Qui sommes-nous ?

PRESENTATION

L’association du Chemin du philosophe comporte trois types d’activités :

1)  L’entretien et l’animation du Chemin du philosophe en forêt de Montmorency.

2)  L’organisation de cafés philos, de conférences, d’ateliers de lecture, de sorties à thèmes en forêt.

3)  La maintenance de ce blog qui tient à jour le programme des activités et qui les archive depuis 2008.

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 PROGRAMME DES ACTIVITÉS A JOUR – OUVRIR LE LIEN

Station "L'homme et le cosmos"

Station "L'homme et le cosmos"
Cadran solaire analemmatique - juin 2014

samedi 1 mai 2010

Compte rendu du café philo du 30 avril 2010 : le Mal



Vingt huit personnes ont participé au café philo de Margency ce vendredi 30 avril 2010.
Le bien et le mal sont des concepts moraux humains qui participent à la régulation des sociétés. Ces notions n’existent pas dans le reste du monde vivant. Dans le monde non humain, les luttes pour la survie, le territoire ou les partenaires sexuels, le parastisme, la prédation, tout comme la vie en sociétés, la protection mutuelle, les symbioses sont des mécanismes innés sans libre arbitre a priori. Ces mécanismes constituent des avantages pour la survie des espèces qui ont été sélectionnés au cours de l’évolution.
Le cerveau humain a fait apparaître un saut cognitif dans l’évolution des espèces. L’homo sapiens sapiens sait qu’il sait. La Bible dit qu’il a goûté au fruit de l’arbre de la connaissance. Ses possibilités cognitives lui ont ouvert la voie du libre arbitre, de la responsabilité, de la domination sur la nature et de l’émergence de la technologie. Elles lui ont donné le pouvoir de détruire à grande échelle y compris lui-même. Il peut tuer sans raison ou pour ses utopies. Il peut torturer par plaisir, en général en se réclamant d’une cause vertueuse. La pulsion de mort, selon Freud, reste tapie au fond de son cerveau reptilien. « Homo homini lupus ». Il est pire que le loup. Ces pulsions servies par l’intelligence humaine, génératrice de barbarie, constitueraient de réels dangers pour la survie de l’espèce si elles n’étaient pas régulées par des codes moraux. L’évolution des sociétés humaines a sélectionné de tels codes pour assurer la pérennité de l’espèce.
Le bien et le mal sont ainsi deux concepts moraux qui incluent des préoccupations d’ordre temporel et d’ordre collectif. Un acte n’est pas uniquement bien ou mal ici et maintenant mais en raison des conséquences dans l’avenir et sur l’ensemble de la collectivité. Les humains ont inventé les dieux et les Etats pour légitimer et appliquer des lois morales et civiles destinées à différencier le bien et le mal.
Entre la vie, qui est le symbole du bien absolu, et la mort qui est celui du mal absolu s’étend le vaste spectre de comportements humains qui, selon le point de vue ou l’échelle de temps, peuvent tantôt se classer du côté du mal ou du bien. La bombe atomique sur Hiroshima a été un mal pour les victimes, mais nous a sans doute permis de vivre sans nouvelle guerre mondiale depuis 65 ans. Aujourd’hui 22.000 ogives nucléaires dans le monde menacent ou veillent sur l’humanité. 
De nombreuses actions et comportements humains ne sont reconnaissables comme bons ou mauvais qu’à long terme et globalement. Il en est ainsi des technologies ou des systèmes politiques. La technosphère, par exemple, constitue un facteur progrès en termes de survie et de développement culturel et moral d’une partie de l’humanité. On se rend toutefois compte que ce progrès est très mal partagé parmi les humains et même qu’il augmente le nombre absolu de miséreux sur terre. Il est délétère pour l’ensemble de la biosphère.
Les actions humaines ne sont pas les seules concernées dans notre vision morale du monde. Nous avons aussi tendance à classer dans ces catégories du bien et du mal des phénomènes naturels tels que la beauté et la générosité de la nature, pour le bien, et les catastrophes naturelles et les maladies pour le mal.
Les modèles de pensée religieux, qui ont personnifié le mal sous forme de démons et le bien sous formes de dieux, atteignent leurs limites face aux questions du mal. « Père pourquoi m’as-tu abandonné ? » est le dernier cri du Christ en croix. Les religions, que certains considèrent comme l’opium des peuples, donnent souvent des visions fatalistes du bien et du mal. « La rédemption par la souffrance », prône le christianisme. « C’était écrit », dit l’Islam. « C’est le Karma », « Le bonheur et le malheur ne sont qu’illusions » selon les religions orientales. « La sage prend ses distances », proclame le taoïsme.
Les sociétés archaïques conjuraient le mal en sacrifiant des victimes expiatoires. Les boucs émissaires ont peut-être simplement changé de visage dans les sociétés modernes.
Sophocle fait dire à Antigone qu’il faut préférer les lois des dieux à celles de la cité. Cela était sans doute vrai dans cette histoire où la sœur voulait assurer une sépulture à son frère Polynice contre la volonté du roi Créon. Mais l’histoire montre aussi que bien des tyrannies se réclament des dieux, aujourd’hui encore tout près de nous.
Le bien-être ou la souffrance sont-ils de bons indicateurs pour différencier le bien du mal ? Sans doute pas car le bien-être des uns peut causer la souffrance des autres, et réciproquement.
Le bien-être et la souffrance, le bien et le mal, sont très injustement distribués au sein du vivant en général. Cette injustice fondamentalement inscrite dans la création, prendra toujours en défaut nos représentations rationnelles ou religieuses du monde. Face à Auschwitz en 1945 ou Port au Prince en 2010, la raison s’effondre, on ne peut que crier ou se taire.
L’introduction du concept de complexité dans nos modèles de pensée pourrait contribuer à mieux réguler le monde vers des objectifs de moindre mal ou de moindre souffrance. Cette régulation devrait intégrer la diversité et une complémentarité des approches : politique, juridique, religieuse, technologique, médicale, psychologique, écologique, économique et financière. Elle devrait tenir compte, dans l’analyse des phénomènes conduisant au bien ou au mal, de la multiplicité des causes, de la non-linéarité des enchaînements allant des causes aux effets, des logiques différentes selon les échelles de tailles et de temps. La somme des intérêts particuliers n’est pas l’intérêt général. Réciproquement l’intérêt général ne doit pas faire oublier les malheurs particuliers. La lutte contre la drogue, par la sélection des trafiquants les plus rusés, renforce le marché de celle-ci. La lutte contre le fanatisme religieux le renforce. La surmédiatisation de certains maux, en fait oublier d’autres souvent bien plus graves.
Que resterait-il de notre monde sans les multiples formes du mal ? La créativité artistique, littéraire, l’économie se nourrissent essentiellement de certaines formes du mal.
Il existe peut-être un autre univers où l’évolution se réalise sans le mal et sans la souffrance. Mais ce n’est pas le nôtre. L’hominisation, dont nous sommes les acteurs dans l’évolution du monde, se construira toujours face au mal.
Mani, le père du manichéisme devenu une hérésie éradiquée dans la violence, pensait que notre mission sur terre est de transformer la fatalité du mal en bien. « Il faut arrêter de vitupérer les ténèbres, et allumer une bougie», dit un proverbe chinois.
Voici quelques réflexions entendues au cours du café philo :
Définition du mal
-          Le mal est la non conformité de l’être au devoir être, selon Hegel.
-          Le mal c’est ce qui ne devrait pas être et doit être combattu, selon Ricoeur.
-          Le mal existe sous trois formes selon Leibnitz : physique, moral, métaphysique.
-          Le mal est le résultat d’un jugement.
-          Il existe un mal absolu.
-          Au départ l’être humain n’est ni bon ni mauvais.
-          Tout ce qui est bon dans la vie est illégal, immoral ou fait grossir 
-          Les troubles psychiatriques constituent une part importante du mal.
-          Le mal n’a pas de statut, c’est l’absence de bien.

Causes du mal
-          L’homme est responsable du mal, c’est un moyen par lequel Dieu éduque les hommes, selon certains penseurs chrétiens.
-          Pour les Stoïciens, le bien et le mal vont ensemble.
-          Selon Leibnitz, Dieu a fabriqué le meilleur des mondes possibles.
-          Le monde est imparfait parce que c’est une créature.
-          Le mal est un scandale incompréhensible.
-          Sentiment de supériorité de certains génère souvent le mal.
-          Les valeurs prétendues universelles génèrent souvent le mal.
-          Nous avons souvent des inhibitions face au mal.
-          Le mal est indissociable de la vie en société.
-          Le mal relève du principe fondamental du monde du Yin et du Yang.
-          Loi du profit.
-          Trop d’ordre ou trop de désordre causent le mal.


Remèdes au mal
-          Démocratie.
-          Diversité des points de vues.
-          Respect.
-          Gestion du mal.
-          Éthique de conviction.
-          Se connaître soi et l’autre.
-          Il faut lutter.
-          Le moindre mal aux niveaux individuel et mondial.
-          L’implication personnelle.

dimanche 18 avril 2010

Land art : travailler et méditer




Avec un temps printanier magnifique et un silence aéronautique inhabituel au-dessus du Val-d'Oise, grâce au volcan islandais Eyjafjöll, nous avons mis en œuvre ce projet de land art programmé depuis longtemps sur le thème de l'enracinement. Nos amis Taïwanais de l'association Culture Chinoise, séduits par sa magie l'ont immédiatement inauguré par un exercice de méditation.

vendredi 9 avril 2010

Marcher pour échanger nos pensées et nos amitiés

Ce samedi 18 mai 2010, faisons ensemble un bout de chemin ouvert à tous nos amis et amis d'amis. N'oubliez pas de vous inscrire. Vous recevrez les coordonnées du lieu de rendez-vous. Le covoiturage est possible et souhaité. 



samedi 27 mars 2010

Café philo du vendredi 30 avril 2010 : Le Mal

Compte rendu du Café philo du 26 mars 2010 sur le thème « La Révolte »

Albert Camus (1913-1960)




Vingt cinq personnes ont participé dans la boulangerie Pierol de Margency (95) à cette soirée de réflexion sur le thème de la révolte.
La notion de révolte couvre un large spectre allant de l'indignation vertueuse à l'acte violent.
Les actes de révoltes individuels ou organisés s’inscrivent dans ce spectre : inaction par fatalisme ou force d’inertie, simple récrimination, discours vertueux avec stigmatisation de prétendus responsables, abstention électorale, vote aux extrêmes, désertion, engagements intellectuel, engagement politique, associatif, militant ou religieux, opposition pacifique, action humanitaire, activisme, désobéissance civile, engagement armé et/ou terroriste, sacrifice personnel.
La révolte se réclame en général des valeurs morales telles que la justice ou la compassion ainsi que de la survie ou de la défense d’intérêts personnels.
La révolte est source de renouveau et de création sociale (lutte des minorités, femmes, Luther King), spirituelle (Bouddha, Jésus), artistique (surréalisme), scientifique (Copernic).
La musique peut constituer un support de la révolte : chants révolutionnaires, jazz, beat generation 1950, rock, Brassens, Ferret, Brel, rap. Celle-ci est à la fois instrument éxutoire, de prise de conscience ou de rassemblement. 
Révolte comme phase de la vie, adolescence. Elle participe à la constuction de la personnalité.
Engagement politiques des intellectuels : Sartre, Beauvoir, Aron, Foucault, par exemple. L’intellectuel, selon Sartre, « aide les hommes à soulever ensemble les pierres qui les étouffent ».
Les révoltes discutables: jean déchiré vendu à 320 euros (c’est révoltant...), vestimentation de révolte conformiste, purement verbales, excès verbaux. Révoltes romantiques (tee shirt à l’effigie de Che Guevara). Chants, poésie révolutionnaires. Tag, vandalisme.
Les révoltes suicidaires : L’indivi du seul a peu de chance de voir aboutir sa révolte lorsqu’il est à la merci de pouvoirs discrétionnaires  tels que polices, armées, prisons, régimes totalitaires, admistration, hôpitaux psychiatriques, maisons de retraite. Ces révoltes individuelles ne sont pas vaines mais causent beaucoup de victimes avant d’aboutir.
Révoltes et révolutions sont légitimés ou délégitimés par la suite de l’histoire (résistants, terroristes).
Les arguments et stratégies des révoltés et des contre-révoltés :
Référence à un ordre naturel ou transcendant (esclavage, droit divin, justice)
Dénigrement des parties adverses au nom de la morale par la mise en exergue d’exactions réelles ou imaginées, voire commises par son propre camp.
Les dérives des révoltes et contre-révoltes :
Remplacement d'une tyrannie par une autre.
Dérives de banditisme, de prédation, de violences sexuelles. Les révolutionnaires et les contre-révolutionnaires se reprochent en général mutuellement ces comportements.
Manipulation de révolutionnaires naïfs par des pouvoirs en place pour justifier la répression.
Comment limiter les révoltes violentes
Démocratie, élections, état de droit, séparation des pouvoirs, contrôle des polices et des armées, lutte contre la corruption, le banditisme et le clanisme, liberté des médias, promotion de la société civile.
Comment les états tentent de juguler les révoltes 
L’intimidation, la propagande sécuritaire, la télé et la consommation nouveaux opiums du peuple, la corruption des intellectuels, la criminalisation des révoltés, l’instrumentalisation des religions, la censure, le football, guerre et menace extérieures.
Bilan des révoltes et révolutions
Elles sont nécessaires, elles sont le moteur de l'évolution des sociétés. Elles sacrifient toutefois souvent des victimes, innocentes en majorité, autant parmi les ennemis des révoltés que parmi les révoltés ou leurs affiliés eux-mêmes.
Différences entre révoltes et révolution.
Voici un ensemble d’arguments entendus sur la différence entre révolte et révolution

REVOLTE
REVOLUTION
Camus est pour la révolte contre la révolution
Individuelle et collective
Ouverte à des vérités multiples
Justice, dignité, solidarité sont les garde-fous
Part de ce qui est
Partielle
Optimiste
Objectif pas nécessairement défini
Pas toujours raisonnée
Se remet parfois en cause
Fondement psychologique
Existe des révoltes sourdes
Episodique
Risqué
Sartre défend la révolution
Généralement collective
Se réfère à une idéologie
N’exclut pas la terreur
Part de ce qui sera
Globale
Pas nécessairement optimiste
Objectif parfois défini
Raisonnée par les meneurs
Se remet rarement en cause
Inscrite dans des actes
Existe des révolutions invisibles (technologie)
S’inscrit dans l’histoire.
Risqué

Egalement entendu :
Selon Aron, c’est une hypocrisie (sartrienne) de laisser croire qu’une société peut vivre sans ordre.
La résistance à l’oppression est inscrite dans la loi.
La révolte est souvent retenue par l’entourage.
Actuellement une centaine de cercles de silence se réunissent régulièrement pour protester contre les conditions de vie dans les centres de rétentions administratifs.
L’amour prime(rait) sur la loi, selon le christianisme.
La philosophie orientale recommanderait au sage de ne pas commettre d’acte de révolte, mais de se retirer dans la méditation en attendant d’agir au bon moment.
L’engagement humanitaire est un moyen concret d’exprimer la révolte.
La complexité des sytèmes politiques et économiques fait qu’on ne sait plus contre qui se révolter. Il est difficile de mener une révolte contre les banques ou les lobbies industriels.
Se révolter c’est exister.
Le testament de Gandhi, c’est sa vie.
La révolte n’est pas une fin en soi.

mercredi 3 mars 2010

Risquons-nous de passer à côté de notre vie ?



En marge du café philo du 26 février sur ce thème, écoutons Pablo Neruda :


« L'enfant qui ne joue pas n'est pas un enfant, mais l'homme qui ne joue pas a perdu à jamais l'enfant qui vivait en lui et qui lui manquera beaucoup.»
 

 Pablo Neruda : J'avoue que j'ai vécu

IL MEURT LENTEMENT CELUI QUI...

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu.

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les cœurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!
Risque-toi aujourd'hui!
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement!
Ne te prive pas d'être heureux!

  
Pablo Neruda «Prix Nobel de Littérature 1971»

samedi 30 janvier 2010

Café philo du 29 janvier 2010 - compte rendu



"Je suis un Brésilien de pure race, c'est-à-dire un mélange de Portugais, de Noir, d'Indien, d'Italien, peut-être aussi d'Allemand et de Juif" (Jorge Amado)

Nos identités sont-elles multiples ?

Plus de 40 personnes, dont un bon nombre de nouveaux participants, se sont réunies ce vendredi 29 janvier 2010 dans la boulangerie-pâtisserie Piérol de Margency. Comme chaque fois, nous avons été chaleureusement accueillis par Aurélia et Antony. Il convient de les remercier pour le supplément de travail que nous leur causons. Voici un essai de synthèse des réflexions qui ont  fusé au cours de cette soirée très animée.
L’identité nationale, en débat aujourd’hui en France pour des raisons de stratégies politiques et électorales, n’est qu’un des aspects du concept d’identité.
La différenciation et les interactions du soi et du non-soi sont à la base de toute création et de toute évolution. « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre » dit le livre de la Genèse. Des entités porteuses d’identités propres existent à toutes les échelles de tailles de la matière inerte, des êtres vivants et des organisations d’origines humaines.
Les identités sont caractérisées par une multiplicité d’aspects et propriétés.
Toute entité est tributaire pour sa survie des autres entités du même type ainsi que de ses rapports avec les entités sous- et sur-ordonnées. Elles se construisent par influences réciproques, mélanges, métamorphoses et évolutions individuelles ou collectives.
Le soi et le non-soi sont plus ou moins imbriqués selon le point de vue et les échelles d’observation. Exemples, les symbioses, les cultures, les langues, les races, les groupes sociaux.
Dans les systèmes complexes, le phénomène d’émergence fait apparaître des propriétés et des identités souvent imprévisibles.
Les identités humaines sont caractérisées par deux échelles de tailles et de fonctionnement : l’individuelle et la collective.
L’identité de l’individu est la résultante de son patrimoine génétique, de sa formation par son environnement, des hasards de la vie et de son libre-arbitre. Le poids respectif de chacune de ces composantes est essentiellement variable au cours de la vie et d’un individu à l’autre. L'identité évolue au cours de la vie. Elle est aussi fonction, à tort ou à raison, du regard de l’autre  sur la personne et sa collectivité d'appartenance. Mais on perd son âme lorsqu’on n’existe que par le regard de l’autre. Il y a un équilibre à trouver entre l’être et le paraître.
Des identités collectives ont toujours émergé et structuré naturellement les groupes humains (sang, famille, clan, nations, religion, travail). Elles représentent pour les individus, globalement et à long terme, des avantages sélectifs dans le domaine de l’espérance de vie, de la sécurité, de la transmission de savoirs et de la mise en commun des ressources matérielles. Les identités collectives font le plus souvent appel à des normes relativement rigoureuses et sont, dans ce sens, moins complexes à caractériser que des identités individuelles. Ces identités collectives génèrent des hiérarchies sociales plus ou moins avantageuses ou contraignantes pour l’individu. Les religions ou les Etats, pour l’essentiel, contribuent à donner du sens à la vie de chacun et faciliter le vivre-ensemble. Ces identités collectives s’appuient souvent sur la désidentification et la distanciation, voir l’inimitié par rapport aux autres identités. A l’intérieur, ce sont souvent encore des instruments de pouvoir, voire d’oppression et de domination au service de clans particuliers. Certaines identités sont meurtrières, selon Amin Maalouf.
Tout comme les espèces vivantes, les identités collectives ont sans cesse évolué au cours de l’histoire par l’équilibre instable entre le repli sur le soi et le mélange avec le non-soi.
La conception traditionnelle du soi dans le domaine social est appelée à de profondes révisions par la mondialisation des déplacements rapides d’humains, de savoirs, d’informations et de marchandises.

Une partie du débat a porté sur les différences subtiles de sens des termes soi, identité, personnalité, caractéristique, caractérisation.
Des similarités ont été vues entre les problèmes d’intégration des populations immigrées et les chocs culturels lors de fusions de grandes entreprises.
La peur de perte des repères a fait l’objet de nombreux développements.

Quelques remarques notées au passage :
Le Je c’est le jeu de chacun.
Le Je n’a qu’un sens grammatical.
Le code génétique est différent du soi.
Le soi est un invariant.
Le droit structure les identités.
Les Allemands de l’Est ont toujours des problèmes d’identité, vingt ans après la chute du Mur.
La dégradation de la langue française est un signe de la dissolution des identités.
Les enfants adoptés perdent-ils une partie de leur identité ?
L’identité individuelle est la somme des identités collectives acceptées par chacun.
L’école nous construit.
Je voyage beaucoup, je ne vois ni la couleur ni la religion des gens.
La laïcité et la république sont des instruments efficaces de gestion des identités.

dimanche 17 janvier 2010

Port-au-Prince 2010 – Lisbonne 1755



Le 1er novembre 1755, un tremblement de terre, suivi d'un raz-de-marée et d'incendies, ravagea Lisbonne. On compta 30.000 victimes. Voltaire, composa le « POÈME SUR LE DÉSASTRE DE LISBONNE OU EXAMEN DE CET AXIOME :"TOUT EST BIEN" ». Il y réfute les thèses optimistes défendues par Leibniz, Pope et Wolf, qui affirment que le monde créé par Dieu est organisé par la Providence de manière à ce qu'un Mal nécessaire soit compensé par un Bien toujours plus grand. Ce poème avait attisé un vif débat entre Voltaire et Rousseau, consultable sur http://www.site-magister.com/volrous2.htm.
Voici le début du poème :
O malheureux mortels! ô terre déplorable!
O de tous les mortels assemblage effroyable!
D'inutiles douleurs éternel entretien!
Philosophes trompés qui criez: "Tout est bien"
Accourez, contemplez ces ruines affreuses
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l'un sur l'autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l'horreur des tourments leurs lamentables jours!
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous: "C'est l'effet des éternelles lois
Qui d'un Dieu libre et bon nécessitent le choix"?
.....

vendredi 1 janvier 2010

Meilleurs voeux 2010


Meilleurs voeux pour 2010 à tous les amis présents et futurs ainsi qu'à la sagesse rencontrés sur le Chemin du philosophe.