Station "L'homme et le cosmos"

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Cadran solaire analemmatique - juin 2014

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ACTIVITES DE L'ASSOCIATION

PROGRAMME DES ACTIVITES

NOS CAFÉS PHILO

Nos cafés philo fonctionnent selon les principes de respect des intelligences, de neutralité et de partage

énoncés, par exemple, sous l'onglet "Qu'est-ce?" du site de cafesphilo.org ou la vidéo

en général les derniers vendredis du mois, sauf pendant les vacances scolaires

A 20 heures, 11 rue Ferdinand Lesseps à 95570 Bouffémont Plan

(Photo +Parking derrière l’immeuble de la Poste)

La participation est libre.

Prochains cafés philo

préparés et animés par Catherine Delaunay et Pierre Haller

Vendredi 29 septembre 2017 : « Qu’est-ce qui nous rassemble ? »

Vendredi 20 octobre 2017 : « Qu’est-ce que la normalité ? »

Vendredi 24 novembre 2017 : « La reconnaissance : une valeur ou un leurre ? »

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Programme 2017 de « TOUS PHILOSOPHES ! »

avec le Réseau des médiathèques de Val Parisis

Télécharger le programme 2017 « Tous philosophes » ou voir sur le site Internet de ces médiathèques.

+ Cafés philo préparés et animés par Catherine Delaunay et Pierre Haller

- Samedi 9 septembre 2017 à 15 h : Médiathèque de Saint-Leu-la-Forêt . « Les progrès scientifiques et techniques vont-ils de pair avec le progrès social et moral ? »

- Samedi 4 novembre 2017 à 15 h : Médiathèque d’Ermont. « L’autre et moi ».

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+ Cours d’initiation sur l’histoire de la philosophie (1 h 30) par Catherine Delaunay

- Samedi 7 octobre 2017 à 15 h : Médiathèque d’Eaubonne. « Descartes et l’émergence du rationalisme ».

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dimanche 29 septembre 2013

Compte rendu du café philo du 27 septembre 2013





Nous étions quarante deux personnes à participer à ce café philo de la rentrée, le vendredi 27 septembre 2013, sur le thème "L'égalité, un mythe ou une réalité ?" Pour des raisons d’occupation de la salle au centre culturel de Bouffémont, nos cafés philo des derniers vendredis du mois commenceront désormais à 20 h 45.
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Présentations du thème

Pierre Haller

-         Champ sémantique de la notion d’égalité : parité, équité, justice, identité, unité, droits, dignité. Ses antonymes : différenciation, diversité, exclusion, discrimination, ségrégation, racisme, xénophobie

-         Egalité et dynamique des systèmes naturels ou humains. Dans tous les systèmes qui fonctionnent on peut observer des  répartitions statistiques et imbriquées des caractéristiques des éléments constitutifs : taille, rôle, pouvoir, capacités intellectuelles, richesse. Du minéral au vivant et au social on observe des répartitions statistiques plus ou moins « gaussiennes » indiquant la coexistence de valeurs moyennes et d’extrêmes. La plupart des caractéristiques sont organisées en domaines plus ou moins étendus autour de valeurs moyennes. L’évolution du monde et de ses multiples domaines est tributaire de ces inégalités et de la diversité. Sa régulation également repose sur l’équilibrage de forces opposées. Même les animaux ne sont pas égaux, ni à l’intérieur de leur espèce ni entre les espèces. Les philosophies orientales parlent du Yin et yang. Les logiques alimentaires du vivant sont basées sur l’équilibre des prédateurs et des proies. L’équilibre social repose sur la répartition des dominants et des dominés. L’autorité sous forme religieuse, morale, technique, scientifique ou répressive est nécessaire dans le fonctionnement et dans l’évolution des sociétés. L’égalité, tout comme la liberté et la fraternité, est un idéal jamais atteignable dans l’absolu. Les extrêmes minoritaires sont également nécessaires à l’évolution ou à la stabilité des systèmes.

-         L’histoire des inégalités dans les sociétés humaines. Dans toutes les société, certains individus incarnent plus que d’autres l’identité du groupe. L’esclavage a été une pratique depuis la nuit des temps dans toutes les civilisations. Dans la
République d’Athènes au 5ème siècle av. JC, seuls 10 % des personnes avaient le statut de citoyens. Les femmes et les esclaves étaient exclus. Aristote (-384 à -322) a dialectisé la question de l’inégalité en la justifiant par l’égalité des rapports humains. La taille de l’empire romain était déterminée par les distances sur lesquelles on pouvait amener en esclavage les populations lointaines vers Rome. Le christianisme puis les philosophes des Lumières ont très progressivement contribué à l’émergence de l’anthropologie de l’égalité formelle des humains, c'est-à-dire de principe, de droit, de dignité, telle que l’a formalisée plus tard en 1948 la Déclaration universelle des droits de l’homme. Son article premier stipule : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
Le sujet proposé au concours de 1754 par l’Académie de Dijon et traité par Jean-Jacques Rousseau était «Quelle est l’origine de l’inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ?  ».
Les paradoxes ont jalonné ce long chemin de l’histoire. Pour Saint-Paul (8-67) la rédemption s’adresse à tous, indépendamment de la race, de la condition sociale, du sexe, etc. « Il n’y a plus ni juif, ni grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus homme et femme » (Ga 3, 28). L’Eglise n’a reconnu une âme aux Amérindiens qu’après la Controverse de Valladolid (1550). Les religions qui proclament l’égalité des tous les hommes devant Dieu, pérennise des hiérarchies cléricales de la proximité symbolique avec celui-ci. Voltaire (1694-1778) qui écrivait savamment sur l’égalité était actionnaire d’une société maritime esclavagiste.
Les régimes politiques totalitaires du 20ème siècle et leurs reliquats autoritaires actuels ont érigé l’égalité pour les uns et l’inégalité pour les autres jusqu’au paroxysme de la barbarie au détriment de la dignité humaine.

« L’égalité de condition parmi leurs sujets a été l’un des principaux soucis des despotismes et des tyrannies depuis l’Antiquité» Hannah Arendt

La lutte pour l’égalité ou du moins la mise en scène ou la dénonciation des inégalités doit beaucoup à la littérature : Les fables de Jean de La Fontaine (1621-1695), les pièces de Molière (1622-1673), Voltaire (1694-1778), Beaumarchais (1732-1799), le valet plus intelligent que le maître, Karl Marx (1818-1883),  « A chacun selon ses besoins », Jean-Paul Sartre (1905-1980), Albert Camus (1913-1960), Herbert Marcuse (1898-1979), « Abolir les privilèges sans guillotine ». Et bien d’autres.
Dans les démocraties modernes, les institutions de justice, les déclarations des droits de l’homme constituent des avancées à défaut de garantie absolue dans le traitement égalitaire des citoyens.

          Les multiples formes des inégalités humaines.
La loi du plus fort. Jean de La Fontaine (1621-1695) Le Loup et l'Agneau. « La raison du plus fort est toujours la meilleure. »
Génétiques : capacités physiques ou intellectuelles, tares génétiques ou épigénétiques.
Le profil psychologique d’une personne, relevant autant de la génétique que du parcours de vie, détermine largement sa position sociale. La résilience et le libre arbitre ne sont pas simple affaire de volonté. Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir vouloir changer son destin.
Le contexte social : la race, la tribu, le clan, la communauté, la religion, l’habitat, le quartier de ville, la langue, le langage, l’accent, les codes d’appartenance sociale, les centres d’intérêts culturels, les canons esthétiques ou vestimentaires, les loisirs, les diplômes, les réseaux, la fortune, les symboles du statut social sont tous des éléments qui déterminent le degré d’égalité et d’intégration d’une personne dans un groupe donné. 
L’histoire du groupe d’appartenance (ségrégation) et de la vie individuelle peut également déterminer le degré d’égalité et d’intégration. L’individu est tributaire de son histoire sociale, de sa santé, des hasards de sa vie.

-         Les domaines d’inégalités : la dignité, le respect des droits, la liberté d’expression, de penser, de circuler, de travailler, l’accès à l’éducation, à la santé, à l’eau, à l’énergie, à l’information, aux technologies numériques, la sécurité, la protection contre les totalitarismes, contre les maffias, contre la corruption, pour l’équité judiciaire, fiscale.

-         La démocratie stipule l’égalité des citoyens en droits et en dignité. Elle est censée garantir un certain nombre d’égalités : Égalité en droit, Égalité devant la loi, Égalité sociale, Égalité des chances, Principe de l'égalité des races. La voie démocratique, basé sur la voix du peuple, est parfois en délicatesse avec certains domaines comme la vérité scientifique, la créativité artistique ou certains problèmes éthiques (peine de mort, vengeance, ordre public, racisme, euthanasie, bioéthique).
La démocratie peut être amenée à instituer des discriminations positives, coups de pouce à l'égalité. Mais l’instauration de quotas est-elle réellement égalitaire et juste en défendant les droits particuliers de certaines catégories ?
L’Etat providence se donne aussi pour fonction de lisser les inégalités.

-         Les élites, dont l’autorité est inégalitaire par essence, dans les domaines de la
politique, des sciences, des arts, des religions, des services publics ou des armées ont pour fonction normalement de structurer le corps social, de maintenir son identité et de le faire évoluer. Les attributs symboliques dont ces différentes élites se dotent sont de systèmes de reconnaissance de leur autorité et articulent les interactions sociales. L’essentiel du patrimoine artistique des nations tels que les châteaux, les cathédrales, l’orfèvrerie, les tableaux, les sculptures, a été élaboré grâce à l’inégalité de fait entre les êtres humains entérinée par des institutions. La créativité dans la littérature ou les arts est issue pour l’essentiel de personnes qui n’ont pas eu à travailler avec leur force physique.

-         L’instrumentalisation et les paradoxes de l’égalité. Comme pour la liberté, l’histoire a commis beaucoup de crimes en son nom. La séparation des pouvoirs exécutif, législatif et juridique n’est pas toujours effective. Les tribunaux internationaux chargés de juger les crimes contre l’humanité sont parfois accusés de représenter la justice des vainqueurs. Les élites ont inventé de multiples stratégies, dont le mérite, pour maintenir les pouvoirs et les prérogatives de leurs clans (grandes écoles, héritages, mariages, codes sociaux, signes d’appartenance, réseaux, exclusion des parvenus).
Les religions et les démocraties prônent des doctrines paradoxales sur l’égalité. Tous les humains sont égaux devant Dieu ou devant la loi, et cela justifie en même temps la domination de castes religieuses ou politiques sur l’ensemble du peuple.
« Les maux qui, au fil du temps, ont touché les institutions religieuses ont leurs racines dans l’auto-référence, une sorte de narcissisme théologique. L’Eglise, quand elle est auto-référente, donne naissance à ce mal si grave qu’est la mondanité spirituelle. L’Eglise évangélisatrice sort d’elle-même ; l’Eglise mondaine vit en elle-même, d’elle-même et pour elle-même » Cette déclaration du pape François est probablement applicable à tous les systèmes élitaires en politique, en sciences, dans les arts, dans les administrations et notamment dans la finance.
Le système scolaire a également un rôle paradoxal dans la lutte pour l’égalité sociale. L’instruction permet l’élévation du niveau intellectuel global d’une société et l’ascension sociale des classes populaires en même temps elle favorise par les examens et les concours la reproduction des élites et la pensée unique. « L’idéal de promotion par l’école s’est transformé en orientation par l’échec pour la masse », note le journaliste Benoît Floc’h dans le Monde du 26 septembre 2013. Ces inconvénients sont à leur tour contrés grâce à la diversité de l’instruction et de l’accès à l’information par le peuple.
Le système de consommation de masse paradoxalement tout en favorisant accès plus égalitaire aux biens transforme l’individu en simple objet-acteur à son service.
Les systèmes d’enfermement partiel ou total des personnes ramènent en
général les individus à un niveau d’égalité basique : prisons, camps, asiles, hôpitaux, troupes militaires, sectes, couvents. Certains systèmes visent explicitement à déshumaniser collectivement les personnes : enfermement, camps, déshumanisation des ennemis. La représentation de l'ennemi va de pair avec sa déshumanisation (on parle de vermine, de rats, de serpents) et avec sa totalisation : ceux que l'on combat perdent leur individualité pour devenir l'animal à éradiquer.
Un aspect de la barbarie humaine consiste à traiter de manière égalitaire un groupe entier : racisme, ostracisme, bombardements de villes, génocide, maltraitance de civils ou de prisonniers de guerre. Dans son livre Death by Government (1996), le politologue américain Rudolph Rummel (né en 1932) estime qu'environ 150 millions de personnes ont été tuées au XXe siècle du fait de l'action de leur propre gouvernement, alors que, dans le même temps, l'ensemble des guerres (les deux guerres mondiales comprises) ont fait de 35 à 40 millions de morts.

-         L’éthique. Nous et l’égalité des humains
Chacun de nous peut noter des inégalités dont il se dit victime, mais aussi celles dont il profite. Notre position sociale, donc notre degré d’égalité, est une composition d’éléments qui dépendent de nous et d’autres qui n’en dépendent pas. Nous trouverons toujours des gens « injustement » plus avantagés que nous et d’autres tout autant  injustement désavantagés. La sagesse voudrait que nous n’éprouvions ni amertume ni jalousie vis-à-vis des premiers et plutôt de la compassion et de la solidarité vis-à-vis des seconds. Notre société de consommation nous incite souvent à avoir des comportements d’enfants gâtés cherchant à posséder toujours plus. Elle tente de nous convaincre que tous nos désirs doivent être réalisés comme si la réalisation des désirs et d’avoir ce que l’autre possède en bien matériel ou immatériel étaient le signe ultime de la liberté.
Les systèmes sociaux évoluent en permanence sous l’effet d’injonctions apparemment contradictoires : égalité-inégalité, diversité-unité. La tendance naturelle des systèmes non régulés conduit à renforcer dans un premier temps les inégalités puis à la dilution des liens sociaux.
L’humanisme consiste à réduire les inégalités que la nature ou les systèmes économiques tentent spontanément à creuser. La fatalité des inégalités n’est pas sans réponse.
La sociologie et l’épidémiologie s’intéressent aux corrélations entre les statuts sociaux et les comportements, la santé ou le bonheur. Des études universitaires, par exemple  « Mac Arthur Scale of Subjective Social Status » , indiquent des corrélations mais aussi que la fatalité n’est pas systématique.

-         La fraternité : réponse aux inégalités, chemin de la transcendance ?  La fraternité envers les pauvres est au cœur du message monothéiste (les Béatitudes) ou du bouddhisme. La quête de l’abondance matérielle conduit à la
perte du sens de la vie. L’accès à la transcendance de l’aventure humaine serait à chercher du côté des défavorisés. Le nouveau pape François martèle son message d’une « Eglise pauvre pour les pauvres ». Lors des Journées Mondiales de la Jeunesse d’août 2013 à Rio il déclarait : « il ne faut pas avoir peur de sortir dans la nuit, de croiser la route, de s’insérer dans les conversations des plus indifférents.... il faut partir de la périphérie, de ceux qui sont le plus loin, aller vers les pauvres, les vieux , les malades, les chômeurs... »

         Et pour conclure un conte :
« L'homme en quête de sens priait quand l'infirme, le clochard et le vaincu passèrent près de lui. En les voyant, le saint homme plongea dans une profonde prière et dit : 'Mon Dieu, comment un créateur aimant peut-il voir ces choses sans rien faire ?'Et après un long silence, Dieu répondit : 'J'ai fait quelque chose, je t'ai fait, toi. »'

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Texte rédigé à partir des notes de Catherine Delaunay

         Un constat paradoxal. D’une part nous valorisons l’égalité comme un idéal, d’autre part nous revendiquons nos différences. Chacun éprouve le besoin de se distinguer et quelque fois de se mettre au-dessus des autres. En fait nous sommes probablement inégaux naturellement, égaux en droit et surtout différents. Jusqu’où pouvons être égaux ? Cela a-t-il du sens ? Est-ce souhaitable ? Le désirerons-nous vraiment ? Le concept d’égalité n’est pas vraiment clair. En mathématique l’égalité est généralement quantifiable, pour les personnes le concept a des contours flous. Pourtant l’Histoire montre que l’égalité n’est pas seulement un mythe mais qu’elle a progressé.

         Histoire de l’égalité
Etape 1. L’égalité naît au 5ème siècle av. JC à Athènes qui instaure la démocratie pour les citoyens, qui représentaient environ 10 % de la population. Les femmes, les étrangers et les esclaves en étaient exclus. Platon et Aristote parlent d’égalité arithmétique, chaque citoyen en vaut un autre.

Etape 2. Le christianisme proclame une égalité de nature, ontologique, de tous les hommes, qui sont les enfants de Dieu. « Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. » Nouveau Testament ; - Epître de Paul aux Galates 3. Les inégalités sont apparues à cause du péché.

Etape 3. L’égalité de nature métaphysique est proclamée au 17ème siècle par les philosophes. Pour René  Descartes (1596-1650), la raison est la chose la mieux partagée au monde : « la puissance de bien juger et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est réellement égale en tous les hommes». Pour René Descartes, comme pour Nicolas Malebranche (1638-1715), cependant, les inégalités proviennent du fait que tous les humains ne savent utiliser cette raison.

Etape 4. L’égalité politique est proclamée par les philosophes des Lumière au 18ème
siècle. « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ». Il s’agit d’une égalité politique et juridique. La Nuit du 4 août 1789 met fin aux privilèges du système féodal. Alexis de Tocqueville (1805-1859) parle d’égalité de conditions. Les inégalités subsistent, mais elles ne sont plus figées. Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), dans le « discours sur l’inégalité » distingue les inégalités naturelles ou physiques et les inégalités politiques et sociales. Les inégalités conduisent nécessairement à la servitude. Emmanuel Kant  (1724-1804) et Nicolas de Condorcet (1743-1794) jugent qu’une certaine inégalité stimule l’émulation. Toutefois tous les philosophes des Lumières ont condamné le luxe, l’opulence et l’excès de richesse.

Etape 5. Au 19ème siècle, le développement industriel et l’avènement du capitalisme vont conduire à de grandes inégalités sociales et économiques au détriment de la classe
ouvrière. La méritocratie va à l’encontre de l’égalité des droits. Face aux nouvelles inégalités de nouveaux concepts émergent. Le socialisme utopique est représenté par Robert Owen en Grande-Bretagne, Saint-Simon, Charles Fourier, Étienne Cabet et Philippe Buchez en France. Le communisme cherche à promouvoir une égalité réelle. Karl Marx (1818-1883) explique que seule la suppression de la propriété privée viendra à bout des inégalités.

Etape 6. L’historien Pierre Rosenvallon (né en 1948) affirme que le 20ème siècle en Europ a été le plus égalitaire grâce au suffrage universel, à l’impôt sur le revenu progressif, au principe de redistribution de l’Etat providence, à la reconnaissance des syndicats, au droit de vote des femmes.

Etape 7. Les années 1980-1990 sont marquées par la fin des utopies égalitaires (fin de
l’Union soviétique, chute du Mur de Berlin) et la montée du néolibéralisme renforçant à nouveau les inégalités socio-économiques. L’égalité politique et juridique en contrepartie a continué à progresser. La promotion de l’égalité des chances par l’école est censée compenser ces nouvelles inégalités. Malgré ces efforts, selon Pierre Bourdieu (1930-2002), la probabilité pour un enfant d’ouvrier d’entrer à Polytechnique n’est pas meilleure à la fin du 20ème  siècle qu’au 19ème siècle. Selon Pierre Rosenvallon trois poisons menacent aujourd’hui l’égalité : la reproduction sociale, le modèle économique de croissance illimitée, les ségrégations sociales et urbaines.

Conclusion. Le problème de l’égalité est complexe car plurivoque : égalités de droit, de fait, politiques, juridiques socio-économiques, devant la vie, voire devant le bonheur. Les questions à débattre sont :
-         Jusqu’où les êtres sont-ils égaux ?
-         L’égalité absolue comporte-t-elle des contradictions ?
-         L’égalité absolue n’engendre-t-elle pas des inégalités ?
-         L’égalité pour quoi faire ?
-         Les effets pervers de l’égalité.

-o-
Poème inédit composé et lu par Jeannine Dion-Guérin

Inégalité,
L'automne mutile peu à peu
les champs harmonieux de l'été
si bien qu'il en est
de la raideur des tournesols

comme de la faconde
des gens des cités
Il y a ceux qui s'imaginent puissants mais dodelinent déjà de la tête victimes
de leur port alourdi
Il y a aussi les tout-petits qui hissent gaillardement une collerette fleurie
heureux de simplement jouer les prolongations de vie
 
Jeannine Dion-Guérin  (inédit)

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Propos entendus

-         La justice distributive est au service de l’utilité sociale.
-         Dans les systèmes totalitaires, il y a le modèle soit de l’homme moyen et on coupe les têtes qui dépassent, soit du surhomme et on élimine les sous-hommes.
-         Selon Jacques Attali, la fraternité permet la cohabitation avec la liberté et l’égalité.
-         Les correctifs sociaux permettent de compenser les inégalités.
-         Il y a deux modèles de justice sociale : soit réduire les écarts entre riches et pauvres, soit rechercher l’égalité des chances. Ce dernier modèle tend aussi à creuser les inégalités, comme par exemple dans le sport.
-         Si tout le monde est égal, il n’y a plus de raison de faire des efforts. On confond égalité, équité et justice. Les correctifs sont des inégalités.
-         Nous pouvons faire des efforts même si nous sommes égaux. Est-ce que l’égalité est morale ?
-         Les hommes ont inventé des dieux inégaux.
-         L’ordre social est une fiction sociale.
-         Le savoir doit être donné dans la liberté et dans l’égalité.
-         Amartya Sen (né en 1933) prix Nobel d’économie, économiste indien, est l'initiateur de l'approche par les capabilités. Chacun doit avoir les moyens de faire quelque chose de sa vie.
-         JJ. Rousseau a dit que le pauvre n’a pas besoin d’éducation.
-         Il faut trouver un consensus sur les inégalités de l’avoir.
-         Les plantes qui montent très haut empêchent les autres de pousser.
-         Quand on gagne en avoir, on perd en être.
-         La vie en communauté implique la relativisation de la liberté et de l’égalité.
-         L’égalité a été instrumentalisée par les régimes totalitaires.
-         Le philosophe politique américain John Rawls (1921-2002), s’est rendu célèbre par son ouvrage Théorie de la justice où il développe l’idée que les inégalités sont tolérables si elles profitent au plus grand nombre et aux plus défavorisés.
-         L’égalité pour quoi faire ?
-         Napoléon a dit « mort aux pauvres », puis il les a embauchés dans ses armées.
-         Beaucoup plus de gens sont morts en combattant pour la liberté que pour l’égalité.
-         La démocratie fonctionne grâce à l’égalité.
-         L’égalité de dignité apportée par le christianisme a fait progresser la société.
-         L’égalité correspond à une demande de norme.
-         L’égalité permet l’évolution de la société.
-         L’égalité est liée au sentiment de justice.
-         Le sentiment d’injustice est très fort chez les enfants.
-         Il faut des inégalités pour évoluer. Il y a des inégalités entre les sociétés.
-         L’égalité est une utopie. L’inégalité crée l’émulation.
-         L’humanité est éprise de justice. L’inégalité est naturelle. Il faut plafonner les avoirs et revoir la notion de bonheur.
-         Tout commence et finit par liberté-égalité-fraternité
-         Il faut de la discrimination positive. Il y a 60 % de chômeurs dans certaines cités.
-         Il faut aussi de la différenciation positive.
-         L’égalité des chances est un échec.
-         La bienveillance corrige les inégalités.
-         Certains hommes sont plus égaux que d’autres.
-         L’égocentrisme est au cœur de l’humain.
-         C’est au contact des plus humbles qu’on apprend le plus.
-         L’égalité des chances augmente les inégalités.
-         Les grandes inégalités aux Etats-Unis sont partiellement régulées par la démocratie et la liberté.
-         On ne peut pas atteindre l’égalité.
-         L’égalité est d’accepter l’autre tel qu’il est.
-         En valorisant le darwinisme social on rationalise l’inégalité. On rationalise peu l’égalité.
-         Il n’y a jamais eu autant d’égalité qu’aujourd’hui. Mais il reste des écarts entre la théorie et la pratique.
-         Pourquoi un ingénieur est-il mieux payé qu’une assistante sociale ?
-         Chacun a la possibilité de lutter contre les inégalités.
-         L’égalité est une utopie, mais quand on passe à côté des inégalités, il faut faire quelque chose.
-         Il y a parfois des inégalités dans l’amour que des parents portent à leurs enfants.
-         Voulons-nous être égaux ou bien être traités égalitairement ?
-         On ne peut pas comparer les proies et les prédateurs en termes d’égalité.
-         L’équité régule les inégalités.
-         La loi régule les héritages.
-         L’égalité n’est pas l’uniformité. Il faut une morale. La richesse doit être au service de la société.
-         L’égalité est un mythe nécessaire.

-         La paix dépend d’un équilibre « chimique » entre égalité et inégalité.
-         La justice sociale est une question de responsabilité.
-         Bill Gates a donné 60 milliards$ à des œuvres philanthropiques, il a quand même gardé 10 milliards$ pour lui.
-         L’égalité est une construction de l’histoire. On est passé de sociétés très inégalitaire à une société de droit.
-         L’esprit d’égalité, c’est la reconnaissance de l’un par l’autre.
-         La démocratie exige l’égalité et la dignité des personnes.
-         L’égalité n’est pas la seule valeur ; la liberté, l’égalité et la fraternité se corrigent mutuellement. Il n’est pas bon de faire un absolu d’une seule valeur.

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