Station "L'homme et le cosmos"

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Cadran solaire analemmatique - juin 2014

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site internet

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Pour trouver le Chemin du Philosophe : carte (avec le GPS, programmer 177, rue de Paris, Montlignon, le parking est proche)

L'adhésion à l'association implique une éthique de neutralité et de tolérance ainsi qu'une étiquette de courtoisie.
Pour adhérer à l'association ou renouveler annuellement :
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ACTIVITES DE L'ASSOCIATION

PROGRAMME DES ACTIVITES

Mise à jour 04/12/ 2017

NOS CAFÉS PHILO

Nos cafés philo fonctionnent selon les principes de respect des intelligences, de neutralité et de partage

énoncés, par exemple, sous l'onglet "Qu'est-ce?" du site de cafesphilo.org ou la vidéo

en général les derniers vendredis du mois, sauf pendant les vacances scolaires

A 20 heures, 11 rue Ferdinand Lesseps à 95570 Bouffémont Plan

(Photo +Parking derrière l’immeuble de la Poste)

La participation est libre.

Prochains cafés philo

préparés et animés par Catherine Delaunay et Pierre Haller

Vendredi 26 janvier 2018 : « Nos pensées sont-elles en notre pouvoir ? »

Vendredi 16 février 2018 : « La tolérance a-t-elle des limites ? »

Vendredi 30 mars 2018 : « Le transhumanisme est-il une opportunité ou menace ? »

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+ Vendredi 9 février 2018 à 20 h 00

Entretien avec Pierre Péan, journaliste enquêteur :

« Témoignages sur les relations des médias avec la politique »

au Centre culturel - Salle des arts plastiques - 1, rue Jean-Baptiste Clément –à F 95570 BOUFFEMONT.

Localisation http://tinyurl.com/philobouffemont

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dimanche 18 mai 2014

AG 2014 et fête annuelle du Chemin du philososophe




 Cinquante-six personnes ont participé le samedi 17 mai 2014 à la fête annuelle de l’association du Chemin du philosophe qui s’est tenue cette année à nouveau dans la salle polyvalente de Moisselles (Val d’Oise). En fin d’après-midi, au cours de l’assemblée générale 2014, le point a été fait sur l’ensemble des activités de l’association depuis la dernière AG en juin 2013. L’essentiel de ces activités est rapporté régulièrement sur ce blog. Les membres de l’association ont approuvé les rapports d’activité, financier et moral présentés.

 + Lors de la fête qui a suivi, l’apéritif et le dessert ont été agrémentés par les musiciens Jean-Marc Cambou et Patrice Lebrun.
+ Marie Volta, avec Philippe Picot à l'accordéon, a interprété magnifiquement des chansons d'hier et d'aujourd'hui dont certaines de sa composition.  
+ UTOPIA-UTOPIE, dialogues en deux actes de Jean-Paul Ricker autour de l’utopie : Henri VIII et Thomas More ainsi que François Arago et Victor Schœlcher ont été très professionnellement interprétés par Jean-Paul Ricker et Patrick Liautaud, tous deux membres de notre association. Télécharger le texte.
+ Les délicieuses agapes ainsi que les décorations de la salle préparées par les bénévoles ont également et largement contribué au succès et à la convivialité de cette soirée.

Un grand merci à tous.

mardi 13 mai 2014

L 'Europe en question(s), débat du 29 avril 2014





Compte rendu de la soirée du 29 avril 2014 sur l 'Europe en question/ en questions
Avec débat contradictoire.

Cette soirée est organisée par le « groupe citoyens » de Bouffémont, en lien avec d'autres associations comme Le chemin du philosophe, Vie nouvelle, Les amis de la vie, Le Pacte civique, Solidarités nouvelles face au chômage. Cette rencontre a eu lieu à Bouffémont le 29 avril 2014 et elle a réuni entre 170 et 180 personnes. Daniel Croquette anime la soirée. Il propose d’abord une présentation diapo sur l'histoire et le fonctionnement des institutions européennes, présentation très claire et très précise. Daniel situe les deux protagonistes du débat : d'un côté Jérôme Vignon, ancien membre du cabinet de Jacques Delors quand ce dernier était ministre de l'économie et des finances de François Mitterrand. Puis il devint
directeur à la Commission européenne. Aujourd’hui il est Président des semaines sociales de France. De l'autre côté Paul Thibaud, philosophe, écrivain, et ancien directeur de la revue Esprit. Trois thèmes sont abordés. Enfin les interlocuteurs répondent aux questions de l'assistance.
Les trois thèmes :
-Le traité de libre échange entre les Etats-unis et l'Europe en cours de négociation
-L'Euro
-La question de l'Ukraine

Premier thème, le traité de libre échange : dans un premier temps Jérôme Vignon expose le problème : alors que les États unis sont de plus en plus tournés vers l 'Asie (il y a un an et demi ils ont engagé des négociations privilégiées avec 11 pays d'Asie du Sud est, sauf la Chine), l'Europe tente de ne pas être distancée. C'est pourquoi depuis 2011, à la demande en particulier de l’Allemagne et du Royaume Uni, elle essaie de faciliter les échanges à deux niveaux essentiellement : rapprocher les normes et les tarifs ; se mettre d'accord sur les investissements respectifs de part et d'autre.
Paul Thibaud formule trois objections :
1)      Tout d'abord il regrette le côté global de ces négociations : l'Europe est amenée à imposer des traités internationaux «  qui gouvernent au dessus des Etats ». Il ne semble pas que le traité de Rome ait prévu cette éventualité.
2)      Ensuite il regrette leur côté masqué et très laborieux : les Américains veulent que les négociations restent secrètes. Ils ne veulent pas affronter les opinions nationales et les réactions populistes, au risque de mettre les Etats devant le fait accompli.
3)      Une différence de situation entre l'Europe et les États unis qui est avantageuse pour les Etats unis : dans ces échanges il faudrait prendre en compte le cadre monétaire ; tandis que les Américains sont libres par rapport à leur monnaie, les Européens sont prisonniers des institutions monétaires.

A ces critiques, J. Vignon rappelle que le Parlement européen aura son mot à dire ; il pourra rejeter ou accepter la négociation. Il insiste aussi sur l'importance qu'il y a à accroitre les échanges entre l'Europe et les Etats unis pour être à la hauteur des défis du monde et dans la continuité de l'histoire. L'Europe fut d'abord un marché commun ; elle doit le rester.

Deuxième thème, l'euro :
Paul Thibaud constate que la zone Euro est « la zone la plus déprimée du monde » : déficits nationaux considérables ; augmentation du chômage (25% en Espagne) ; diminution des salaires dans certaines pays (20% en Espagne). Le philosophe doute que les Etats puissent rembourser leurs énormes dettes. « C'est la substance de l'Europe qu'on étouffe ». Ensuite P. Thibaud énonce deux objections assez générales qui ne concernent pas seulement l'Euro : premièrement l'Europe a cru que l'Union se faisait en uniformisant, en assimilant ce qui au départ constituait la diversité des peuples. Mais l'unité n'existe pas à priori. On ne peut la créer qu'à partir d'actions communes, politiques, industrielles, militaires.
Ensuite deuxièmement, la démocratie en général a besoin de temps, d'avancées, de retours, or l'Europe a voulu imposer des institutions définitives une fois pour toutes.
J. Vignon prône lui le maintien de l'Euro. L'Euro nous a apporté beaucoup plus que nous ne le pensons. L'Europe a moins souffert que d'autres zones. Il est injuste d'accuser l'Europe de toutes les difficultés. Les Etats s'exonèrent sur le dos de l'Europe de leurs choix et finalement de leur déficit et de leur endettement. Il reconnaît néanmoins que « les structures de l'euro ne sont pas bonnes" ; J. Delors l'aurait répété à plusieurs reprises. D'autre part, l'Euro groupe, présidé par Mr Juncker, n'a pas été très efficace. Enfin, des décisions importantes ont été prises au cours de la crise : union bancaire avec surveillance des marchés ; mécanisme de stabilité européenne et possibilité de l'intervention de la BCE. Mais il faut plus : il faut un exécutif en charge du pilotage de l'Euro. Il faut un budget propre pour soutenir les pays en difficulté. Il faut aller vers une intégration politique. Le dilemme c'est que certains, dont il fait partie, préconisent de faire plus et d'autres comme P. Thibaud refusent ce plus.

Troisième thème, l'Ukraine et la politique étrangère de l'UE :
J. Vignon rappelle l'historique : en 2006 l'UE prend conscience qu’après le grand élargissement récent, de nombreux pays de l'ex-URSS risquent de postuler pour entrer dans l'UE. Ce qui est jugé impossible. On met sur pied une « politique européenne du voisinage ». En 2007 est proposé à l'Ukraine un « accord d'association ». C'est la possibilité de cette signature fin 2013 qui a mis le feu aux poudres. La Russie de Poutine ne supporte pas que l'Ukraine puisse tomber dans l'escarcelle européenne. J. Vignon réaffirme là encore que l'UE a mal travaillé, elle a sous estimé la réaction Russe.

P. Thibaud approuve l'analyse de J. Vignon et il s'emporte sur ce qu'il appelle le défaut profond de l'Europe, son narcissisme, le sentiment de sa supériorité. La crise Ukrainienne est révélatrice. L'Europe n'a pas de politique extérieure, ni à l'égard des anciens pays du bloc communiste, ni à l'égard de l'Afrique, ni du Maghreb...

Une fois ces trois thèmes abordés, les intervenants ont répondu à beaucoup de questions. L’assistance est très mobilisée, toutes les questions ne pourront malheureusement pas être posées; voici quelques prises de positions échangées entre eux.

-Paul Thibaud regrette qu’il n’y ait pas une évaluation des méthodes et des résultats en Europe. Ce que l’Europe nous a apporté et ce qu’elle nous a coûté. Pas assez de réflexion critique. L’Europe ne traite pas les peuples comme des entités libres. Une fois que les gouvernements nationaux ont cédé, c’est ad vitam æternam.
La diversité des nations n’est pas assez respectée. P. Thibaud pourfend « cette Europe de la
résignation", une Europe négative qui impose plus de contraintes qu’elle ne suscite des initiatives.

-J. Vignon répond que la construction européenne a été et reste progressive. Que chaque nation fait ses choix et reste son propre décideur : « rien ne se passe à Bruxelles qui n’ait été voté ». Mais cela n’est pas clair pour les européens que nous sommes. En accord avec P. Thibaud, J. Vignon  regrette que les télévisions ne diffusent quasiment jamais de débats au Parlement européen, que les hommes politiques français parlent très rarement de l’Europe, comme si, remarque P. Thibaud, le personnel politique national ressentait l’Europe comme une rivale qui risquerait de signer à terme sa propre mort.
-D’ailleurs les Français semblent manquer de confiance envers les députés européens et les technocrates de Bruxelles. Pourtant ces derniers doivent rendre des comptes de leurs actions, et il est arrivé que des individus incompétents soient remerciés et renvoyés.

Enfin chacun à leur tour, P. Thibaud et J. Vignon reviennent sur les origines de l’Europe. C’est une histoire très ancienne, déjà dans le testament de Sully du temps d’Henri IV, on trouve trace de cette grande idée. Nombreux, philosophes et hommes de lettres à l’époque des Lumières au 18ème siècle, ont anticipé de projet : Rousseau, Voltaire, L’Abbé de Saint Pierre, Kant, V. Hugo au 19ème sont des précurseurs.

En 1945 au sortir de la guerre s’impose l’idée qu’il ne faut pas répéter les erreurs du passé et retomber dans les sempiternels conflits armés.

Conclusion :
Finalement il est assez remarquable que nos deux intervenants aient pu dialoguer en se respectant sans jamais renier leurs convictions, sans taire leur désaccord, dans une grande courtoisie. Cela a beaucoup impressionné l’auditoire.

P. Thibaud voudrait sauvegarder une Europe des nations. J. Vignon n’a pas peur de l’intégration politique; tout en soulignant les obstacles, les difficultés, ils ont réussi chacun à nous faire aimer l’Europe pendant cette soirée.

Merci infiniment à eux et à tous ceux qui se sont déplacés pour les écouter. Les échos de cette soirée sont très positifs.

Catherine Delaunay