Qui sommes-nous ?

PRESENTATION

L’association du Chemin du philosophe comporte trois types d’activités :

1)  L’entretien et l’animation du Chemin du philosophe en forêt de Montmorency.

2)  L’organisation de cafés philos, de conférences, d’ateliers de lecture, de sorties à thèmes en forêt.

3)  La maintenance de ce blog qui tient à jour le programme des activités et qui les archive depuis 2008.

+ Retrouvez facilement le site Internet du Chemin du philosophe en tapant "cheminphilo" sur un moteur de recherche Internet.

+ Pour découvrir le Chemin du philosophe en forêt : un petit film .

+ Pour télécharger la brochure 2021 du Chemin du Philosophe.

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+ S'y promener avec ValdoiseMyBalade.

+ Pour trouver le Chemin du Philosophe : carte (avec le GPS, programmer 179, rue de Paris, Montlignon, le parking est proche).

+ La participation aux activités de l'association implique une éthique de neutralité et de tolérance ainsi qu'une étiquette de courtoisie. L’accès est libre à la plupart des activités.

+ Pour soutenir et adhérer à l'association ou renouveler annuellement : Bulletin d'adhésion.

+ Pour nous écrire : cheminduphilosophe(arobase)wanadoo.fr

 

 PROGRAMME DES ACTIVITÉS A JOUR – OUVRIR LE LIEN

Station "L'homme et le cosmos"

Station "L'homme et le cosmos"
Cadran solaire analemmatique - juin 2014
Affichage des articles dont le libellé est hybris. Afficher tous les articles
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samedi 28 juin 2014

Compte rendu du café philo du 27 juin 2014, renoncement





Nous étions trente-cinq personnes à participer à ce café philo, le vendredi 27 juin 2014, au centre culturel de Bouffémont, sur le thème : « Le renoncement fait-il partie du bonheur ? »

Les thèmes  pour les  prochains cafés philo ont été proposés et votés par les participants  :

+ Vendredi 26 septembre 2014 : «  L’artiste est-il maître de son œuvre ? »
+ Vendredi 31 octobre 2014 : « Notre époque aurait-elle oublié la joie ? »

Le thème du café philo de ce soir a été préparé et animé par Arlette Coutin, Catherine Delaunay, et Pierre Haller.
Jeannine Dion-Guérin et Patrick Liautaud ont lu chacun un poème de Jeannine.
Le café philo a été conclu par un pot de l’amitié avant les vacances d’été.

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Contribution d’Arlette Coutin

LE RENONCEMENT FAIT-IL PARTIE DU BONHEUR ?
Dans cette interrogation il y a deux mots importants : renoncement et bonheur

Le RENONCEMENT a deux aspects :
Un sens négatif sur lequel je ne vais pas insister tel que l’abandon, le manque de courage, manque d’ambition, le fait de laisser tomber.
Un sens Positif : action de cesser de rechercher ce à quoi on tenait par exemple : renoncement aux honneurs.
Définition :
-action de se priver de toute satisfaction personnelle ou égoïste, de s’oublier soi-même. Ex : vie de renoncement
-le fait de renoncer par un effort de volonté, et généralement au profit d’une Valeur jugée plus haute.
Synonymes : dépouillement, détachement, sacrifice ; lâcher prise.

Définition du mot          BONHEUR : - Bon heur, arriver à la bonne heure, par chance, être là au bon moment.
-Réussite, succès
Et un autre aspect de ce mot que je vais évoquer :
-Etat de conscience pleinement satisfaite. Béatitude, félicité, ravissement, satisfaction  bien-être, plénitude, état agréable de l’esprit et du corps, sérénité

Qu’est-ce que le renoncement dans sa forme positive ?
Chaque homme se construit dans un chemin de vie où son énergie, faite de pulsions, de désirs, lui donne la force et la direction qu’il va prendre.
Le terme de renoncement indique le fait d’annoncer que quelque chose ne se fasse pas à partir d’un choix volontaire où la conscience de l’homme qui se définit comme un savoir qui accompagne son existence en rupture avec le monde des objets, détermine son action.
La conscience morale donne naissance à des valeurs idéales qui servent d’horizon positif à l’homme et le conduira dans des choix. Cela me fait penser à cette citation de Sigmund FREUD : « La conscience est la conséquence du renoncement aux pulsions ».
Notre vie est faite de désirs qui, s’ils sont poussés à leur paroxysme, nous enchainent créant de l’attachement et de la souffrance, telle la possession de biens par l’argent, qui devient à ce moment le maitre de notre univers. L’argent, qui doit juste être un moyen, et le pouvoir dénaturent les vrais besoins de l’homme. Le désir, qui est ancré en nous, génère une volonté d’avoir et de vouloir dont il faut distinguer leur nature. La plupart de nos désirs sont vains et leur réalisation est transitoire, toute expérience est transitoire. Quand nous savons vraiment que tout va et vient, que tout passe nous nous attachons moins, car rien ne dure. Ces désirs vains qui nous habitent, et dont nous sommes surtout insatiables, ne sont pas vraiment les nôtres et nous devons nous demander si quand nous obtenons ce que nous désirons, cela nous satisfait vraiment.  Seuls les désirs que nous faisons nôtres parce qu’ils sont POSSIBLES- chaque fois qu’ils portent sur un objet dont la poursuite et la réalisation progressive dépendent de NOUS, seront réalisables. Comme disait Epictète dans cette citation : « Il n’y a qu’une route vers le bonheur c’est de renoncer aux choses qui ne dépendent pas de nous ». Ces désirs doivent être porteurs d’un sens positif de notre vie, de nous élever, de nous rendre heureux, de nous permettre d’être en harmonie avec les autres et avec le monde dans le respect de la nature.
-        Désir de liberté par la connaissance.
-        Désir d’un bonheur partagé dans l’amour.
-        Désir de justice.
-        Désir d’amélioration de notre civilisation par les actes de citoyenneté pour notre planète et la vie des uns envers les autres.
-        Désir de don de soi pour l’avenir dans la transmission en famille et autour de soi par l’art ou par un engagement religieux, laïque ou associatif.
Le RENONCEMENT n’est pas la fuite d’un désir profond au contraire c’est la FORCE D’UNE VOLONTE EXISTENTIELLE. En renonçant, j’accède à une liberté d’être, à une réalité d’action.
Chercher au fond de soi ce qui serait le meilleur pour soi dans l’humilité de nos limites, par exemple : que choisir comme métier qui m’apporterait de la joie en gagnant ma vie à partir des mes aspirations profondes et en adéquation avec mes qualités humaines reconnues par les autres et moi-même ?
Trouver au fond de soi ce qui est le plus beau en nous en nous dépassant et nous limitant dans nos exigences vaniteuses, prétentieuses et égoïstes de notre vie.
C’est un surmoi qui ne dépend que de moi de ma vision, de mon regard sur l’existence, sur les autres et sur moi.
On ne peut être dans cette démarche que dans la progression de la vie par la conscience, l’expérience et l’aspiration spirituelle ; c’est un exercice au quotidien :
-        De l’approfondissement de soi, je reprendrai la célèbre phrase de Socrate, « Connais-toi toi-même »
-        Des directions volontaires que l’on veut prendre : choix de métier, conduite de notre vie, engagement.
-        Et de l’aspiration profonde de notre vie : Quête de Sens, spiritualité
Je citerai cette phrase de Christian Bobin : «  Le renoncement est le fruit de tout apprentissage ».
Pour relier le renoncement au bonheur il faut chercher et trouver ce qui va tendre vers notre Bien-être, ce qui peut être construit à partir de soi, de ses possibilités- de sa volonté- de ses aspirations les plus belles ; pour cela, il faut renoncer aux désirs futiles qui ne porteraient pas les bons fruits de notre arbre de vie et réaliser les désirs fondés, raisonnables et porteurs de sens de notre existence dans un sentiment de liberté intérieure que les passions ne peuvent troubler. Toute avancée comporte une part de sacrifice, par exemple : renoncer au confort pour vivre l’aventure ; renoncer à un certain égoïsme pour faire place à l’amour (loin de représenter une amputation de notre être) mais à une ouverture ; renoncer à la surconsommation, au gâchis, tenir compte des besoins humains et de l’équilibre écologique de notre planète. Ces renoncements nécessaires nous bousculent, nous allègent du superflu dans l’énergie des grands  engagements. Pour trouver du plaisir dans l’exercice de notre tache comme dans toutes les dimensions de la vie il faut renoncer à TOUT AVOIR. C’est le lâcher prise


Cette réflexion m’amène à la philosophie bouddhiste et sa chaîne des relations causes-effets qui sont au nombre de douze, dont je vais vous en citer 3 en relation avec les désirs

-7- les sensations font apparaître les désirs ;

-8- les désirs font apparaître les attachements ;
-9- les attachements incitent aux actions.

 En conclusion dans le bouddhisme Il suffit de nous libérer de nos attachements et pratiquer LA VOIE DU MILIEU qui suggère une approche équilibrée de la vie, de la régulation des instincts et du comportement de chacun, ce concept se rapproche de l’idée de juste milieu d’Aristote, selon laquelle « chaque vertu se situe à égale distance des deux extrêmes, chacun de ces extrêmes étant par conséquent un vice.

RENONCER, c’est se détacher du superflu, de l’inaccessibilité, c’est cesser de se crisper sur ce qui n’en vaut pas la peine pour donner plus de profondeur aux choses et trouver ce qui nous rendra heureux.
L’ULTIME RENONCEMENT est celui de la vie dans la vieillesse- se détacher de son corps et trouver la paix de l’esprit et peut-être le sens de notre vie ;
C’est réaliser notre vulnérabilité, notre fragilité, notre transformation physique, notre finitude – Pour redonner de la force au prix de la vie, de la joie d’être et de donner autour de soi – d’AIMER- et de percevoir peut-être la beauté d’une autre existence ou tout simplement avoir existé.
Dans ce renoncement définitif comme ce moine chartreux dans le film documentaire «Le grand silence » qui dans le vieillissement devenait aveugle et parlait de cette lumière intérieure qui le rendait encore plus heureux au fur et à mesure que la lumière de ses yeux baissait.

La vie est un art, celui d’être heureux dans un discernement éclairé où l’homme doit se situer en adéquation dans le monde avec les autres. Le plus grand bonheur est celui que l’on donne aux autres, le renoncement fait partie de ce bonheur. L’homme de demain devra réfléchir dans ses choix pour lutter contre le ravage de la biosphère et l’indigence dont est responsable l’avidité accrue du genre humain et renoncer à la «  lucropathie » comme l’écrit Pierre Rabhi pour aller vers LA SOBRIETE HEUREUSE.

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Contribution de Pierre Haller


Introduction
Telle que posée, la question ne sous-entend pas que le renoncement soit la principale source de bonheur. L’articulation entre ces deux concepts de bonheur et de renoncement demande de définir leurs champs respectifs d’application.

Définitions et champs sémantiques
Bonheur
Le bonheur est un état durable de plénitude, de satisfaction ou de sérénité, état agréable et équilibré de l'esprit et du corps, d'où la souffrance, le stress, l'inquiétude et le trouble sont absents. Étymologiquement, ce mot vient de l'expression « bon eür ». « Eür » est issu du latin augurium qui signifie «accroissement accordé par les dieux à une entreprise ».

Champ sémantique : félicité, joie, contentement, plaisir, bien-être, béatitude, ataraxie, prospérité, paradis, chance, réussite, fortune, succès.

Renoncement
Action de renoncer à quelque chose, de cesser de rechercher ce à quoi on tenait, de s'en détacher : renoncement aux honneurs.
Action de se priver de toute satisfaction personnelle ou égoïste, de s'oublier soi-même : mener une vie de renoncement.

Champ sémantique : lâcher, sacrifier, délaisser, séparer, abjurer, rétracter, résilier, abandonner, quitter, capituler, fuir.

+ L’animal renonce par la fuite par instinct de survie ou en fonction de ses capacités physiques, suite à la peur, la satiété, la fatigue, une blessure ou une contrainte. L’homme renonce en plus dans certaines situations pour des raisons de stratégie à long terme et complexes en faisant intervenir la raison. Par ailleurs les raisons du cœur peuvent conduire au renoncement ou au renoncement du renoncement.

+ Le moment de la mort constitue le renoncement ultime.

+ Les liens entre renoncement et bonheur sont complexes. Le renoncement est toujours compensé par quelque chose, selon Sigmund Freud. On renonce à un bonheur pour un autre. Le renoncement est souvent une stratégie de survie (obéissance, soumission), de victoire à long terme (repli stratégique, ruse). Il participe à l’exploration du champ des possibles, à la recherche de solutions alternatives (valeurs éthiques, mode de vie, de consommation). Renoncer peut signifier se faire une raison,  dans le travail de deuil notamment.

+ Le World Happiness Report, Rapport annuel sur le bonheur lancé par l'ONU en 2012, est basé sur six critères : PIB par tête, espérance de vie en bonne santé, absence de corruption, avoir quelqu'un sur qui compter, possibilité de faire ses choix de vie librement et générosité. Les pays scandinaves sont les plus heureux et les moins heureux sont en Afrique.
Ces critères du bonheur portent la marque de la conception occidentale.

Formes de renoncement

+ La résistance, on renonce à accepter.
Dans le christianisme, si le martyr est saint, rechercher le martyre est au contraire un péché, voire une tentation démoniaque. L’islam orthodoxe se montre également prudent vis à vis du martyre recherché.
Certains suicides sont des protestations politiques par exemple, Jan Palach initiant la Révolte de Prague en 1968 ou les bonzes se brûlant durant la Guerre du Viêt Nam.
+ La non-violence est une philosophie qui délégitime et renonce à la violence pour combattre l’injustice.
Gandhi : « La non-violence sous sa forme active consiste en une bienveillance envers tout ce qui existe. C'est l'Amour pur. »
Martin Luther King :« La non-violence est une arme puissante et juste, qui tranche sans blesser et ennoblit l’homme qui la manie. C’est une épée qui guérit. »
+ Lâcher prise : Cultiver le détachement, ce n’est pas devenir indifférent. C’est cesser de se crisper sur ce qui n’en vaut pas la peine pour donner plus de profondeur aux choses.
+ Prendre du recul : pensée surplombante, penser sa pensée, penser ses désirs, ses pulsions, ses comportements.
« L'origine est à l'intérieur de soi, et c’est là que nous devons pratiquer »
+ La fuite : Le courage peut se manifester dans la fuite : le négatif devient positif. La fuite peut être une tactique. Socrate mentionne l’exemple des chevaux d’Énée « habiles à fuir » et d’Énée lui-même « savant à fuir ». Il y aurait donc un art du renoncement dans la fuite.
D’autres écrits antiques occidentaux illustrent la notion de courage dans la fuite et le renoncement, par exemple le combat des Horace et des Curiace. Les combattants s’affrontent mais le vainqueur est celui qui a pris la fuite, à l’issue de la première phase du combat. Sa victoire est celle de l’intelligence de la situation.

+ Dans L’Art de la guerre, Sun Tzu , général chinois du VIè siècle av. JC, illustre les avantages du renoncement :

« Si les lois de la stratégie vous donnent pour battu, vous devez renoncer aux hostilités, même si le souverain vous le commande. »

Domaines de renoncement

+ Coût de renoncement ou « coût de renonciation » en économie désigne la perte des biens auxquels on renonce lorsqu'on procède à un choix, autrement dit lorsqu'on affecte les ressources disponibles à un usage donné au détriment d'autres choix.
+ Renoncement politique : le renoncement au marxisme-léninisme, la fin l’URSS en 1989. Benoit XVI est le premier pape  dans l’histoire de l’Église à renoncer à sa charge sans y être contraint par des circonstances extérieures. Roi d’Espagne.
+ Renoncer à tout avoir.
+ Renoncer à tout savoir ; à savoir pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien.
+ Renoncer à avoir raison.
+ Renoncer à ses certitudes.
+ Renoncer à tout contrôler.
+ Renoncer à abuser de son pouvoir.
+ Renoncer à l’argent, au pouvoir, à la célébrité, à la gloire, au sexe.
+ Renoncer aux modes.
+ Renoncer à être semblable ou à être différent.
+ Renoncer à obéir ou à désobéir.
+ Renoncer par courage ou par lâcheté.
+ Renoncer à la vengeance : « Assieds toi au bord du fleuve, tu verras passer le cadavre de ton ennemi. » dit le proverbe chinois.
+ Renoncer à la jalousie.
+ Renoncer par respect de soi.
+ Renoncer au premier pas vers la drogue qu’on regrettera forcément un jour.
+ Renoncer au renoncement.
+ Renoncer à la démesure, à l’hybris.
+ Refuser les fatalités de la nature, (ou bien faut-il accepter ?) : maladies, stérilité, (fécondation in vitro, gestation pour autrui)
+ Maîtriser ses pulsions.
+ Renoncer à ses idéaux.
+ Renoncer à certaines innovations technologiques.
+ Renoncer à asservir et à détruire la nature.
+ etc.

Ce qu’en disent les religions

+ Hybris est la divinité grecque de la démesure. Le châtiment de l’hybris est la némésis, la juste colère des dieux qui fait revenir l'individu à l'intérieur des limites qu'il a franchies. L’historien grec Hérodote (-484 à -420) écrit à ce propos :
« Regarde les animaux qui sont d'une taille exceptionnelle : le ciel les foudroie et ne les laisse pas jouir de leur supériorité ; mais les petits n'excitent point sa jalousie. Regarde les maisons les plus hautes, et les arbres aussi : sur eux descend la foudre, car le ciel rabaisse toujours ce qui dépasse la mesure. »

Hybris et Némésis se confrontent depuis la nuit des temps aussi bien au niveau individuel que des sociétés, des petites aux grandes tyrannies, des petits capricieux aux grands oligarques. La rente pétrolière est plutôt un malheur pour les pays qui en bénéficient. Ivan Illich (1926-2002) titrait en 1975 déjà la « Némésis médicale » qui annonçait le naufrage du système médico-industriel.

+ Le monachisme désigne des communautés religieuses  de moines ou de moniales

vivant séparées du monde auquel ils renoncent en principe par des vœux. Le monachisme existe dans le bouddhisme, l’islam et le christianisme. (Le renoncement au monde procure quand même au moine le gîte, le couvert et le statut social, choses rares dans certaines sociétés).

Dans cette philosophie et religion chinoise fondée sur le texte du Tao Tö King de Lao Tseu, datant de 600 av. JC, le renoncement et l’acceptation du réel sous-tendent ses grands principes que sont le quiétisme (une forme de passivité active), l’éthique libertaire, un sens des équilibres yin yang et le naturalisme.

Le renoncement à soi est au cœur de la pratique de la méditation bouddhique.
Le prince Siddhartha Gautama, Bouddha à 29 ans, abandonne titre et palais, pour « la grande renonciation » (abhiniskramana). Il commence une vie d'ascèse, suivant les enseignements de plusieurs ermites renonçants (saṃnyāsin ou sâdhu), et entreprend des pratiques méditatives austères.

Voici quelques textes explicitant le renoncement selon le bouddhisme :

+ Dans l’islam, (chiisme, sunnisme, soufisme) le Zuhd est l'une des notions très importantes dans le cheminement spirituel dans l'islam, qu'on traduit parfois par ascétisme, mais aussi par "détachement", ou "renoncement".


Les Evangiles chrétiens sont un appel à renoncer à soi-même.

Évagre le Pontique (346-399) est un des moines Pères du désert vivant dans le désert d'Égypte aux 3è et 4è siècles, il fut un promoteur de la pensée ascétique chrétienne. Il a sans doute inventé le système des péchés capitaux qu'il énumérait au nombre de huit : gourmandise, impureté, avarice, mélancolie (= acédie), colère, paresse, vaine gloire et orgueil. C'est le pape  Grégoire le Grand  (540-604) qui impose le chiffre sept.
Pour équilibrer, il existe « sept vertus catholiques » : la Chasteté, la Tempérance, la Prodigalité, la Charité, la Modestie, le Courage et l'Humilité

Ces péchés et vertus constituent des repères visant à réguler les comportements ; des formes de renoncement sont systématiquement au cœur de chacun d’eux.
Les positions des curseurs entre les péchés ou vertus et leurs contraires sont déterminantes pour l’harmonie de la vie individuelle et collective. S’il faut renoncer au péché, le trop de vertu peut être également délétère, notamment lorsque la vertu est instrumentalisée par le péché. « Qui fait l’ange, fait la bête ». Blaise Pascal.

Ce qu’en disent certains auteurs

+ Fréderic Gros, auteur de « Marcher, une philosophie » :
« C’est par l’effort sur soi-même qu’on accède à une jouissance de soi d’une intensité différente. » Magazine philo juin 2014

+ Alexandre Jollien est un philosophe et écrivain handicapé né en 1975 en Suisse. Son dernier livre, « Le Philosophe nu », est paru au Seuil.

« Il s’agit de vider le temple de l’esprit de toute représentation, de tout masque pour oser la nudité de l’âme. Et je prends conscience combien, dans ma vie, je suis enclin à trafiquer. Suivre Maître Eckhart (1260-1328), c’est toujours et avant tout se déprendre de tout et surtout de soi pour devenir limpide, vrai et lumineux... Aussi, l’exercice spirituel revient ici à se demander non pas « qu’est-ce qu’il me faut pour être heureux ? », mais bien plutôt «qu’ai-je de trop pour être libre, dépris, limpide et simple ? ».

« J’aime l’éloge du vide. Il est un vide qui anéantit et un autre qui prodigue une fécondité exceptionnelle ».

+ Christian Bobin (né en 1951) à propos de son père souffrant de la maladie d’Alzheimer :
« Ces gens dont l’âme et la chair sont blessées ont une grandeur que n’auront jamais ceux qui portent leur vie en triomphe »

« Je suis né dans un monde qui commençait à ne plus vouloir entendre parler de la mort et qui est aujourd’hui parvenu à ses fins, sans comprendre qu’il s’est du coup condamné à ne plus entendre parler de la grâce. »

Le renoncement est la source de la grâce.

+ Claire Marin, (née 1974) professeure de philosophie à Cergy-Pontoise, dans « L’homme sans fièvre » indique que soigner signifie parfois renoncer à guérir pour accompagner celui qui souffre. Confondre le soin et la guérison, c’est passer à côté de ce qui fait « son supplément d’âme » : « la force de soigner sans espoir de guérir, soigner par humanité, sans satisfaction de réussite. » Il existe, selon la philosophe, un jusqu’auboutisme dans le désir de guérison qui peut aboutir au point inverse du sens visé : au lieu d’atténuer la souffrance, il rajoute de la souffrance en niant que certaines souffrances sont inguérissables.

+ Serge Latouche (né en 1940), économiste, prône la décroissance économique.
Dans cette conférence il défend le renoncement écologique. Notre société est en crise culturelle (mai 68 ); écologique (club de Rome, 1972) ; sociétale (1990 révolution néolibérale) ; financière (subprimes 2007).
Les besoins sont illimités, les déchets aussi. Les causes en sont : publicité, crédit, obsolescence programmée. Nous vivons dans une société de frustrations. L’empreinte écologique du mode de vie est insupportable.
La croissance est morte et on ne le sait pas. La solution est l’abondance frugale, l’« a-croissance ».
Problème des valeurs : dieu fric, égoïsme sacré, domination sur la nature.
La modernité a permis d’émanciper le sujet ; « le corps, le cœur, le cul ».
Renoncer à l’hubris (démesure). Etre autonome, c’est se poser des limites.

+ Jacques Ellul (1912-1994) a développé la critique du concept d'idéologie du bonheur :
« Le droit au bonheur est le cheval de Troie posté au milieu du système des libertés et des droits conçus par une société libérale. C’est la plus grande mutation mentale que l’on puisse imaginer puisque c’est le changement du sens et du but de la vie tout entière, en même temps que de la relation entre l’homme et la société. » (Métamorphose du Bourgeois, 1967, p. 90.).

Conclusion
« Nous ne savons renoncer à rien. Nous ne savons qu'échanger une chose contre une autre. »

"Il est impossible d'ignorer combien la civilisation est bâtie sur un renoncement de l'instinct."

Sigmund Freud (1856-1939)

"Discipliner son esprit, renoncer au superflu, vivre en harmonie avec les autres et avec soi-même nous assurera le bonheur. "
Enseignement du Dalaï-Lama

 « Renoncer... pour aller vers l'être intérieur ». Marie de Hennezel... (née en 1946)


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Propos entendus

+ Borges : « Je n’ai jamais aussi bien vu que depuis que je suis aveugle ».
+ Le Bhoutan a introduit le concept de Bonheur national brut.
+ Un peintre devenu célèbre : « J’étais heureux quand j’étais malheureux ».
+ Le renoncement n’est pas une fin en soi. On renonce pour être heureux. On choisit le sens qu’on veut donner à sa vie.
+ Il y a des renoncements de contrefaçon.
+ Deux sortes de renoncements : volontaires et subis.
+ Les élections conduisent à des renoncements involontaires et douloureux.
+ Le philosophe Jeremy Bentham (1748-1832) a tenté de mesurer le bonheur.
+ Comment résister à l’addiction du bonheur ?
+ Renoncer, c’est être.
+ Par la raison  on peut se détacher des sens. La raison est-elle source de bonheur universel ?
+ Le marketing génère la frustration.
+ Le renoncement est un coup de frein à l’emballement.
+ L’enfant doit apprendre à renoncer.
+ Le marketing infantilise.
+ Le bonheur, c’est abolir le passé.
+ Changer le passé est possible.
+ Le bonheur n’est concevable que dans l’instant et dans l’instant il n’y a pas de renoncement.
+ Trouver la vie dans l’épreuve. Laisser couler la vie en soi.
+ Que devient la cosmétique dans la durée ?
+ Le renoncement n’est pas frustration, c’est un ingrédient du bonheur, c’est la liberté d’être.
+ Une société qui renonce est une société de rien.
+ L’humanité n’a jamais renoncé. Elle est allée dans la lune.
+ Renoncer à ses certitudes. A chacun son bonheur.
+ Le premier besoin de l’enfant est d’être aimé.
+ Il faut penser aux gens qui n’ont pas le bonheur à plus forte raison de problèmes de renoncement.
+ « La qualité de nos contraintes est la qualité de notre liberté ».
+ Si je renonce au bonheur, est-ce que je serai heureux ?
+ On est heureux quand on a peu de besoins.
+ Le bonheur dépend des petites choses du quotidien.
+ Le bonheur est une voie. Il n’existe pas en soi.
+ Sur notre lit de mort, nous rendrons notre dernier bilan.
+ Le choix du renoncement est une mutilation.
+ Le renoncement n’est pas le seul moyen du bonheur.
+ Pour être on ne peut pas tout avoir. Pour aimer, on peut tout donner.
+ Le bonheur, c’est être avec vous.
+ Renoncer pour un but supérieur.
+ Renoncer à se soumettre ou à se révolter, c’est selon,  mais garder le cap.




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Poème lu par Jeannine Guérin-Dion


Complainte du presque rien

Je n’ai rien à conter
Que les épis de blé
Dans les champs de l’été
N’aient essaimé déjà

Je n’ai rien à chanter
Que la brise des prés
Sur l’herbe câlinée
N’ait fredonné déjà

Je n’ai rien à donner
Que le frelon zélé

A la rose isolée
N’ait apporté déjà

Abrutie de soleil
Inondée de torpeur
Qu’ai-je donc à livrer
Qui ne s’est dit ailleurs ?

Dans le charme vermeil
C’est l’écureuil joueur
Qui muet m’a soufflé
Ce que tu ne sais pas

Tout a été chanté
Tout s’est conté déjà
Tu n’as rien à donner
Que ce peu que tu es
Que ce rien que tu as

Jeannine DION-GUERIN

Extrait de l'album CD  : "OFFRE-MOI CE OUI" , 35 minutes d'écoute et un livre de 35 pages illustrées,  textes dits et écrits par l'auteur sur des improvisations musicales d'Alain RICHOU (Commande à l'adresse : guerin.jeannine@sfr.fr ou au 06 19 53 27 11 au prix de : 16euros )


samedi 30 mars 2013

Compte rendu du café philo du 28 mars 2013









Nous étions 29 participants à ce café philo du vendredi 29 mars 2013 au centre culturel de Bouffémont (Val d’Oise) pour débattre du thème « La compétition est-elle le seul moyen de se dépasser ? » La séance était préparée et animée par Catherine Delaunay, Danielle Roslagadec et Pierre Haller.



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La compétition est-elle une composante idéologique au service d’ l’ordre social ou bien est-elle inscrite dans la nature ?

La compétition relève de la société, tandis que le dépassement semble concerner plutôt l’individu.

La compétition s’exerce dans de nombreux domaines : les idées, les égalités. On parle d’égalité des chances lorsque tout le monde peut concourir. La compétition donnerait une chance égale de devenir inégal.

Le dépassement permet de changer de plan, d’ordre, de paradigme. Pascal (1623-1662) considère trois ordres : la chair, l’esprit et  le cœur. Le dépassement consisterait à intégrer ces trois ordres dans le comportement et l’action. Pour Nietzsche (1844-1900) se dépasser, c’est construire ses propres valeurs. Les textes du  christianisme proposent une éthique de bienveillance envers autrui et de pauvreté. Gandhi (1869-1944) a été un théoricien de la résistance à l'oppression à l'aide de la désobéissance civile de masse fondée sur la non-violence. Il a contribué à conduire l'Inde à l'indépendance.



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Texte de Danielle Roslagadec



Qu’est ce que la compétition ?

•          Recherche simultanée par deux ou plusieurs personnes  d’un même poste, d’un même titre ou d’un même avantage (Larousse)

•          Epreuve sportive opposant 2 ou plusieurs concurrents ou plusieurs équipes (Larousse) championnat, coupe, critérium, match dont découle l’esprit de compétition

•          Concours, concurrence, conflit, rivalité

•          Mise en concurrence marchande ou économique dont découle le terme de compétitivité



Qu’est-ce que se dépasser ?

•          Progression, évolution,  être plus, faire plus que,  aller au-delà de l’attendu, au-delà du possible ou de l’imaginable, au-delà des limites

•          L’emporter sur  quelque chose, sur quelqu’un ou sur soi même

•          Réussir ce qui était inaccessible, aller parfois jusqu’à se surpasser

•          Ou tout simplement se révéler à soi même et aux autres ?



La compétition est elle un moteur de progression et de dépassement?

Oui, pour les adeptes, c’est incontestable par l’émulation qu’elle suscite.

La compétition est non seulement inhérente à la vie mais c’est un important moteur de  croissance. Elle peut aussi se transformer en inspiration et en stimulation, c’est l’incitation à progresser pour battre l’autre, le dépasser qui est moteur pour aller toujours plus haut, plus vite, plus fort.

L'interaction intense que provoque une émulation entre partenaires égaux permet à chacun de dépasser ses limites habituelles. Chacun apporte à l'autre une inspiration nouvelle à travers ses efforts pour le dépasser et tous deux en sortent grandis.

La compétition c’est l'expression naturelle du désir d'exceller. C’est une des façons importantes de concrétiser le désir d'épanouissement. Elle aide l'enfant à grandir, elle contribue chez l'adulte à la création de nouvelles ressources et elle permet à l'espèce de s'adapter et de survivre lorsque les conditions deviennent difficiles.



Mais, la conception même de l’excellence est  partagée :

•          Pour Homère: c’est la grandeur, la gloire, la vertu morale.

•          Pour Aristote: c’est la juste mesure, la sagesse



Pour les détracteurs, non, ce n’est pas une source de dépassement, car elle entraîne des excès, des perversions, des tricheries, voire des souffrances.

La rivalité semble aujourd’hui remise en question, tant par les scientifiques, que dans le sport, et même dans le monde du travail.

Dans sa théorie de l’évolution Darwin lui-même dit que la sélection naturelle n’est pas la voie exclusive de transformation de l’espèce.

3 exemples d’observation scientifique qui mettent en doute l’idée que la compétition permette à l’espèce de s’adapter et de survivre dans les conditions difficiles :

•          Chez l'humain : Dans le cerveau les zones de la récompense seraient stimulées par les plaisirs artistiques, musicaux etc.. ainsi que dans les situations de coopération. Alors que les zones du dégoût elles, seraient activées face à l'injustice, et dans les situations de compétition.

Des scientifiques ont mis en évidence que ce que nous croyions la grande compétition à l’origine de toutes nos vies, c. à d.  la  course des spermatozoïdes qui donne gagnant le plus rapide, le meilleur,  le plus vigoureux est aujourd’hui ébranlée par l’observation faite que certains (peut être plus courtois) cèdent le passage et que d’autres (solidaires) feraient la courte échelle.

•          Dans le monde végétal : Lorsque les grands arbres empêchent les petits d’émerger, on a découvert que leurs racines sont interconnectées par des Mycéliums qui leur permettent de communiquer entre eux et mieux, de transférer des nutriments aux plus jeunes…

•          Dans le monde animal : Chez les primates, on a observé que des macaques, soumis au choix entre « manger, mais faire souffrir un congénère », ou s’abstenir de manger, choisiront l’abstention.

            Pour Albert Jacquard : La compétition, c'est « je ». Je cours contre vous, vous courez plus vite que moi. Cela me désole. Comme je veux arriver premier, j'emploie tous les moyens, y compris la tricherie. C'est vouloir vaincre et l'emporter sur l'autre.

L'émulation, c'est je cours avec vous, vous arrivez plus vite que moi et loin d'en être désolé, j'en suis tout heureux car vous avez des leçons à me donner sur ma façon de courir. C'est être content d'être dépassé par l'autre dans l'espoir qu'il vous ouvre des possibilités nouvelles. C'est l'exact opposé de la compétition.



Quels sont les domaines où nous pouvons observer les effets de la compétition sur le dépassement de soi ?

•          Au cours des études, examens, classements, concours, évaluations.

La réussite scolaire et plus tard la réussite sociale sont souvent définies en terme de performance, de prestige méritocratique. Encore que la dernière ait tendance à être  doublée par les richesses matérielles au mépris des richesses intérieures.



•          Combats, Conflits, les rivalités.

La rivalité a jalonné l'évolution humaine. Dans la  compétition c’est l'action qui occupe toute la place dans le cerveau. La conscience passe  au second rôle.  Les choses alors s'accélèrent et s'affolent comme dans n'importe quel combat. Ce fut le cas à l'époque des grandes conquêtes de la renaissance. Ce fut également le cas pour l'ère industrielle du XIXe siècle. De nouvelles puissances en compétitions, un marché plus ouvert avec peu de contraintes. L’apothéose étant la mondialisation et l’état d’urgence permanent auquel nous sommes soumis.



•          Sport

Encore selon Albert Jacquard : la compétition n’est pas constitutive du sport. Ce mot anglais signifierait qu'il s'agit de s'améliorer soi-même tout au long de la vie.

Pour certains historiens, les coureurs ou les sportifs Grecs de l’antiquité essayaient de donner le meilleur d'eux-mêmes. Il n'apparaît pas évident qu'ils allaient jusqu'à employer les moyens de tricher, comme c'est devenu courant dans l'approche du sport contemporain. L'enjeu de civilisation contenu dans les jeux grecs était supérieur. Il visait à éviter la guerre. La vraie finalité n'était pas d'être le premier, le meilleur, mais de participer à la paix.

Au-delà du dopage, et des tricheries auxquels nous assistons aujourd’hui, le sport peut devenir aussi une drogue, un comportement pathologique. L’addiction à l’effort fabrique des endorphines et provoque des sensations de plaisir mais aussi des souffrances.



•          Travail

De nos jours dans  l’entreprise : la compétition est fortement présente, non seulement dans la gestion économique et la concurrence entre sociétés, mais aussi à l’intérieur même, par l’évaluation des salariés, les nouvelles  techniques de management  comme le benchmarker : c’est le point de référence, l’évaluation comparative qui permet d’étalonner. Ce concept est né dans les années 80 dans la société Xérox aux EU pour concurrencer les japonais qui avaient eux même déjà un mot (dantotsu) pour dire le meilleur des meilleurs.

La concurrence, la confrontation permanente, la course à la réussite, la compétition y semblent autant d’obstacles à l’ « humanité » des rapports interpersonnels et entraîne, la souffrance au travail, la dépression, voire le suicide.



•          La compétition fiscale est aujourd’hui mise en scène avec les évènements Chypriotes, grecques,  espagnole et ce n’est hélas sans doute pas terminé.



•          Dans les jeux bien sûr puisqu’il s’agit là de gagner et de l’emporter sur les autres. On voit de plus en plus dans les médias se multiplier les occasions de se mesurer aux autres (sport, culture, le people, le domaine culinaire est devenu très à la mode…etc…) sans parler des situations extrêmes qui ont fait l’actualité des jours derniers.



Existe- t-il  d’autres moyens de se dépasser ?

•          Connaissance de soi,  autonomie,  émancipation.

Ne pas chercher à être meilleur que l'autre, mais à 'être meilleur que moi-même, pour cela je dois me connaitre et connaitre mes limites. Ne pas m’opposer aux autres mais m’enrichir de ce que je peux échanger avec eux.



•          L’art, la créativité, l’imaginaire.

On peut considérer  que le but d'une vie d’humain, c'est de se créer, d’inventer, de construire.

Les plus grands artistes ne sont pas les gagnants d’un concours ou d’une course. Ils inventent, c’est le regard de l’autre sur l’œuvre qui les reconnait comme talentueux. C’est le regardeur qui est touché par l’œuvre.

Bien que, là aussi des perversions s’insinuent puisque dans notre société contemporaine, désormais le marché de l’art s’interpose entre les deux et fausse les repères et les appréciations.



•          Dans le travail par la coopération, le partage, l’entraide,  les gestes qui préservent ou sauvent. L'esprit de partage n’est pas compatible avec la compétition. Est-ce que nous nous dépassons  plus dans l’adversité que dans la  coopération ?

•          Dans le sport Il est possible substituer au culte de la performance la notion de beau jeu. Il suffit de changer les règles. Cette confusion entre sport et compétition a été exacerbée par la société d'aujourd'hui, qui ne cherche de source de dépassement de soi-même qu'à travers la confrontation avec l'autre. On peut se sentir meilleur que l'autre mais ne pas en faire le moteur de toute notre activité. 

Bernard Moitessier (1925-1994) qui, en 1968, était arrivé premier d’une course en solitaire, mais avait refusé de franchir la ligne d'arrivée du vainqueur. Les courses à la voile, sont d’ailleurs les rares épreuves qui nous font admirer le dernier presqu’au même titre que le vainqueur. C’est sans doute les qualités des concurrents, la compétence, l’endurance, la persévérance, la passion qui sont admirées plus encore que la performance.



La marche, ou toute autre épreuve choisie, solitaire ou collective qui invite à aller au-delà de ce que l’on pouvait imaginer. De multiples exemples de marcheur : Théodore Monod a pu traverser le désert avec quelques litres d'eau, sans en faire une source de gloire, mais d'entraînement. Stevenson, H.D. Thoreau, Jean Jacques Rousseau, et tant d’autres  marcheurs et pèlerins se sont lancés sur les chemins en quête d’eux même et de sens.



•          La méditation, la spiritualité, l’ascèse

L’accomplissement de soi plutôt que l’excellence ou la performance. Il semble que nous sommes à une période charnière de remise en cause de systèmes de pensée qui ont atteint leurs limites. Un sociologue faisait récemment l’observation d’un croisement qui est en train de s’opérer entre orient et occident. L’orient, par le développement économique, se précipite dans la consommation, la compétition , l’individualisme, alors que l’effet de l’effet de la récession qui est infligée à l’occident le porterait à se tourner vers les disciplines plus proches des sagesses orientales.



Conclusion

Il me semble que le culte de la performance et du dépassement de soi qui s’impose à tous aboutit à un clivage entre ceux qui suivent le rythme qu’elle implique et ceux qui n’y parviennent pas, ou qui le refusent. Là aussi, me semble-t-il un changement s’opère qui porte les uns et les autres à se rassembler, à réfléchir ensemble. Dans nos activités, nous apportons un modeste, mais précieux exemple pour y contribuer.



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Texte de Pierre Haller




La compétition semble profondément inscrite dans la nature dans la lutte pour un territoire, les aliments, les partenaires sexuels, le rang social. L’observation des plantes, des animaux et des humains individuellement ou collectivement confirme partiellement cette tendance. Elle crée de la distance entre les individus et entre les espèces assurant ainsi la diversité et une certaine dynamique. Cependant cette compétition n’est pas le seul facteur de régulation sociale des espèces vivantes. On observe également des phénomènes de symbiose entre espèces fondés sur l’intérêt mutuel, des comportements altruistes, notamment vis-à-vis de la protection des enfants chez les animaux. Cette contribution de l’individu au comportement collectif participe à la stratégie la plus payante pour la survie de l’espèce. La compétition n’est qu’un des principes organisateur de la nature. La coopération est facteur de stabilité. Des millions d’espèces vivent sans se faire concurrence et, bien au contraire, chacune apporte sa contribution aux cycles de la vie. Notre organisme abrite 100 milliards de bactéries, virus et prions autant que le nombre de nos cellules. La masse de matière vivante sous la surface du sol est aussi importante qu’au-dessus (sauf dans les champs couverts de pesticides). Si la compétition existe à ces niveaux d’organisation du vivant, elle sert essentiellement à la survie de l’ensemble des espèces. « La forêt est le triomphe d’espèces mutuellement dépendantes », selon Edouard Goldsmith (1928-2009) dans le « Tao de l’écologie ».



Dans la plupart des sociétés humaines, la compétition entre les individus et les groupes participe à l’ordre et à la hiérarchie sociale. La compétition humaine s’exerce dans les domaines les plus divers : scolarité, reconnaissance sociale, argent, pouvoir, gloire, sex-appeal, symboles du statut social, profession.



Les avantages et inconvénients de la compétition. La compétition est facteur d’émulation et de motivation à progresser tant pour les individus, à l’école ou dans la profession, que pour les groupes en matière économique ou technologique. “Competition brings out the best in products and the worst in people.” « La compétition apporte le meilleur pour les produits et le pire pour les gens. » David Sarnoff, fondateur de  RCA.



Cependant la solidarité, l’accès aux services d’intérêt général, le droit, la justice, les valeurs morales participent au développement humain et ne font en principe pas l’objet de compétition. En principe, ils devraient être exclus de l’économie marchande. 

La mise en concurrence des services publics fondamentaux (énergie, transports, santé, éducation, propreté, information, culture, sécurité) avec le marché semble cependant nécessaire pour une saine régulation. Réguler, c’est s’assurer que le marché compétitif contribue à l’intérêt public et, inversement, que l’intérêt public assume une certaine dose de concurrence, pour qu’il n’y ait pas sclérose des structures, des économies de rente et ce que les économistes appellent allocation suboptimale des ressources. Cet équilibre entre intérêts privé et général devrait chercher à protéger l’intérêt général.



Le sport spectacle (foot, JO, etc.) constitue un fonds de commerce qui brasse des milliards d’euros à travers le monde. Il s’auréole souvent de vertus humanistes qu’il instrumentalise. Il est le nouvel opium des peuples. Cependant les championnats transcendent les conflits entre les groupes et les nations. Le sport spectacle est source de richesse et d’emplois. L’idéologie sportive cache les coûts des dommages collatéraux. Selon l’étude datant de 2008, le sport cause chaque année de l’ordre de 1 million d’accidents en France. Une autre étude consacrée au ski rapporte 150.000 accidents par saison dont 25  % de fractures. Par contre l’Organisation Mondiale de la Santé souligne que la sédentarité est une cause majeure de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’obésité. Elle entraînerait plus de 2 millions de décès par an.



La compétition permet l’émergence d’une élite basée sur le mérite et moins sur l’héritage social comme dans les sociétés anciennes. Cette élite basée sur le mérite se constitue également à son tour en castes à travers ses concours, ses codes sociaux, ses réseaux, faussant ainsi l’égalité des chances.



La compétition peut susciter des réserves sous bien des aspects. Chacun prend sa place dans l’échelle sociale selon ses succès mais aussi et surtout en fonction de ses échecs. Le phénomène de frustration s’opère à tous les niveaux de la société. La course aux concours ou à la sélection sportive peut être traumatisante à vie pour ceux qui n’ont pas réussi et dont les efforts n’ont pas été couronnés du succès escompté.



Selon un dossier du journal Le Monde du 16 mars 2013, l’évaluation des salariés s’est frénétiquement généralisée et industrialisée dans les entreprises. Elle exacerbe la compétition entre les personnes et détruit les liens d’amitié. La réduction des êtres à des critères mathématisables est cause de blessures et de souffrances au travail. « Toutes les pathologies de la solitude que l'on observe aujourd'hui dans le monde du travail, le plus souvent des dépressions et des réactions paranoïaques, sont une grande nouveauté », selon  Christophe Dejours (1949-), médecin, ergonome, psychiatre et psychanalyste. Sans doute faut-il réévaluer l’évaluation des humains et des entreprises.



L’externalisation massive des activités des entreprises, au nom de la compétitivité, précarise le statut des employés, porte atteinte à leur besoin de reconnaissance et exacerbe la compétition. La croissance exponentielle des salaires aux plus hauts échelons de la hiérarchie (les rapports des salaires iraient de 1 à 70) est démobilisatrice pour le reste des 99 % des employés. 



Le traitement humain des sportifs de haut niveau est parfois peu compatible avec la dignité humaine (dopage, maladies, abandon, renvoi à la pauvreté lorsqu’ils ne sont plus rentables).

La compétition se base le plus souvent sur des critères simplistes des performances sportives, des connaissances normalisées et livresques, de la maitrise de codes sociaux ou de langage. L’appartenance à des réseaux sociaux, à de clans ou le népotisme constituent des modes de compétitions encore bien en vogue dans la plupart des sociétés. 



La compétition exacerbe les rivalités au détriment de l’empathie.



La compétition peut devenir une fin en soi et constitue une forme de narcissisme. Le narcissisme est le renfermement sur soi, l’incapacité à s’identifier à l’autre, et menace autant les individus que les sociétés qui finissent par investir toute leur énergie dans leur image de soi au détriment de l’autre.



La tricherie dans les compétitions, notamment sportives, scolaires ou professionnelles constitue des entorses morales et conduisent parfois à des délits ou à des crimes. Les règles du jeu cependant s’affichent toujours publiquement frappées du coin de la morale et de la probité. La France est souvent montrée du doigt pour ses castes d’élites qui bloquent les évolutions sociales et contribuent à un climat de défiance vis à vis de ces élites et des institutions qu’elles phagocytent.

Le monde la finance montre qu’aujourd’hui la compétition échappe aux compétiteurs et à leur démesure (hybris). Selon l’ouvrage dont le titre est « 6 », éditeur Zones sensibles, les vrais maîtres de la Bourse ne sont pas des financiers sans scrupules mais des algorithmes sans âme agissant à la vitesse de l’éclair dans des ordinateurs abrités dans des hangars de banlieues et prenant le pouvoir sur les humains. Ce n’est pas de la science fiction. « Les marchés ne sont plus qu’un réseau de machines impénétrables... Les technologies, la structure des marchés et les nouveaux produits financiers ont évolué plus rapidement que notre capacité à les comprendre et à les contrôler. Le système tout entier est désormais un jeu truqué. » (Le Monde du 20 mars 2013.) La compétition moderne est technologique.

Après le tournant ultra libéral des années 1980 aux Etats-Unis, l’action de l’État a été progressivement subvertie par les intérêts privés, les années 2000 constituant l’apogée du processus : dans la santé, l’éducation, le logement, la défense, les politiques publiques ont de plus en plus consisté à garantir des rentes à des entreprises privées proches du pouvoir. L’État garant de l’intérêt général s’est mué en État prédateur soumis à «l’exploitation systématique des institutions publiques pour le profit privé », selon James K. Galbraith, (1952-) dans «L’Etat prédateur ».



Se dépasser.

Se dépasser concerne les individus et les sociétés. Dans les deux cas, l’enjeu est triple : assumer la vie normale, faire face aux forces de délitement et enfin se mettre au service de quelque chose de plus grand que soi. Pour l’individu, la vie normale consiste à maintenir le cap dans les difficultés et tourments de la vie. Les forces de délitement sont d’une part la maladie et le vieillissement et d’autre part les péchés capitaux que sont : l'orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la paresse, la gourmandise. Les excès dans ces domaines sont des formes de narcissisme. Les victoires contre la maladie, le vieillissement et la mort ne sont que temporaires. La compétition contre le délitement peut donner du sens à la vie. Le service à quelque chose de plus grand que soi peut prendre de nombreuses formes : le travail, la famille, l’amitié, l’amour, l’art, l’étude, les sciences, la philosophie, la spiritualité, la culture, l’humanitaire, le soin et l’attention aux autres, etc. Beaucoup de sports, de jeux ou de hobbies peuvent être pratiqués sans esprit de compétition exacerbé, pour le simple plaisir, par amitié, pour s’autoévaluer et s’améliorer.

Pour les sociétés démocratiques, la vie normale devrait être la paix. Les forces de délitement, les péchés capitaux, sont  les excès du clanisme, du  populisme, du consumérisme, du vedettariat, de la société de spectacle, de la stigmatisation d’ennemis, de la corruption, du rationalisme compulsif et à court terme dans les domaines financier et économique. Le service à quelque chose de plus grand c’est leur devoir de civilisation dans les domaines du contrôle des pouvoirs, de la justice, de la paix, de l’éducation, des sciences, des lettres et des arts, de l’environnement naturel et de la biosphère. Le plus grand que soi, c’est l’ordre émergeant dans les domaines de l’esprit et du cœur pris dans le sens de Pascal mentionné plus haut. .



Ces enjeux de lutte contre le délitement ou le service au plus grand que soi ne sont pas uniquement de l’ordre de la compétition. Les prix littéraires ou scientifiques et aujourd’hui des classements des pays avec des Indices de développement humain (IDH jugeant les systèmes d’éducation ou de santé, le fonctionnement de la justice, la protection de l’environnement, les degrés de corruption, etc.) relèvent du « benchmarking ».  Le « benchmarking » met en exergue des talents, des bonnes pratiques et constitue une forme d’intelligence collective.



Le journal Le Monde de ce 28 mars 2013 rapporte le classement des lycées français en fonction de leur taux de réussites au bac. Il est intéressant de noter l’évolution du critère de classement qui n’est plus le taux de réussite absolu mais la « valeur ajoutée » qui est la différence entre le taux obtenu et le taux escompté en fonction du profil social des élèves. Cette valeur ajoutée traduirait donc la qualité des efforts des équipes enseignantes en vue de la réussite des plus défavorisés. Les lycées publics d’Argenteuil et de Goussainville dans notre département du Val d’Oise sont ainsi classés dans les 20 premiers de France.



En conclusion, comme on s’y attendait, la compétition n’est pas le seul moyen de se dépasser. Elle y contribue, mais elle a des effets pervers. Saint Thomas d’Aquin (1224-1274) disait qu’un minimum de bien-être (donc issu de la compétition sociale) est nécessaire pour pratiquer la vertu. Confucius (-551 à –479) ne condamnait pas seulement « la poursuite de l’intérêt mais tout esprit de compétition vulgaire. L’honnête homme ne cherche qu’à se surpasser lui-même ». Le bien-être est très inégalement réparti entre les humains en raison de compétition entre les individus et entre les groupes. Le dépassement de soi est plus aisé lorsqu’on n’est pas confronté à des problèmes de survie au quotidien. A contrario, il importe de mettre son bien-être au service d’autre chose que son narcissisme. Paradoxalement la compétition est à la foi l’alliée et l’ennemie dans la lutte éternelle de la personne humaine pour sa dignité.

Il faut avoir conscience que dans tout processus d’évolution, tel que la vie, l’optimum local et immédiat n’est pas l’optimum global. Le chemin vers le dépassement de soi passe parfois par l’échec.



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Paroles entendues



-          Nous ne sommes pas égaux à la naissance. Mais la fable de La Fontaine, « Le lièvre et la tortue »« La tortue arriva la première. "Eh bien! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ? De quoi vous sert votre vitesse ? »

-          On laisse trop de gens au côté de la route.

-          L’école française favorise trop le travail individuel.

-          Nous ne sommes pas égaux devant le temps de l’histoire qui s’accélère.

-          Dans les études, selon le niveau, on favorise les performances et/ou les efforts. Dans le monde du travail c’est plutôt les efforts (discutable ...).

-          Dans l’amour d’un couple, il n’y a pas de compétition.

-          Le monde artistique est un ensemble de talents et de compétitions.

-          Le vrai sportif assume la compétition. On rencontre l’amitié dans le sport.

-          La confrontation avec un apprentissage, par exemple celui d’un instrument de musique, est source de bonheur.

-          En alpinisme, on est capable grâce aux autres. Au départ tous sont pareils.

-          En économie, c’est chacun pour soi.

-          Les morts de la guerre économique, ce sont les chômeurs.

-          Le classement des lycées en fonction des résultats du bac est contestable. Certains bons chiffres sont obtenus au prix de trois redoublements en six ans. Certaines écoles privées obligent les élèves douteux à se présenter en candidats libres.

-          Selon Bourdieu (1930-2002), tout le monde n’a pas les mêmes chances dans la vie. A Saint-Denis (9-3), bien des jeunes, garçons ou filles, n’ont pas d’autre horizon mental que celui de la rue des Francs-Moisins.

-          Les concours ne sélectionnent pas les meilleurs. Cela dépend des critères.

-          Les performances sportives gagnées à centième de seconde près n’ont pas de sens.

-          Les entreprises ne travaillent  pas pour le bien du pays.

-          En vieillissant nous choisissons d’autres challenges.  

-          La compétition est horizontale, individuelle et matérielle. Le dépassement est rationnel, spirituel et sert aux autres.

-          La compétition saine est celle qui sert à tous.

-          L’émulation est saine. Le travail en groupe donne envie de réussir ensemble. Voir les expériences pédagogiques du collège Aristide Briand de Domont (95).

-          L’alpinisme c’est l’expérience de l’inutile qui permet la découverte de soi.

-          Dans le compagnonnage, l’apprentissage est un dépassement de soi.

-          Il y a aussi des querelles de compagnons.

-          La désobéissance est un moyen de se dépasser.

-          « Rien ne fonctionne si les opérateurs sont strictement obéissants », selon le psychiatre, psychanalyste Christophe Dejours (1949-).

-          L’estime de soi est importante.

-          Je ne sais pas ce que veut dire « se dépasser ».

-          Le groupe est plus que la somme des individus.

-          On peut s’appeler mutuellement à se dépasser.

-          La famille a un rôle dans la motivation à se dépasser.

-          Le dépassement est une affaire personnelle.

-          La compétition sert-elle à faire avancer ou est-ce de l’égoïsme ?

-          Le dépassement peut être de la vanité.

-          Le dépassement peut être une réponse au sentiment de vide.

-          La construction européenne est un dépassement de l’histoire.

-          Non, l’Europe, c’est de l’intérêt !

-          Le dépassement peut être négatif (drogue, anorexie) ; il doit s’appuyer sur des valeurs.

-          Le dépassement c’est se ressourcer en soi.

-          C’est le plaisir qui en résulte.

-          C’est aimer les autres.

-          Le migrant, celui qui se sépare, se dépasse.

-          Sortir c’est se dépasser.

-          Le divorce peut en être.

-          La reconnaissance est indispensable.

-          Un pays doit se dépasser.

-          En entreprise, les objectifs de compétition peuvent détruire les personnes. La compétitivité c’est la destruction des rapports humains.

-          Le cerveau crée ses propres drogues.

-          La reconnaissance du groupe est essentielle. Avec la gentillesse on obtient de bons résultats. Ce qui manque à notre société, c’est l’écoute mutuelle. 

-          Le musicien Olivier Messiaen (1908-1992) prisonnier au Stalag en 1942, a composé Quatuor pour la fin du Temps (écouter)

-          On est toujours face à soi-même. Les plus belles victoires sont celles qu’on remporte contre soi-même.

-          Il faut penser au-delà de sa propre préoccupation.

-          Donner c’est important.

-          On oppose coopération et compétition. Quand on évolue il faut réguler la compétition. La compétition est un mal nécessaire qu’il faut réguler.

-          Je préfère le mot challenge.

-          Je préfère émulation.

-          Il faut se transcender par rapport à l’immédiat.

-          Je me dépasse dans la consommation religieuse ou esthétique.

-          La compétition est une valeur vitale, mais elle doit être positive.

-          Il y a des dépassements de soi inattendus.

-          Confiance, écoute, regard.

-          Entraide et désobéissance.

-          Grâce au défi on avance.

-          Le groupe a été créatif.



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Citations



« Il y a deux genres de personnes, ceux qui font le travail et ceux qui en prennent le crédit. Tentez d'être du premier groupe ; il y a moins de compétition. »,  Indira Gandhi



« Baisser les bras dans une compétition sous prétexte qu'on ne peut terminer premier est incompatible avec l'esprit du sport. »,  Eric Tabarly



« Internet accélère l'avènement de la société de marché, avec une poussée violente de concurrence et de compétition. »,  Alain Minc



 « Celui qui ne court pas après le record, qui ne cherche pas à être riche, ou n’a pas peur d’être pauvre, qui n’a pas le moindre intérêt y compris pour lui-même, celui-là est libre. » Rumi



« L’apprentissage réel intervient lorsque l’esprit de compétition a disparu. » Jiddu Krishnamurti



« La vie est une course que je ne veux jamais gagner, je préfère vagabonder et jouir du paysage. » Aditya Chandra



« La compétition apporte le meilleur pour les produits et le pire pour les gens. » David Sarnoff,  RCA



« Dépasser ses limites, c'est témérité et présomption. » Emmanuel Kant



« La bienfaisance consiste à dépasser ses devoirs envers les autres hommes. » Duc de Lévis



« Aimer, c'est se surpasser. » Oscar Wilde



« Dépasser les limites n'est pas un moindre défaut que de rester en deçà. » Confucius



«  S'il existe une réalité qui dépasse le rêve, c'est ceci : Vivre. » Victor Hugo



« Nous devons apprendre aux enfants à vivre ensemble, dans un milieu sans compétition. C'est à travers la rencontre de l'autre que nous nous formons. Sinon, nous ne sommes qu'un vulgaire tas de protons et neutrons. » Albert Jacquard