dimanche 18 avril 2010
Land art : travailler et méditer
Avec un temps printanier magnifique et un silence aéronautique inhabituel au-dessus du Val-d'Oise, grâce au volcan islandais Eyjafjöll, nous avons mis en œuvre ce projet de land art programmé depuis longtemps sur le thème de l'enracinement. Nos amis Taïwanais de l'association Culture Chinoise, séduits par sa magie l'ont immédiatement inauguré par un exercice de méditation.
vendredi 9 avril 2010
Marcher pour échanger nos pensées et nos amitiés
Ce samedi 18 mai 2010, faisons ensemble un bout de chemin ouvert à tous nos amis et amis d'amis. N'oubliez pas de vous inscrire. Vous recevrez les coordonnées du lieu de rendez-vous. Le covoiturage est possible et souhaité.
samedi 27 mars 2010
Compte rendu du Café philo du 26 mars 2010 sur le thème « La Révolte »
Albert Camus (1913-1960)
Vingt cinq personnes ont participé dans la boulangerie Pierol de Margency (95) à cette soirée de réflexion sur le thème de la révolte.
La notion de révolte couvre un large spectre allant de l'indignation vertueuse à l'acte violent.
Les actes de révoltes individuels ou organisés s’inscrivent dans ce spectre : inaction par fatalisme ou force d’inertie, simple récrimination, discours vertueux avec stigmatisation de prétendus responsables, abstention électorale, vote aux extrêmes, désertion, engagements intellectuel, engagement politique, associatif, militant ou religieux, opposition pacifique, action humanitaire, activisme, désobéissance civile, engagement armé et/ou terroriste, sacrifice personnel.
La révolte se réclame en général des valeurs morales telles que la justice ou la compassion ainsi que de la survie ou de la défense d’intérêts personnels.
La révolte est source de renouveau et de création sociale (lutte des minorités, femmes, Luther King), spirituelle (Bouddha, Jésus), artistique (surréalisme), scientifique (Copernic).
La musique peut constituer un support de la révolte : chants révolutionnaires, jazz, beat generation 1950, rock, Brassens, Ferret, Brel, rap. Celle-ci est à la fois instrument éxutoire, de prise de conscience ou de rassemblement.
Révolte comme phase de la vie, adolescence. Elle participe à la constuction de la personnalité.
Engagement politiques des intellectuels : Sartre, Beauvoir, Aron, Foucault, par exemple. L’intellectuel, selon Sartre, « aide les hommes à soulever ensemble les pierres qui les étouffent ».
Les révoltes discutables: jean déchiré vendu à 320 euros (c’est révoltant...), vestimentation de révolte conformiste, purement verbales, excès verbaux. Révoltes romantiques (tee shirt à l’effigie de Che Guevara). Chants, poésie révolutionnaires. Tag, vandalisme.
Les révoltes suicidaires : L’indivi du seul a peu de chance de voir aboutir sa révolte lorsqu’il est à la merci de pouvoirs discrétionnaires tels que polices, armées, prisons, régimes totalitaires, admistration, hôpitaux psychiatriques, maisons de retraite. Ces révoltes individuelles ne sont pas vaines mais causent beaucoup de victimes avant d’aboutir.
Révoltes et révolutions sont légitimés ou délégitimés par la suite de l’histoire (résistants, terroristes).
Les arguments et stratégies des révoltés et des contre-révoltés :
Référence à un ordre naturel ou transcendant (esclavage, droit divin, justice)
Dénigrement des parties adverses au nom de la morale par la mise en exergue d’exactions réelles ou imaginées, voire commises par son propre camp.
Les dérives des révoltes et contre-révoltes :
Remplacement d'une tyrannie par une autre.
Dérives de banditisme, de prédation, de violences sexuelles. Les révolutionnaires et les contre-révolutionnaires se reprochent en général mutuellement ces comportements.
Manipulation de révolutionnaires naïfs par des pouvoirs en place pour justifier la répression.
Comment limiter les révoltes violentes
Démocratie, élections, état de droit, séparation des pouvoirs, contrôle des polices et des armées, lutte contre la corruption, le banditisme et le clanisme, liberté des médias, promotion de la société civile.
Comment les états tentent de juguler les révoltes
L’intimidation, la propagande sécuritaire, la télé et la consommation nouveaux opiums du peuple, la corruption des intellectuels, la criminalisation des révoltés, l’instrumentalisation des religions, la censure, le football, guerre et menace extérieures.
Bilan des révoltes et révolutions
Elles sont nécessaires, elles sont le moteur de l'évolution des sociétés. Elles sacrifient toutefois souvent des victimes, innocentes en majorité, autant parmi les ennemis des révoltés que parmi les révoltés ou leurs affiliés eux-mêmes.
Différences entre révoltes et révolution.
Voici un ensemble d’arguments entendus sur la différence entre révolte et révolution
REVOLTE | REVOLUTION |
Camus est pour la révolte contre la révolution Individuelle et collective Ouverte à des vérités multiples Justice, dignité, solidarité sont les garde-fous Part de ce qui est Partielle Optimiste Objectif pas nécessairement défini Pas toujours raisonnée Se remet parfois en cause Fondement psychologique Existe des révoltes sourdes Episodique Risqué | Sartre défend la révolution Généralement collective Se réfère à une idéologie N’exclut pas la terreur Part de ce qui sera Globale Pas nécessairement optimiste Objectif parfois défini Raisonnée par les meneurs Se remet rarement en cause Inscrite dans des actes Existe des révolutions invisibles (technologie) S’inscrit dans l’histoire. Risqué |
Egalement entendu :
Selon Aron, c’est une hypocrisie (sartrienne) de laisser croire qu’une société peut vivre sans ordre.
La résistance à l’oppression est inscrite dans la loi.
La révolte est souvent retenue par l’entourage.
Actuellement une centaine de cercles de silence se réunissent régulièrement pour protester contre les conditions de vie dans les centres de rétentions administratifs.
L’amour prime(rait) sur la loi, selon le christianisme.
La philosophie orientale recommanderait au sage de ne pas commettre d’acte de révolte, mais de se retirer dans la méditation en attendant d’agir au bon moment.
L’engagement humanitaire est un moyen concret d’exprimer la révolte.
La complexité des sytèmes politiques et économiques fait qu’on ne sait plus contre qui se révolter. Il est difficile de mener une révolte contre les banques ou les lobbies industriels.
Se révolter c’est exister.
Le testament de Gandhi, c’est sa vie.
La révolte n’est pas une fin en soi.
jeudi 25 mars 2010
jeudi 4 mars 2010
mercredi 3 mars 2010
Risquons-nous de passer à côté de notre vie ?
En marge du café philo du 26 février sur ce thème, écoutons Pablo Neruda :
« L'enfant qui ne joue pas n'est pas un enfant, mais l'homme qui ne joue pas a perdu à jamais l'enfant qui vivait en lui et qui lui manquera beaucoup.»
Pablo Neruda : J'avoue que j'ai vécu
IL MEURT LENTEMENT CELUI QUI...Pablo Neruda : J'avoue que j'ai vécu
Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu.
Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les cœurs blessés
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.
Vis maintenant!
Risque-toi aujourd'hui!
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement!
Ne te prive pas d'être heureux!
Pablo Neruda «Prix Nobel de Littérature 1971»
dimanche 7 février 2010
samedi 30 janvier 2010
Café philo du 29 janvier 2010 - compte rendu
"Je suis un Brésilien de pure race, c'est-à-dire un mélange de Portugais, de Noir, d'Indien, d'Italien, peut-être aussi d'Allemand et de Juif" (Jorge Amado)
Nos identités sont-elles multiples ?
Plus de 40 personnes, dont un bon nombre de nouveaux participants, se sont réunies ce vendredi 29 janvier 2010 dans la boulangerie-pâtisserie Piérol de Margency. Comme chaque fois, nous avons été chaleureusement accueillis par Aurélia et Antony. Il convient de les remercier pour le supplément de travail que nous leur causons. Voici un essai de synthèse des réflexions qui ont fusé au cours de cette soirée très animée.
L’identité nationale, en débat aujourd’hui en France pour des raisons de stratégies politiques et électorales, n’est qu’un des aspects du concept d’identité.
La différenciation et les interactions du soi et du non-soi sont à la base de toute création et de toute évolution. « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre » dit le livre de la Genèse. Des entités porteuses d’identités propres existent à toutes les échelles de tailles de la matière inerte, des êtres vivants et des organisations d’origines humaines.
Les identités sont caractérisées par une multiplicité d’aspects et propriétés.
Toute entité est tributaire pour sa survie des autres entités du même type ainsi que de ses rapports avec les entités sous- et sur-ordonnées. Elles se construisent par influences réciproques, mélanges, métamorphoses et évolutions individuelles ou collectives.
Le soi et le non-soi sont plus ou moins imbriqués selon le point de vue et les échelles d’observation. Exemples, les symbioses, les cultures, les langues, les races, les groupes sociaux.
Dans les systèmes complexes, le phénomène d’émergence fait apparaître des propriétés et des identités souvent imprévisibles.
Les identités humaines sont caractérisées par deux échelles de tailles et de fonctionnement : l’individuelle et la collective.
L’identité de l’individu est la résultante de son patrimoine génétique, de sa formation par son environnement, des hasards de la vie et de son libre-arbitre. Le poids respectif de chacune de ces composantes est essentiellement variable au cours de la vie et d’un individu à l’autre. L'identité évolue au cours de la vie. Elle est aussi fonction, à tort ou à raison, du regard de l’autre sur la personne et sa collectivité d'appartenance. Mais on perd son âme lorsqu’on n’existe que par le regard de l’autre. Il y a un équilibre à trouver entre l’être et le paraître.
Des identités collectives ont toujours émergé et structuré naturellement les groupes humains (sang, famille, clan, nations, religion, travail). Elles représentent pour les individus, globalement et à long terme, des avantages sélectifs dans le domaine de l’espérance de vie, de la sécurité, de la transmission de savoirs et de la mise en commun des ressources matérielles. Les identités collectives font le plus souvent appel à des normes relativement rigoureuses et sont, dans ce sens, moins complexes à caractériser que des identités individuelles. Ces identités collectives génèrent des hiérarchies sociales plus ou moins avantageuses ou contraignantes pour l’individu. Les religions ou les Etats, pour l’essentiel, contribuent à donner du sens à la vie de chacun et faciliter le vivre-ensemble. Ces identités collectives s’appuient souvent sur la désidentification et la distanciation, voir l’inimitié par rapport aux autres identités. A l’intérieur, ce sont souvent encore des instruments de pouvoir, voire d’oppression et de domination au service de clans particuliers. Certaines identités sont meurtrières, selon Amin Maalouf.
Tout comme les espèces vivantes, les identités collectives ont sans cesse évolué au cours de l’histoire par l’équilibre instable entre le repli sur le soi et le mélange avec le non-soi.
La conception traditionnelle du soi dans le domaine social est appelée à de profondes révisions par la mondialisation des déplacements rapides d’humains, de savoirs, d’informations et de marchandises.
Une partie du débat a porté sur les différences subtiles de sens des termes soi, identité, personnalité, caractéristique, caractérisation.
Des similarités ont été vues entre les problèmes d’intégration des populations immigrées et les chocs culturels lors de fusions de grandes entreprises.
La peur de perte des repères a fait l’objet de nombreux développements.
Quelques remarques notées au passage :
Le Je c’est le jeu de chacun.
Le Je n’a qu’un sens grammatical.
Le code génétique est différent du soi.
Le soi est un invariant.
Le droit structure les identités.
Les Allemands de l’Est ont toujours des problèmes d’identité, vingt ans après la chute du Mur.
La dégradation de la langue française est un signe de la dissolution des identités.
Les enfants adoptés perdent-ils une partie de leur identité ?
L’identité individuelle est la somme des identités collectives acceptées par chacun.
L’école nous construit.
Je voyage beaucoup, je ne vois ni la couleur ni la religion des gens.
La laïcité et la république sont des instruments efficaces de gestion des identités.
dimanche 17 janvier 2010
Port-au-Prince 2010 – Lisbonne 1755
Le 1er novembre 1755, un tremblement de terre, suivi d'un raz-de-marée et d'incendies, ravagea Lisbonne. On compta 30.000 victimes. Voltaire, composa le « POÈME SUR LE DÉSASTRE DE LISBONNE OU EXAMEN DE CET AXIOME :"TOUT EST BIEN" ». Il y réfute les thèses optimistes défendues par Leibniz, Pope et Wolf, qui affirment que le monde créé par Dieu est organisé par la Providence de manière à ce qu'un Mal nécessaire soit compensé par un Bien toujours plus grand. Ce poème avait attisé un vif débat entre Voltaire et Rousseau, consultable sur http://www.site-magister.com/volrous2.htm.
Voici le début du poème :
O malheureux mortels! ô terre déplorable!
O de tous les mortels assemblage effroyable!
D'inutiles douleurs éternel entretien!
Philosophes trompés qui criez: "Tout est bien"
Accourez, contemplez ces ruines affreuses
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l'un sur l'autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l'horreur des tourments leurs lamentables jours!
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous: "C'est l'effet des éternelles lois
Qui d'un Dieu libre et bon nécessitent le choix"?
O de tous les mortels assemblage effroyable!
D'inutiles douleurs éternel entretien!
Philosophes trompés qui criez: "Tout est bien"
Accourez, contemplez ces ruines affreuses
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l'un sur l'autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l'horreur des tourments leurs lamentables jours!
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous: "C'est l'effet des éternelles lois
Qui d'un Dieu libre et bon nécessitent le choix"?
.....
La suite sur http://athena.unige.ch/athena/voltaire/volt_lis.html
vendredi 8 janvier 2010
vendredi 1 janvier 2010
Meilleurs voeux 2010
Meilleurs voeux pour 2010 à tous les amis présents et futurs ainsi qu'à la sagesse rencontrés sur le Chemin du philosophe.
lundi 21 décembre 2009
Bilan 2009 du Chemin du Philosophe
RAPPEL
Le Chemin du Philosophe en forêt domaniale de Montmorency (Val d'Oise), d'une longueur de 2,5 km, est un chemin de sérénité et d'activités dédiées à l’histoire, l’art et la philosophie.
Il comporte onze étapes de méditation marquées par des panneaux de citations et de textes philosophiques.
ACTIVITES DE L’ANNEE 2009
Notre association, qui existe depuis 2004, a mené en 2009 plusieurs activités grâce au bénévolat et au soutien de ses adhérents et de ses sympathisants :
deux ateliers de land art pour réaliser un "chemin du destin" serpentant dans la forêt près du cimetière de Bosc ; sept sorties à thème (philosophique, historique, botanique, contes) ; participation aux conférences d’Antoine Da Sylva sur Bosc et la Révolution française dont l’association a édité le livre en 2008; sept séances de contes pour enfants et adultes ; nombreuses visites de notre Chemin du Philosophe notamment par le Préfet et le Sous-Préfet , les directeurs des Parcs et Jardins de l’Ile-de-France, par des journalistes, par d’autres associations ; l'Assemblée générale et fête de l'association en juin à Bois Corbon ; coopérations avec les institutions (Musée JJ. Rousseau de Montmorency, Conseil Général du Val d'Oise, ONF, Comité du Patrimoine de la forêt de Montmorency, CODEVOTA, Centre Georges Brassens à Domont) ; réédition d'une brochure de 12 pages ; tenue à jour du site internet http://pagesperso-orange.fr/cheminphilo et de ce blog; huit séances de cafés philo à Domont et à Margency réunissant chaque mois une trentaine de personnes ; réalisation et entretien de la sculpture Humanité par Michel Leclercq avec les contributions des adhérents (à terme d’autres œuvres sont envisagées) ; réalisation d'un film sur cette sculpture visible sur le site internet.
Nous estimons que près de 800 personnes ont participé à nos activités directement, deux mille ont visité les deux sites internet, et plusieurs milliers de promeneurs ont vu les aménagements en forêt domaniale de Montmorency.
PROJETS POUR l'ANNEE 2010 :
Poursuite des activités mentionnées ci-dessus. Sont déjà programmés en 2010 :
-des cafés philo mensuels à Margency tout au long de l'année,
-des ateliers land art
- des sorties historiques
- des promenades botaniques
- l’AG et la fête annuelle le samedi 12 juin
- des séances de contes
- l’appel d’offre et la collecte de fonds pour une nouvelle sculpture.
Pensez à soutenir notre action et notre association en adhérant ou en renouvelant votre cotisation annuelle de 15 euros. Formulaire. Les dons pour les oeuvres d'art donnent droit à un reçu et à une réduction d'impôts de 60 %.
Le concept du Chemin du philosophe est libre de droits. Ce serait une bonne idée d'en créer ailleurs, notamment en zones urbaines, voire là où un surplus de raison et de coeur serait nécessaire. Si vous le souhaitez, nous pouvons vous conseiller. Ecrivez-nous.
Le développement durable passe aussi par la philosophie.
vendredi 18 décembre 2009
samedi 28 novembre 2009
Café philo du 27 novembre 2009 - compte rendu
Ce 27 novembre 2009 au café philo de la boulangerie Piérol de Margency (95), 27 personnes ont tenté de répondre à la question : Pourquoi des régimes autoritaires ? Cette question a été examinée selon deux types d’approches : l’anthropologique et la politico-historique.
Quelques penseurs de l’autoritarisme
Etienne de la Boétie (1530-1563) auteur du Discours sur la servitude volontaire, stigmatise la complaisance du peuple vis-à-vis des tyrans due à la peur et l’engourdissement de la pensée. Montesquieu (1689-1755) est l'un des penseurs de l'organisation politique et promoteur de la séparation des pouvoirs sur laquelle les démocraties modernes s'appuient. Gérard Mendel (1930-2004) est le père de la sociopsychanalyse qui propose une explication psychanalytique de la soumission à l’autorité par la peur archaïque et le besoin de protection profondément ancrés dans la psyché. Les régimes autoritaires sont liés aux structures patriarcales et connaissent aujourd’hui un déclin avec celui de la figure paternelle. (L’émancipation de la femme est-elle la cause ou l’effet de démocratisation des sociétés ?)
Les régimes autoritaires aujourd’hui
Trente pays entre 1974 et 1990 connaissent un mouvement de transition vers la démocratie. Cette vague succède à deux autres mouvements vers la démocratie. Le premier des années 1820 à l’année 1926 : 29 démocraties voient le jour. Ce mouvement est interrompu par la naissance de régimes autoritaires, à la fin des années 20 et au début des années 30. La deuxième vague a lieu après la deuxième guerre mondiale : en 1962, on compte ainsi 36 démocraties.
Cette troisième vague de démocratisation correspond à l’effondrement d’un certain nombre de régimes autoritaires en Europe occidentale (au Portugal en 1974, en Grèce la même année, en Espagne en 1975), en Amérique Latine (Pérou en 1980, Argentine à partir de 1982 et la guerre des Malouines, Uruguay en 1983, Brésil en 1984), en Asie du Sud-Est (aux Philippines en 1986, en Corée du Sud en 1987, et, dans une certaine mesure, à Taïwan l’année d’après). Elle est également évidemment liée à l’effondrement du système totalitaire soviétique en Europe de l’Est, à partir de la fin des années 80.
Si ces régimes autoritaires se sont effondrés, c’est parce qu’ils ont fini par manquer de légitimité aux yeux de leurs populations, et avant tout aux yeux des élites. Certes, il existe d’autres facteurs : la croissance économique sans précédent des années 60, l’évolution de l’Eglise catholique, particulièrement depuis Vatican II, qui est devenue une force d’opposition à l’autoritarisme, enfin les changements dans les politiques étrangères des Etats-Unis et de la Communauté européenne. Mais le manque de légitimité paraît premier.
Démocratie, autoritarisme, totalitarisme
Les frontières entre ces régimes politiques sont floues, on peut les schématiser par les caractères suivants :
Démocratie : séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ; alternance du pouvoir ; suffrage universel, état de droit, société civile.
Régime autoritaire : pluralisme limité, idéologie mal définie, faible mobilisation, oligarchie, clanisme, clientélisme, état policier, ennemis internes et externes, dans certains cas, soutien des démocraties occidentales car constituerait un moindre mal.
Régimes totalitaires : idéologie visant à transformer l’homme (nazisme, marxisme-léninisme), collectivisme, imbrication des pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire, endoctrinement, absence de liberté des médias, mainmise sur la culture, état policier, militarisme, camps de concentrations, internements psychiatriques, ennemis internes et externes.
Quelques paroles entendues
La démocratie a besoin d’autorité pour fonctionner. Une certaine coercition est légitime.
Le régime soviétique s’est effondré parce qu’en face il y avait de belles voitures.
La peur fonde l’autorité : de la mort, de la maladie, de la misère, de l’ennemi (réel ou imaginaire), de la sanction.
L’autorité est le premier de degré de l’hypnose.
L’autoritarisme ne manquera jamais de sbires qui exécutent les basses œuvres.
De nombreux dominants possèdent un réel charisme qui transforme l’autoritarisme en séduction.
Les médias et les technologies de communication modernes contribuent à libérer les peuples de la tyrannie.
Certaines cultures semblent plus enclines que d’autres à accepter l’autoritarisme ou le totalitarisme.
A la chute du communisme en, certains jeunes se sont sentis désemparés et ont rejoint des mouvements extrémistes.
Les puissants ont souvent un réel sentiment, éventuellement pathologique, de supériorité.
Jean-Paul II disait aux Polonais : « N’ayez pas peur ! »
L’autorité peut être un guide. Elle peut être contractuelle. L’autorité n’est pas qu’un rapport de force.
Le droit doit être la valeur suprême.
Beaucoup de femmes ne divorcent pas par peur de la liberté.
Il y a un compromis à trouver entre liberté et sécurité.
Les démocraties occidentales ne sont pas à l’abri de dérives autoritaires en contradiction avec les principes affichés. La régulation du pouvoir dans les démocraties doit se faire aussi par la société civile, c’est-à dire par des organisations non gouvernementales et non commerciales.
vendredi 20 novembre 2009
Journée mondiale de la philosophie
L'UNESCO, l'association Philolab, l'Université Paris 12, l'IUFM de Créteil et le magazine Sciences Humaines ont marqué la journée mondiale de la philosophie par "Les Rencontres sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques", les 18 et 19 novembre 2009 à l'UNESCO, Paris. "Et si l'on philosophait autrement ? " telle était la question débattue par quelques centaines de participants qui se sont répartis en plusieurs ateliers. Ces ateliers ont abordé les thèmes de la philosophie dans les écoles, dans la cité, dans les milieux médicaux-sociaux, dans les entreprises, au théâtre ou dans les cafés philo. Philolab et ses partenaires se proposent de prolonger le travail de réflexion autour de ces thèmes tout au long de l'année à venir dans le cadres de groupes de travail ouverts. L'UNESCO conduit un travail délicat et méritoire à l'échelle mondiale de réflexion philosophique sur les droits humains, la place des femmes, l'éthique, la pauvreté...
Notre Chemin du Philosophe, pour sa part, semble bien constituer une des manières de philosopher autrement, en surprenant de nombreux promeneurs au coin du bois....
dimanche 8 novembre 2009
Plantation d'un ginkgo biloba
Ce dimanche d'automne, avec les faveurs de la météo, une bonne vingtaine de personnes ont participé et assisté à la plantation d'un ginkgo biloba au milieu de la sculpture "Humanité". Michel Leclercq, son auteur, avait fait le voyage de Bretagne pour l'occasion. Une "bouteille à la terre", contenant des messages de participants a été enfouie à côté de l'arbre. Elle est censée garder la mémoire pour un futur lointain de cette opération et du sens que chacun lui donne. Voici un des textes scellés dans cette bouteille, à côté d'autres, dont le poème Goethe sur le ginkgo :
Ginkgo biloba
Ce ginkgo biloba, d’une taille de trois mètres, a été planté le dimanche après-midi du 8 novembre 2009 par les représentants de l‘association du Chemin du philosophe au pied de la sculpture « Humanité » de Michel Leclercq.
La sculpture est implantée depuis le mois de juin 2009 sur la station du Chemin du philosophe dédiée à « L’Homme et la nature ». Le chemin du philosophe est un parcours de méditation dans la forêt domaniale de Montmorency créé à partir de 2004.
En ce début de 21ème siècle l’humanité se montre préoccupée par les menaces qu’elle fait peser sur l’écosystème, son climat et sa biodiversité.
Puisse ce ginkgo biloba, dont l’existence de l’espèce remonte à 250 millions d’années, constituer longtemps un hymne à la vie !
La cérémonie a été conclue par un goûter fort convivial approvisionné grâce aux talents pâtissiers des uns et des autres.
mardi 3 novembre 2009
dimanche 1 novembre 2009
Café philo du 30 octobre 2009 : compte rendu
Le langage trahit-il la pensée ? a été le thème de ce café philo qui a réuni dans la nouvelle boulangerie Piérol de Margency (95), une trentaine de personnes auxquelles le jeune directeur, Antony, a réservé un accueil chaleureux et généreux.
Pour cadrer le débat, les définitions et problématiques suivantes ont été retenues. Le langage au sens large constitue la faculté de communication ; au sens restreint, celle d’expression de la pensée. La pensée s’élabore à l’intérieur de l’être humain, elle est constituée d’idées et de réflexions. Trahir revêt au moins deux sens : être déloyal ou révéler ce qu’on voudrait cacher.
Les différents sens possibles de cette question indiquent en soi les ambiguïtés du langage.
Quatre problématiques apparaissent :
- Les rapports du langage et de la pensée ; le langage apprauvrit-il ou déforme-t-il la pensée ?
- Les rapports du langage conscient et de la pensée inconsciente : le langage révèle-t-il une pensée cachée ?
- La nature même du langage : le langage est-il par essence équivoque, voire trompeur ?
- Les utilisations du langage : le langage permet-il des abus volontairement ?
Types de langages
Il existe différents types de langages : parlé, écrit, artistique, mathématique. Ils s’expriment selon différents modes : narratifs, métaphoriques, poétiques, humoristiques, religieux, incantatoires, axiomatiques. Les moyens de diffusion sont la parole, l’imprimé, le cinéma, internet. Le support crée le langage. Le média constitue parfois une grande partie du message, comme dans le cas de la publicité ou la politique. Les objets de la vie courante sont éléments de langage, selon Jean Baudrillard dans Le système des objets publié en 1968.
Le langage créateur
Le langage dit et crée la réalité.
Le langage et la pensée coévoluent. L’homo sapiens sapiens sait qu’il sait. Son langage et sa pensée sont capables de se dire eux-mêmes par des métalangages, donc de s’auto-générer.
« Il y a interaction entre langage et pensée. Un langage organisé agit sur l'organisation de la pensée, et une pensée organisée agit sur l'organisation du langage. » (Ahmad Amin)Les langages permettent l’émergence de pensées collectives. Ils relient et divisent les humains.
« Le langage structure tout de la relation inter-humaine. » (Jacques Lacan)Les langages se comportent comme des espèces vivantes. Ils évoluent dans le temps, dans l’espace et selon les groupes sociaux.
« Babel est un accomplissement de la véritable destinée des hommes. La dispersion est plutôt une bénédiction, dans le sens où aller aux antipodes, essaimer est la vocation humaine même. » (Claude Hagège).L’extinction actuelle des langues minoritaires constitue une menace pour l’humanité, au même titre que la perte de la biodiversité animale et végétale.
Les langages spécifiques
- Le rêve est un langage.
- L’inconscient est structuré comme un langage, selon Jacques Lacan.
- La violence est souvent l’expression de l’impossibilité de communiquer par les mots.
- Les statistiques expriment en chiffres des réalités complexes qui ne sont pas nécessairement quantifiables. Elles révèlent par contre et mettent en perspective des réalités non immédiatement perceptibles.
- L’hypo- et l’hypercorrection du langage représentent les styles et les manières de s’exprimer de groupes sociaux qui leur permettent de se distinguer les uns des autres. Elles constituent les habits et déguisements linguistiques des individus et des groupes.
- Le politiquement correct est un style de langage, en cours notamment dans les institutions, utilisant des périphrases euphémisantes et bien-pensantes. Par réaction, il a engendré le politiquement incorrect dans les discours populistes.
Les limites du langage
« Nous échouons à traduire entièrement ce que notre âme ressent : la pensée demeure incommensurable avec le langage. » (Henri Bergson)
« La richesse du réel déborde chaque langage, chaque structure logique, chaque éclairage conceptuel.» (Ilya Prigogine)
Le langage est trompeur
« Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l'apparence de la solidité à ce qui n'est que vent. » (George Orwell)
« La philosophie est une lutte contre la manière dont le langage ensorcelle notre intelligence.» (Ludwig Wittgenstein)Les jargons spécifiques, fédérateurs et créateurs dans un premier temps, enferment les scientifiques, les religieux, les idéologues, les entreprises, tout comme les "sauvageons des banlieues".
Le charabia constitue le stade ultime de dégénérescence de ces jargons en causant, dans certains cas, des dégâts humains.
Chaque concept est entouré pour chaque individu d’un halo de connotations différentes qui en déterminent le sens. La perception d’un message n’est pas nécessairement la même entre l’émetteur et le récepteur. Il en résulte parfois des conflits.
« Le vrai et le faux sont des attributs du langage, non des choses. Et là où il n'y a pas de langage, il n'y a ni vérité, ni fausseté. » (Thomas Hobbes)
"Le meilleur de nos convictions ne peut se traduire par des paroles. Le langage n'est pas apte à tout". (Johann Wolfgang von Goethe)
Conclusion
« Nous avons un devoir moral de parler avec rigueur. Nous sommes responsables de notre parole. » (Catherine Delaunay)
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