Station "L'homme et le cosmos"

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Cadran solaire analemmatique - juin 2014

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ACTIVITES DE L'ASSOCIATION

PROGRAMME DES ACTIVITES

NOS CAFÉS PHILO

Nos cafés philo fonctionnent selon les principes de respect des intelligences, de neutralité et de partage

énoncés, par exemple, sous l'onglet "Qu'est-ce?" du site de cafesphilo.org ou la vidéo

en général les derniers vendredis du mois, sauf pendant les vacances scolaires

A 20 heures, 11 rue Ferdinand Lesseps à 95570 Bouffémont Plan

(Photo +Parking derrière l’immeuble de la Poste)

La participation est libre.

Prochains cafés philo

préparés et animés par Catherine Delaunay et Pierre Haller

Vendredi 20 octobre 2017 : « Qu’est-ce que la normalité ? »

Vendredi 24 novembre 2017 : « La reconnaissance : une valeur ou un leurre ? »

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Programme 2017 de « TOUS PHILOSOPHES ! »

avec le Réseau des médiathèques de Val Parisis

Télécharger le programme 2017 « Tous philosophes » ou voir sur le site Internet de ces médiathèques.

+ Cafés philo préparés et animés par Catherine Delaunay et Pierre Haller

- Samedi 4 novembre 2017 à 15 h : Médiathèque d’Ermont. « L’autre et moi ».

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Sortie d’hiver

+ Dimanche 3 décembre 2017 de 10 h à 12 h 30 : Sortie d’hiver annuelle sur le Chemin du philosophe en forêt domaniale de Montmorency sur le thème : « Passer l’hiver». Rendez-vous devant Château de la chasse.

dimanche 1 novembre 2009

Café philo du 30 octobre 2009 : compte rendu






Le langage trahit-il la pensée ? a été le thème de ce café philo qui a réuni dans la nouvelle boulangerie Piérol de Margency (95), une trentaine de personnes auxquelles le jeune directeur, Antony, a réservé un accueil chaleureux et généreux.

Pour cadrer le débat, les définitions et problématiques suivantes ont été retenues. Le langage au sens large constitue la faculté de communication ; au sens restreint, celle d’expression de la pensée. La pensée s’élabore à l’intérieur de l’être humain, elle est constituée d’idées et de réflexions. Trahir revêt au moins deux sens : être déloyal ou révéler ce qu’on voudrait cacher.
Les différents sens possibles de cette question indiquent en soi les ambiguïtés du langage.
Quatre problématiques apparaissent :
- Les rapports du langage et de la pensée ; le langage apprauvrit-il ou déforme-t-il la pensée ?
- Les rapports du langage conscient et de la pensée inconsciente : le langage révèle-t-il une pensée cachée ?
- La nature même du langage : le langage est-il par essence équivoque, voire trompeur ?
- Les utilisations du langage : le langage permet-il des abus volontairement ?

Types de langages
Il existe différents types de langages : parlé, écrit, artistique, mathématique. Ils s’expriment selon différents modes : narratifs, métaphoriques, poétiques, humoristiques, religieux, incantatoires, axiomatiques. Les moyens de diffusion sont la parole, l’imprimé, le cinéma, internet. Le support crée le langage. Le média constitue parfois une grande partie du message, comme dans le cas de la publicité ou la politique. Les objets de la vie courante sont éléments de langage, selon Jean Baudrillard dans Le système des objets publié en 1968.

Le langage créateur
Le langage dit et crée la réalité.
Le langage et la pensée coévoluent. L’homo sapiens sapiens sait qu’il sait. Son langage et sa pensée sont capables de se dire eux-mêmes par des métalangages, donc de s’auto-générer.
« Il y a interaction entre langage et pensée. Un langage organisé agit sur l'organisation de la pensée, et une pensée organisée agit sur l'organisation du langage. » (Ahmad Amin)
Les langages permettent l’émergence de pensées collectives. Ils relient et divisent les humains.
« Le langage structure tout de la relation inter-humaine. » (Jacques Lacan)
Les langages se comportent comme des espèces vivantes. Ils évoluent dans le temps, dans l’espace et selon les groupes sociaux.
« Babel est un accomplissement de la véritable destinée des hommes. La dispersion est plutôt une bénédiction, dans le sens où aller aux antipodes, essaimer est la vocation humaine même. » (Claude Hagège).
L’extinction actuelle des langues minoritaires constitue une menace pour l’humanité, au même titre que la perte de la biodiversité animale et végétale.

Les langages spécifiques
- Le rêve est un langage.
- L’inconscient est structuré comme un langage, selon Jacques Lacan.
- La violence est souvent l’expression de l’impossibilité de communiquer par les mots.
- Les statistiques expriment en chiffres des réalités complexes qui ne sont pas nécessairement quantifiables. Elles révèlent par contre et mettent en perspective des réalités non immédiatement perceptibles.
- L’hypo- et l’hypercorrection du langage représentent les styles et les manières de s’exprimer de groupes sociaux qui leur permettent de se distinguer les uns des autres. Elles constituent les habits et déguisements linguistiques des individus et des groupes.
- Le politiquement correct est un style de langage, en cours notamment dans les institutions, utilisant des périphrases euphémisantes et bien-pensantes. Par réaction, il a engendré le politiquement incorrect dans les discours populistes.

Les limites du langage
« Nous échouons à traduire entièrement ce que notre âme ressent : la pensée demeure incommensurable avec le langage. » (Henri Bergson)
« La richesse du réel déborde chaque langage, chaque structure logique, chaque éclairage conceptuel.» (Ilya Prigogine)

Le langage est trompeur
« Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l'apparence de la solidité à ce qui n'est que vent. » (George Orwell)
« La philosophie est une lutte contre la manière dont le langage ensorcelle notre intelligence.» (Ludwig Wittgenstein)
Les jargons spécifiques, fédérateurs et créateurs dans un premier temps, enferment les scientifiques, les religieux, les idéologues, les entreprises, tout comme les "sauvageons des banlieues".
Le charabia constitue le stade ultime de dégénérescence de ces jargons en causant, dans certains cas, des dégâts humains.
Chaque concept est entouré pour chaque individu d’un halo de connotations différentes qui en déterminent le sens. La perception d’un message n’est pas nécessairement la même entre l’émetteur et le récepteur. Il en résulte parfois des conflits.
« Le vrai et le faux sont des attributs du langage, non des choses. Et là où il n'y a pas de langage, il n'y a ni vérité, ni fausseté. » (Thomas Hobbes)
"Le meilleur de nos convictions ne peut se traduire par des paroles. Le langage n'est pas apte à tout". (Johann Wolfgang von Goethe)

Conclusion
« Nous avons un devoir moral de parler avec rigueur. Nous sommes responsables de notre parole. » (Catherine Delaunay)

2 commentaires:

filalinge a dit…

1/ Le langage est un extraordinaire outil de communication mais ce n’est qu’un outil. En ce sens on ne saurait lui imputer ses imperfections. Pour reprendre les quatre problématiques soulevées :
• Quand le langage révèle une pensée cachée, c’est l’inconscient qui trahit la pensée,
• Si le langage est équivoque, voire trompeur, c’est que la pensée est elle-même équivoque ou dans l’erreur,
• Quand le langage abuse volontairement, c’est l’auteur qui trompe son auditoire.
• Enfin « ce qui se conçoit bien s’exprime clairement … » et si nous appliquons le «… devoir moral de parler avec rigueur… », le langage ne fait que traduire sans pour autant appauvrir ou déformer la pensée.
2/ Langage et pensée sont en constante et étroite interaction. La pensée a besoin d’un langage comme support pour se structurer et se développer. Sans ce support, la pensée n’est qu’impression, sensation diffuse voire confuse et en tout état de cause intransmissible.
A la fois outil de communication et support de la pensée (qu’on peut assimiler à un outil de communication avec soi même), le langage assure par conséquent une double mission. Le sentiment qu’il trahit la pensée ne vient il pas d’une rupture fréquente entre ces deux aspects du langage ? Le langage support de notre pensée nous est propre, il prend des libertés avec le vocabulaire, la grammaire, la syntaxe ; il s’accommode de l’à peu près, on « pense » que « en gros », on se comprend soi même! En tant qu’outil de communication avec autrui, le « parler avec rigueur » implique le respect du vocabulaire et des règles communément admises de la grammaire et de la syntaxe. C’est ce décalage entre langage interne et le langage externe qui introduit un sentiment de trahison. Ne s’agit il pas simplement d’une maîtrise insuffisante du vocabulaire et des règles du langage avec l’autre ? Mais le langage interne est il indépendant de la pensée ? Si on admet que sans ce support, la pensée n’est que sentiment confus, le langage interne lui est intrinsèquement lié et la pensée n’existe plus sans lui. Dès lors, seul subsiste le langage externe, outil de communication avec autrui qui, en aucune manière, ne saurait être tenu pour responsable des erreurs de traduction.

Olympe a dit…

Il semble y avoir un grand absent dans ce débat passionnant et son commentaire: LE CORPS.
Lorsqu'il s'agit de langage et de trahison de la pensée, il semble pourtant un vecteur hautement important. Il est tantôt l'allié tantôt le reflet d'une pensée bien différente de celle exprimée par la parole. La gestuelle, les mimiques, rictus et postures... révèlent souvent une pensée plus radicale ou plus mesurée que ce qui est exprimé par la parole.
Le langage n'est pas qu'un outil de froide communication de l'activité intellectuelle... On l'oublie peut-être trop souvent.
Serait-ce un signe de la redoutable domination de ce langage "communiquant" de la "représentation" sur l'expression plus intuitive et spontanée, empreinte de sincérité de bienveillance et d'Amour?
En voilà encore un grand absent, l'amour; que de langages possibles pour l'exprimer! La créativité n'en est elle pas un des véhicules?
Que de questions encore à creuser, passionnant!...

PS: je pense que dans le CR, le terme "sauvageons" serait plus adapté s'il était mis entre guillemet.