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Cadran solaire analemmatique - juin 2014

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NOS CAFÉS PHILO

Nos cafés philo fonctionnent selon les principes de respect des intelligences, de neutralité et de partage

énoncés, par exemple, sous l'onglet "Qu'est-ce?" du site de cafesphilo.org ou la vidéo

en général les derniers vendredis du mois, sauf pendant les vacances scolaires

A 20 heures, 11 rue Ferdinand Lesseps à 95570 Bouffémont Plan

(Photo +Parking derrière l’immeuble de la Poste)

La participation est libre.

Prochains cafés philo

préparés et animés par Catherine Delaunay et Pierre Haller

+ Vendredi 30 juin 2017 : « Que penser de l’individualisme? »

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Programme 2017 de « TOUS PHILOSOPHES ! »

avec le Réseau des médiathèques de Val Parisis

Télécharger le programme 2017 « Tous philosophes » ou voir sur le site Internet de ces médiathèques.

+ Cafés philo préparés et animés par Catherine Delaunay et Pierre Haller

- Samedi 9 septembre 2017 à 15 h : Médiathèque de Saint-Leu-la-Forêt . « Les progrès scientifiques et techniques vont-ils de pair avec le progrès social et moral ? »

- Samedi 4 novembre 2017 à 15 h : Médiathèque d’Ermont. « L’autre et moi ».

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+ Cours d’initiation sur l’histoire de la philosophie (1 h 30) par Catherine Delaunay

- Samedi 7 octobre 2017 à 15 h : Médiathèque d’Eaubonne. « Descartes et l’émergence du rationalisme ».

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samedi 1 mai 2010

Compte rendu du café philo du 30 avril 2010 : le Mal



Vingt huit personnes ont participé au café philo de Margency ce vendredi 30 avril 2010.
Le bien et le mal sont des concepts moraux humains qui participent à la régulation des sociétés. Ces notions n’existent pas dans le reste du monde vivant. Dans le monde non humain, les luttes pour la survie, le territoire ou les partenaires sexuels, le parastisme, la prédation, tout comme la vie en sociétés, la protection mutuelle, les symbioses sont des mécanismes innés sans libre arbitre a priori. Ces mécanismes constituent des avantages pour la survie des espèces qui ont été sélectionnés au cours de l’évolution.
Le cerveau humain a fait apparaître un saut cognitif dans l’évolution des espèces. L’homo sapiens sapiens sait qu’il sait. La Bible dit qu’il a goûté au fruit de l’arbre de la connaissance. Ses possibilités cognitives lui ont ouvert la voie du libre arbitre, de la responsabilité, de la domination sur la nature et de l’émergence de la technologie. Elles lui ont donné le pouvoir de détruire à grande échelle y compris lui-même. Il peut tuer sans raison ou pour ses utopies. Il peut torturer par plaisir, en général en se réclamant d’une cause vertueuse. La pulsion de mort, selon Freud, reste tapie au fond de son cerveau reptilien. « Homo homini lupus ». Il est pire que le loup. Ces pulsions servies par l’intelligence humaine, génératrice de barbarie, constitueraient de réels dangers pour la survie de l’espèce si elles n’étaient pas régulées par des codes moraux. L’évolution des sociétés humaines a sélectionné de tels codes pour assurer la pérennité de l’espèce.
Le bien et le mal sont ainsi deux concepts moraux qui incluent des préoccupations d’ordre temporel et d’ordre collectif. Un acte n’est pas uniquement bien ou mal ici et maintenant mais en raison des conséquences dans l’avenir et sur l’ensemble de la collectivité. Les humains ont inventé les dieux et les Etats pour légitimer et appliquer des lois morales et civiles destinées à différencier le bien et le mal.
Entre la vie, qui est le symbole du bien absolu, et la mort qui est celui du mal absolu s’étend le vaste spectre de comportements humains qui, selon le point de vue ou l’échelle de temps, peuvent tantôt se classer du côté du mal ou du bien. La bombe atomique sur Hiroshima a été un mal pour les victimes, mais nous a sans doute permis de vivre sans nouvelle guerre mondiale depuis 65 ans. Aujourd’hui 22.000 ogives nucléaires dans le monde menacent ou veillent sur l’humanité. 
De nombreuses actions et comportements humains ne sont reconnaissables comme bons ou mauvais qu’à long terme et globalement. Il en est ainsi des technologies ou des systèmes politiques. La technosphère, par exemple, constitue un facteur progrès en termes de survie et de développement culturel et moral d’une partie de l’humanité. On se rend toutefois compte que ce progrès est très mal partagé parmi les humains et même qu’il augmente le nombre absolu de miséreux sur terre. Il est délétère pour l’ensemble de la biosphère.
Les actions humaines ne sont pas les seules concernées dans notre vision morale du monde. Nous avons aussi tendance à classer dans ces catégories du bien et du mal des phénomènes naturels tels que la beauté et la générosité de la nature, pour le bien, et les catastrophes naturelles et les maladies pour le mal.
Les modèles de pensée religieux, qui ont personnifié le mal sous forme de démons et le bien sous formes de dieux, atteignent leurs limites face aux questions du mal. « Père pourquoi m’as-tu abandonné ? » est le dernier cri du Christ en croix. Les religions, que certains considèrent comme l’opium des peuples, donnent souvent des visions fatalistes du bien et du mal. « La rédemption par la souffrance », prône le christianisme. « C’était écrit », dit l’Islam. « C’est le Karma », « Le bonheur et le malheur ne sont qu’illusions » selon les religions orientales. « La sage prend ses distances », proclame le taoïsme.
Les sociétés archaïques conjuraient le mal en sacrifiant des victimes expiatoires. Les boucs émissaires ont peut-être simplement changé de visage dans les sociétés modernes.
Sophocle fait dire à Antigone qu’il faut préférer les lois des dieux à celles de la cité. Cela était sans doute vrai dans cette histoire où la sœur voulait assurer une sépulture à son frère Polynice contre la volonté du roi Créon. Mais l’histoire montre aussi que bien des tyrannies se réclament des dieux, aujourd’hui encore tout près de nous.
Le bien-être ou la souffrance sont-ils de bons indicateurs pour différencier le bien du mal ? Sans doute pas car le bien-être des uns peut causer la souffrance des autres, et réciproquement.
Le bien-être et la souffrance, le bien et le mal, sont très injustement distribués au sein du vivant en général. Cette injustice fondamentalement inscrite dans la création, prendra toujours en défaut nos représentations rationnelles ou religieuses du monde. Face à Auschwitz en 1945 ou Port au Prince en 2010, la raison s’effondre, on ne peut que crier ou se taire.
L’introduction du concept de complexité dans nos modèles de pensée pourrait contribuer à mieux réguler le monde vers des objectifs de moindre mal ou de moindre souffrance. Cette régulation devrait intégrer la diversité et une complémentarité des approches : politique, juridique, religieuse, technologique, médicale, psychologique, écologique, économique et financière. Elle devrait tenir compte, dans l’analyse des phénomènes conduisant au bien ou au mal, de la multiplicité des causes, de la non-linéarité des enchaînements allant des causes aux effets, des logiques différentes selon les échelles de tailles et de temps. La somme des intérêts particuliers n’est pas l’intérêt général. Réciproquement l’intérêt général ne doit pas faire oublier les malheurs particuliers. La lutte contre la drogue, par la sélection des trafiquants les plus rusés, renforce le marché de celle-ci. La lutte contre le fanatisme religieux le renforce. La surmédiatisation de certains maux, en fait oublier d’autres souvent bien plus graves.
Que resterait-il de notre monde sans les multiples formes du mal ? La créativité artistique, littéraire, l’économie se nourrissent essentiellement de certaines formes du mal.
Il existe peut-être un autre univers où l’évolution se réalise sans le mal et sans la souffrance. Mais ce n’est pas le nôtre. L’hominisation, dont nous sommes les acteurs dans l’évolution du monde, se construira toujours face au mal.
Mani, le père du manichéisme devenu une hérésie éradiquée dans la violence, pensait que notre mission sur terre est de transformer la fatalité du mal en bien. « Il faut arrêter de vitupérer les ténèbres, et allumer une bougie», dit un proverbe chinois.
Voici quelques réflexions entendues au cours du café philo :
Définition du mal
-          Le mal est la non conformité de l’être au devoir être, selon Hegel.
-          Le mal c’est ce qui ne devrait pas être et doit être combattu, selon Ricoeur.
-          Le mal existe sous trois formes selon Leibnitz : physique, moral, métaphysique.
-          Le mal est le résultat d’un jugement.
-          Il existe un mal absolu.
-          Au départ l’être humain n’est ni bon ni mauvais.
-          Tout ce qui est bon dans la vie est illégal, immoral ou fait grossir 
-          Les troubles psychiatriques constituent une part importante du mal.
-          Le mal n’a pas de statut, c’est l’absence de bien.

Causes du mal
-          L’homme est responsable du mal, c’est un moyen par lequel Dieu éduque les hommes, selon certains penseurs chrétiens.
-          Pour les Stoïciens, le bien et le mal vont ensemble.
-          Selon Leibnitz, Dieu a fabriqué le meilleur des mondes possibles.
-          Le monde est imparfait parce que c’est une créature.
-          Le mal est un scandale incompréhensible.
-          Sentiment de supériorité de certains génère souvent le mal.
-          Les valeurs prétendues universelles génèrent souvent le mal.
-          Nous avons souvent des inhibitions face au mal.
-          Le mal est indissociable de la vie en société.
-          Le mal relève du principe fondamental du monde du Yin et du Yang.
-          Loi du profit.
-          Trop d’ordre ou trop de désordre causent le mal.


Remèdes au mal
-          Démocratie.
-          Diversité des points de vues.
-          Respect.
-          Gestion du mal.
-          Éthique de conviction.
-          Se connaître soi et l’autre.
-          Il faut lutter.
-          Le moindre mal aux niveaux individuel et mondial.
-          L’implication personnelle.

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