, il décrit le cas d’un jeune homme qui se drogue parce qu’il ne sait pas dire non et qui déclare : « L’héroïne, c’est une barrière contre les autres, contre l’intrusion permanente de ses parents dans son espace psychique, depuis la plus tendre enfance [qui] n’a pas laissé la place à la représentation et à l’élaboration. »

Vivre avec l’autre, impose des codes, cela s’apprend.

Le « moi » collectif est constitué de nos appartenances sociales volontaires, acceptées ou subies. Ce moi collectif nous structure, nous protège, nous impose des devoirs et des contraintes, mais peut aussi entraver notre liberté voire nous aliéner. Les codes sociaux, religieux, de langage, de mode de vie, de loisirs, de réseaux forgent notre moi. Ils tendent également à nous enfermer dans des identités, des exclusions et des endogamies sociales.
Les « moi » collectifs sont des symboles matérialisés par des institutions. Nos ancêtres familiaux et nationaux en font partie. Tous les « moi » collectifs sont en général incarnés par des personnalités, des symboles, voire instrumentalisés par des leaders dominants.
Les « moi » collectifs se définissent souvent par opposition aux autres collectifs, leurs étrangers, ils les désignent dans certains cas comme les ennemis ou les barbares. Il peut s’agir de catégories sociales jalousées, méprisées ou simplement ignorées.
Certains « moi » collectifs entrainent parfois les personnes dans des spirales de violence en les légitimant. La violence collective ou individuelle prend alors souvent un caractère autotélique, c’est-à-dire qu’elle n’a plus d’autre justification qu’elle-même.

L’autre individuel, est une personne, c’est l’autre moi avec qui je peux, selon les cas, entretenir des relations amoureuses, fraternelles, amicales, solidaires, constructives, collaboratives, contractuelles, d’intérêt, de pouvoir, d’hostilité ou d’indifférence.
Les relations entre le moi et l’autre peuvent entrer dans des jeux vertueux d’épanouissement mutuel ou vicieux et pervers de dominations et de destructions mutuelles. Hobbes a rappelé le grand auteur comique latin Plaute : « lupus est homo homini », « l'homme est un loup pour l'homme. »
L’individu pervers narcissique, celui qui est incapable d’empathie, peut se prévaloir de son rang et rôle social pour imposer son pouvoir voire sa toxicité plus ou moins sournoise ou son sadisme.

L’autre collectif
Ce sont les gens les plus éloignés de nos cercles d’interactions, de connaissances et d’empathie. L’autre collectif, ce sont les anonymes de notre propre société, les peuples étrangers ou les cultures des autres. La frontière avec le moi collectif est floue. Dans notre propre société, ce sont les autres citoyens dont on se sent plus ou moins proche. Ils sont les acteurs du même système de production et de consommation. Les pauvres dans nos sociétés et dans le monde constituent une catégorie importante de cet autre collectif qui pour la plupart ne portent pas de noms.
Certains systèmes politiques, administratifs, médiatiques ou marchands ont tendance à traiter les citoyens assujettis (et néanmoins payeurs) comme des objets numérotables ou des segments de leur marketing. Les citoyens sont « leurs autres » collectifs. Dans « 1984 », Orwell fait dire : « Dites-moi, Big Brother existe-t-il vraiment ?  - C’est une mauvaise question. Ce n’est pas Big Brother qui n’existe pas. Vous n’existez pas. »
Tzvetan Todorov : «Dans notre démocratie libérale, je redoute une tyrannie des individus. De ceux qui disposent d’un pouvoir exorbitant. »

L’histoire est pleine des tragédies de personnes devenues bourreaux, soldats, terroristes, prisonniers et victimes le plus souvent par d’obscures fatalités dans les jeux des hostilités entre groupes sociaux, religieux ou nations. D’importants progrès ont été réalisés dans le domaine de la gestion des conflits dans le monde occidental après les horreurs du 20è siècle.
L’histoire est pleine aussi de ces systèmes d’enfermement qui ont traité les personnes en sous-hommes (esclavage, galères, prisons, camps, hôpitaux psychiatriques). Vladimir Boukovski (ancien et actuel dissident russe) : « Pour survivre, si l’on ne t’a pas définitivement cassé ou tué, il ne reste en effet que cette liberté intérieure. Il faut se battre en permanence pour en conserver une petite parcelle. Si tu la perds, tu n’es plus un homme, mais une chose. » Philosophie magazine , mars 2012.

La mondialisation des échanges de marchandises et d’informations ainsi que les migrations de populations ou les grands projets technologiques et scientifiques transnationaux sont porteurs à la fois de risques et de bienfaits. Dans le monde entier, les identités culturelles connaissent aujourd’hui des évolutions fulgurantes parfois accompagnées de terribles drames, mais conduisant aussi vers la libération du joug d’identités collectives traditionnelles tyranniques et l’émergence d’intelligences nouvelles. Les droits de l’homme, ceux du « soi », font leur chemin.

Conclusion
Ces jeux fort complexes entre le soi et le non-soi, semblent indispensables à la stabilité et à l’évolution du monde et de chaque personne. Ils sont sources de bonheurs et de malheurs très inégalement répartis entre les êtres.
« Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin. » Sören Kierkegaard (1813-1855)

ooooooooooooooooooooooooooooooooooo


Ils étaient deux
Chacun naufragé
D’une presqu’île jumelle

Ils étaient deux
Fêlés par la vague
Médiane et le détroit
des mots
qu’ils n’ont pas su dire
ne sauront plus se dire
            II
Unis-les unis-nous
Toi Elle Moi-même
Unis-toi à celle
Qui ne te sait pas
Qui ne se sait plus

Là où plane ténue
L’onde confidentielle
Des âmes sur le monde
Là où l’aile de la colombe
En finira un jour
De se voir crucifiée

« De chair et de lumière » (1997, Editions AE Belgique)

Regardez aussi Jeannine réciter Prière de Paix de Léopold Senghor

ooooooooooooooooooooooooooooooooooo

Propos entendus
-         Le moi est chez l’autre, l’autre qui existe grâce à un prédicat.
-         L’enfant prend conscience de soi par le contact avec l’autre.
-         Au fond de chacun il y a un besoin d’amour.
-         Dans la cure psychanalytique on parle à un autre qu’on ne voit pas et qui ne se dévoile pas.
-         Le moi n’est pas unifié.
-         La personne a des personnalités multiples.
-         On peut se tromper en donnant à l’autre.
-         Dans la ville, l’autre dans foule est irréel.
-         Le langage est la source de la richesse des échanges.
-         Le langage est aussi corporel. Il est aussi dans le ton de la voix.
-         L’entretien de recrutement c’est essentiellement du langage non verbal.
-         Le langage parlé est cause de division.
-         Par les nouvelles technologies de l’information, notamment les réseaux sociaux, la relation aux autres s’est dématérialisée. Les relations se sont multipliées, mais pas nécessairement en qualité.
-         On échange sans communiquer sur Facebook.
-         Notre imaginaire déforme la réalité des personnes.
-         La reconnaissance de l’autre nécessite de la tolérance.
-         Le groupe fait émerger des comportements collectifs.
-         Le racisme est un effet de masse.
-         La communication est affaire de codage et de décodage, parfois déphasés du fait de la projection de l’un sur l’autre.
-         La relation à l’autre peut être perturbée par des facteurs extérieurs.
-         Pour se reconnaître soi-même, il faut reconnaître tous les autres en soi.
-         Connaître, ce n’est pas nécessairement reconnaître.
-         Le moi est lié à l’avoir et au territoire.
-         L’esclave n’était pas considéré comme humain.
-         Le racisme est un faux problème.
-         Il est difficile de transmettre l’intériorité entre les gens de cultures différentes.
-         Si les autres n’existaient pas, je ne serais pas moi.
-         Le manque de vocabulaire est source de violence.
-         Dans notre société, certains enfants de 5 ans possèdent 450 mots, d’autres 4500.
-         Le vocabulaire est insuffisant.
-         Il faut commencer par l’écoute et l’estime de soi pour s’ouvrir à la différence.
-         Les anachorètes se forgent d’autres types de rapports à l’autre.
-         Notre parcours passe par l’autre.
-         Pour donner, il faut de la sérénité.
-         Comment le « nous » devient-il « moi » ?
-         Nous appartenons à la même humanité.
-         Tolstoï est parti vers la solitude après une vie bien remplie.
-         Chacun attend de l’autre le moyen de se dépasser.
-         J’ai une part de responsabilité de l’autre.
-         Il faut se taire pour écouter.
-         La rencontre est une aventure qui peut conduire à la remise en question.
-         Pourquoi a-t-on peur de l’autre ?
-         L’autre est tout à fait identique et tout à fait différent.
-         Pour JJ Rousseau, il faut entrer en soi pour trouver le bien commun.
-         Sans les autres je ne suis rien. (Mais sans certains, je suis bien...)
-         La transcendance permet la rencontre.
-         On peut aussi appeler l’autre à se dépasser.
-         Pour mieux écouter l’autre, il faut mettre son moi de côté.
-         Pourquoi mon « moi » est-il en dans mon corps et pas dans le corps d’un autre ?
-         Par les technologies de l’information mondialisées chacun deviendra peut-être le neurone d’un super cerveau planétaire.
-         L’autre est un autre moi qui n’est pas moi.
-         On a besoin de l’autre pour se rendre utile.
-         On a aussi besoin de solitude et de lien spirituel pour réfléchir.
-         Je crois à la force du groupe.
-         La solidarité crée la solidité.
-         Sacha Guitry : « Parlez-moi de moi, ce n’est que ça qui m’intéresse. »
-         L’autre c’est aussi le migrant.
-         L’homme a besoin « d’être » plus que « d’avoir ».
-         Face à la crise écologique, il faudrait que les hommes considèrent la nature dans son ensemble comme un autre à respecter et non comme un simple objet.

ooooooooooooooooooooooooooooooooooo

Citations
« Autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même. »
« Les autres sont au fond ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes. »
« L’enfer, c’est les autres. »
« Si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui, et alors, en effet, je suis en enfer, et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. »
« Autrui c’est ce moi-même dont rien ne me sépare si ce n’est sa pure et totale liberté. » Jean-Paul Sartre (1905-1980)
« A mesure que tu parles, j’existe. » Paul Claudel (1868-1955)
« Je est un autre. » Arthur Rimbaud (1854-1891)
«  Soi-même comme un autre. » Paul Ricœur (1913-2005)
«  Tu te dois à autrui. »
« Le statut même de l’humain implique la fraternité et l’idée du genre humain. »
«  La conscience de soi est en même temps la conscience du tout. »
« Le visage est ce qui nous interdit de tuer...Le visage est signification, et signification sans contexte....Autrui est visage. » Emmanuel Lévinas (1906-1995)
 « Si je savais quelque chose qui me fût utile, et qui fût préjudiciable à ma famille, je la rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose utile à ma famille, et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l'oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie et qui fût préjudiciable à l'Europe, ou bien qui fût utile à l'Europe et préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime. » Montesquieu (1689-1755)

lundi 28 février 2011

Compte rendu du café philo du 25 février 2011 - La tyrannie des mots





Vingt-cinq personnes ont participé à ce café philo introduit par Catherine et Pierre.

Par définition, la tyrannie est le  pouvoir d’un seul agissant selon son bon vouloir. Un tyran est un monarque absolu, un usurpateur injuste ; sa connotation est péjorative.
Le  mot « mot »vient du latin « muttum » qui signifie son ou  bruit émis.
La tyrannie des mots évoque le pouvoir exorbitant que peuvent avoir les mots à côté de leur rôle de communication ou d’instrument de la pensée. Ils servent aussi à influencer, persuader, tromper, commander ou asservir. Deux sens de cette tyrannie  sont possibles : d’une  part, les mots intimident, asservissent, blessent, humilient, aliènent ou désespèrent ; d’autre part,  les humains se servent des mots  et manipulent les langages pour asseoir leurs pouvoirs. Dans le livre « 1984 » de George Orwell (1903-1950), l’histoire et le dictionnaire sont réécrits en permanence  pour réduire le pouvoir de la pensée. En fait, les deux sens sont connectés : les langages ne sont manipulés que parce que les humains y sont très sensibles. 
Les mots exercent leurs pouvoirs sur les individus et sur les collectivités, à travers les choses, les relations interpersonnelles, la pensée et la culture. La langue n’est pas tyrannique en soit, il faut une volonté pour la pervertir. Nous sommes responsables de notre langage. Il existe (ou il devrait exister !) une éthique du langage.

La vie des mots

Un mot isolé a une forme et un sens, un signifiant et un signifié. La plupart des mots du dictionnaire ont plusieurs sens, ce qui conduit parfois à des ambiguïtés et des malentendus. Cette  polysémie est aussi la source  de la créativité. Tous les mots sont définis par d’autres mots. Mais une langue n’est pas un système fermé car elle vit et évolue en symbiose avec une ou plusieurs communautés humaines. La plupart des mots sont entourés d’un halo de connotations variables selon les individus, les sociétés, les  époques ou les circonstances. Ces connotations en déterminent le sens qui peut ainsi être différent selon les locuteurs.
« La parole est moitié à celuy qui parle, moitié à celuy qui l’escoute.» selon Montaigne (1533-1592).
Le langage tout en étant créé par les humains, a acquis une certaine autonomie. Outre ses exigences syntaxiques, il impose certaines manières de penser et de représenter la réalité aux individus et aux groupes. Chaque langage a son génie propre d’évocation ou d’inventivité.
Cette relative autonomie conduit tout langage à chercher à proliférer, à prendre des positions dominantes, à transformer le monde autour de lui. A l’instar des gènes en biologie, les langages se combinent et se transforment au contact des uns des autres. Au cours des âges,  les informations portées par les langages  ont  toujours su enfourcher les meilleurs véhicules pour leur diffusion : les voyageurs, les griots, les troubadours, leurs histoires, leurs chants, les théâtres ambulants,  les commerçants, les missionnaires, l’écriture, les objets d’art, l’imprimerie, les journaux, les voies terrestres, maritimes, aériennes, les invasions et les guerres, le téléphone, la radio, le cinéma, la télévision, internet, Google, Youtube, Facebook. Et de tout temps, les pouvoirs en place ont cherché, en vain à long terme, à contrôler la diffusion des informations.

Le mot tyrannie a une connotation négative. Il existe aussi des tyrans éclairés. Parlons des bienfaits, avant d’aborder les côtés sombres du langage.
L’hominisation de l’espèce s’est  réalisée grâce à la multitude des langues que Dieu, selon la Bible,  aurait fort heureusement imposée pour la punir d’avoir voulu construire la Tour de Babel. La multiplicité et la diversité des langues, à l’instar des espèces vivantes, a permis l’évolution des cultures à travers la planète et les âges. Aujourd’hui la tyrannie monopolistique  de l’anglais et la mondialisation entraîne chaque année l’extinction de centaines de patois, dialectes et langues minoritaires. Où cela conduira-t-il ? Ne faudrait-il pas protéger les langues comme on protège les espèces vivantes en voie d’extinction ?
Nombreux sont les mots et les récits mythiques qui ont contribué à organiser et à pacifier les sociétésconcepts  éthiques, devenus progressivement universels, comme liberté, égalité, fraternité, droits de l’homme, justice, écologie. Même si ces mots sont très souvent galvaudés par la langue de bois en servant d’écrans de fumée pour cacher l’impéritie ou les turpitudes, ils demeurent mobilisateurs, comme on le voit actuellement dans les révoltes populaires des pays arabes. Ce sont ces mots aussi, dans la seconde moitié du 20ème siècle, qui ont contribué à faire disparaître la plupart des régimes dictatoriaux ou promu la prise de conscience écologique. Il ne faut toutefois pas oublier que ce ne sont pas seulement les mots mais aussi l’engagement concret, voire les combats et sacrifices humains qui font avancer l’histoire. Beaucoup de personnes sont mortes dans ces luttes contre les tyrannies.  Les mots doivent être utilisés comme outil de communication et non remplacer l’action. humaines. Ils ont acculturé des

Les poètes et grands auteurs, les courants artistiques et littéraires comme les Surréalistes ou Oulipo ont cherché et parfois réussi à faire émerger le génie propre de la langue.
 « Les mots sont les passants mystérieux de l'âme. » Victor Hugo (1802-1885)
« Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d'eux. » René Char (1907-1988)

Les sciences et les technologies ont fait émerger une croissance exponentielle de concepts, de mots nouveaux et de jargons spécifiques à chaque spécialité. Ces jargons sont toujours   à paraître simplement intelligent et dire son appartenance à une chapelle donnée.
« Seuls les psychologues inventent des mots pour les choses qui n'existent pas. » Carl Gustav Jung (1875-1961)
Nous abordons ainsi l’aspect plutôt négatif du pouvoir tyrannique des mots.
La confusion  entre les niveaux de langages, discours et discours sur le discours (métadiscours) est un phénomène fréquent en sciences humaines, en politique, en management. Le métadiscours déconnecte la parole de l’action.  Par le métadiscours, philosopher consiste à parler de philosophie ;  faire de la politique, c’est parler de politique ; gérer, c’est souvent parler de management et inventer d’incessantes réformes...
Le jargon, la langue de bois, le métadiscours  et un certain style obligatoire enferment souvent  les élites intellectuelles, politiques ou religieuses dans des carcans de pensée et d’appartenance sociale. Pour monter dans n’importe quelle hiérarchie professionnelle, il faut en acquérir le langage. La sclérose du langage est une ornière dans lesquelles aboutissent, si elles n’y prennent garde, la plupart des institutions politiques, étatiques, militaires, universitaires, religieuses ou les ONG. Les brillantes civilisations chinoises, chrétiennes ou arabes sont entrées, (dans le passé, bien sûr...), dans des siècles de stagnation à cause de la sclérose des langages des élites.
 Les médias disséminent des tics de langages  et des stéréotypes qui réduisent la pensée.  Les plus pathétiques sont ces personnes frustes au vocabulaire extrêmement pauvre s’exprimant essentiellement en termes stéréotypés agressifs ou vulgaires. Facilement manipulables par des discours incantatoires et haineux, ils constituent parfois les troupes de chocs d’idéologies extrémistes. On devient agressif quand on n’a pas les mots pour représenter correctement le monde ou ses propres problèmes. On peut devenir esclave des mots vulgaires  tout comme des jargons élitistes. 
La vulgarité du langage constitue souvent, à défaut d’idées, un ingrédient indispensable au succès d’un film même à un certain populisme en politique. ou d’une série télévisée, parfois
La professionnalisation et la financiarisation de l’information a rendu les médias, la publicité, le lobbying et la communication des institutions redoutablement efficaces. Ils se sont adjoint  les services des sciences humaines, sociologues et psychologues. Il n’est pas étonnant que les princes et les lobbies cherchent à contrôler les groupes de presse, les instituts de sondages et les agences de communication.  Les groupes,  amis des pouvoirs, qui œuvrent dans les médias, avancent des capitalisations boursières de milliards d’euros ( Facebook vaut aujourd’hui 50 milliards de dollars).
La tyrannie des mots dans nos sociétés est douce. Nous ne sommes pas encore dans le scénario d’Orwell  de son ouvrage « 1984 ». Elle recherche une adhésion spontanée du public en jouant avant tout sur l’émotion. Récemment l’image d’une jeune afghane au nez coupé par son mari déshonoré a fait le tour du monde ; cette image a aussi servi à renforcer la justification de la guerre aux Talibans. Au demeurant, en langue pachtoune, déshonorer quelqu’un se dit lui faire « perdre son nez ». La tyrannie des mots est universelle.
Les mots les plus tyranniques sont les plus chargés en émotion. Souvent  les  sujets et problèmes, partiellement réels ou largement fantasmés, font vendre de l’information, font de l’audimat, font vivre beaucoup de monde et permettent de rassembler des suffrages électoraux. L’émotion en général empêche de raisonner sereinement, avec recul et en prenant en compte l’ensemble des éléments d’un problème. Cela se comprend. Mais le but de la civilisation, de la politique, de la morale, du droit ou simplement de la bienséance n’est-il pas de gérer les affaires avec autant de raison que possible ?
 La profusion des informations, des mots et des images ainsi que leur accès immédiat et mondial sont difficiles à gérer tant pour les individus que pour les autorités publiques. Il n’est pas simple de se garder des fausses rumeurs, des modes dérisoires, des manipulations populistes.
Face à l’incessant flux d’informations, une solution consiste à revendiquer le droit de ne pas tout savoir. Une autre solution consiste à faire confiance à quelques sources d’information qui trient à notre place, tel que des journaux, des revues, des radios et sites internet dûment ciblés.

Paroles entendues au cours du café philo :

-          Le sens des mots dépend du contexte.
-          Nommer, c’est faire exister.
-          Le mot culture apparaît au 16ème siècle, le mot liberté n’existait pas dans la Chine antique, par exemple chez Mencius (372 – 289 avant J.C.)
-          Le monde est perçu à travers les mots.
-           Les mots ne disent pas tout.
-          La séduction ne passe pas que par les mots.
-          Les mots nous forment.
-          Le contexte est tyrannique et non les mots.
-          Le mot est l’instrument de pensées tyranniques. La tyrannie vient des personnes.
-          Il faut se méfier de la face cachée des mots.
-          On ne peut pas décrire une odeur.
-          Imposer la langue, c’est imposer un pouvoir.
-          Les mots sont des outils aux usages multiples.
-          Certains mots sont intraduisibles et incompréhensibles d’une culture à l’autre.
-          Il faut dépasser les mots.
-          Il faut critiquer les actes et non les personnes.
-          La distance entre deux personnes les enrichit.
-          L’écoute de l’autre permet de pacifier les relations.
-          La tolérance limite la tyrannie des mots.
-          La tyrannie, c’est quand il n’y a plus de mots.
-          Il faut travailler sur les affects.
-          Ne pas se laisser enfermer dans les mots.
-          Face aux mots qui tuent, rester calme.
-          Importance de l’éducation pour la maîtrise des mots et de la pensée.
-          Les mots ne prennent leur sens que dans l’échange.
-          La plupart des gens parlent pour ne rien dire.
-          Chacun est responsable des mots qu’il emploie.
-          Les mots d’empathie sont indispensables
-          Les mots sont la voie vers la vérité.
-          Rendons hommage aux langues en les respectant.

Quelques citations d’auteurs :

-          Le mot est un despote tout puissant. Gorgias (485-380 avant J.C.)
-          Les bâtons et les pierres peuvent vous briser les os, mais les mots peuvent vous briser le cœur. Thomas Hobbes (1588-1679)
-          La langue n’est pas ce bourdonnement libre, cette prolifération désordonnée... Parler, c’est inévitablement dire et articuler la loi. Il n’y  a pas de parole pleine qui ne soit pleine d’interdit ; pas de discours lisse qui ne soit marqué au sceau de la tyrannie. Bernard-Henri Lévy (1948-)
-          Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. Albert Camus (1913-1960)
-          Mais qu'y a-t-il de si périlleux dans le fait que les gens parlent, et que leurs discours indéfiniment prolifèrent? Où est donc le danger? ... Je suppose que dans toute société la production du discours est à la fois contrôlée, sélectionnée, organisée et redistribuée par un certain nombre de procédures qui ont pour rôles d'en conjurer les pouvoirs et les dangers, d'en maîtriser l'évènement aléatoire, d'en esquiver la lourde, la redoutable matérialité.
L'ordre du discours, Michel Foucault (1926-1984)
-          J’ai toujours eu peur des organisations, des sociétés et des ordres qui tous ont tendance à considérer choix de leurs mots et de leur expression comme seule vérité. Jiddu Krishnamurti (1895-1986)
-          Chaque mot est un masque. Friedrich Nietzsche (1844-1900)
-          D’abord se corrompent les mots, puis les concepts et finalement les choses. Proverbe chinois
-          On parle toujours à la première personne; qu'on le veuille ou non, on est irrévocablement toujours en situation. Ce pronom "je", ce tout petit mot m'engage entièrement parce qu'il me représente totalement. Dans certaines langues, l'écriture de ce pronom est réduite à la plus simple expression graphique disponible : "I". Je suis debout ! Les mêmes mots qu'une société retient, et dont elle convient institutionnellement de leurs contenus, n'annihilent pas les différences entre individus, mais les rendent heureusement audibles. Et c'est là, à l'intérieur de ces différences, de ces espaces, que s'exerce toute la puissance des mots, chaque locuteur mobilisant toute son intelligence pour atteindre l'intelligence de l'autre, allant jusqu'à la limite du dire, faisant ainsi de ces différences et de ces espaces, des lieux d'échanges et non de violence. Et cela ne se fait pas sans risque : c'est accepter d'être contredit, d'être bousculé dans ses certitudes, et ajoutent Pierre Bourdieu "d’être compris différemment de ce que l’on croit, de ce que l’on souhaite" et Alain Bentolila : "savoir aimer le goût amer de la différence". Georges  Sananès  (participant au café philo)
-           

Le texte de notre amie Danielle Roslagadec  :

Juste un petit mot,
Au commencement étaient les mots,
Mots d’amour, mots doux, mots magiques ou mots bleus
Qui avec la geste, ont scellé ces liens qui nous unissent pour former société.
Tous ces maudits mots dits, mot à mot, ou mot pour mot

Dès les premiers mots qui vont souvent avec les premiers pas, on a pu jouer avec les mots
Il y avait les jeux de mots qui sont moins vilains que les jeux de mains
Et requièrent l’art de manier les mots,
Les mots d’esprit, les mots du jour, mais aussi les mots croisés, fléchés, cachés, mêlés…

Avoir les mots à la bouche,  sans les mâcher n’est pas aisé !
Mais pour  voyager au fil des mots il y a les mots bateau,
Où l’on peut embarquer les mots valises
Si l’on prend bien  garde de ne pas perdre le mot clef.

La célèbre tirade « A moi Comte deux mots !...»,
Déclaration d’amour ou de guerre qui va bien au-delà des mots,
Ne s’adressait  pas au « Comte de Mots Tordus » qui lui,  a toujours le mot pour rire,
Et se joue des mots quant il ne les trouve pas.

Il faut se méfier de la force des mots  ou des mots qui fâchent
Ils sont comme les mots d’ordre,
On pourrait très vite en venir aux mots sinon aux mains
Et devoir recourir à ceux qui guérissent pour panser les maux.

Si nous spéculons aujourd’hui sur l’idée d’une tyrannie des mots,
C’est qu’au delà de l’empire des sens,  nous serions sous l’empire des mots ?
Ne sont ils pas de cet ordre, ces introuvables, enfouis et cramponnés aux fins fonds de nos mémoires 
Et pis encore, ceux qui non convoqués, tapis dans l’ombre de nos cerveaux,
Surgissent intempestivement  jusqu’à former, si petite soit elle  une traître inflation ?

Les mots ne sont pas comme les bérets, ils ont un sens précis
Nul besoin de mot de passe pour dire les mots qui disent la chose,
Il y a les mots pour le dire, qu’Il faut savoir  parfois  lire entre les mots,
Et si l’on ne trouve pas le mot juste, les mots d’excuse viennent à la  rescousse.

J’aurai encore deux mots à vous dire
Tant pis s’il vous démange de m’opposer comme Hamlet « Des mots, des mots, des mots… »
Puisque, qui ne dit mot consent, je m’accorde encore un petit mot,
Qui sera mon dernier mot : merci de votre attention…

Danielle Roslagadec , février 2011