Station "L'homme et le cosmos"

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Cadran solaire analemmatique - juin 2014

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ACTIVITES DE L'ASSOCIATION

PROGRAMME DES ACTIVITES

NOS CAFÉS PHILO

Nos cafés philo fonctionnent selon les principes de respect des intelligences, de neutralité et de partage

énoncés, par exemple, sous l'onglet "Qu'est-ce?" du site de cafesphilo.org ou la vidéo

en général les derniers vendredis du mois, sauf pendant les vacances scolaires

A 20 heures, 11 rue Ferdinand Lesseps à 95570 Bouffémont Plan

(Photo +Parking derrière l’immeuble de la Poste)

La participation est libre.

Prochains cafés philo

préparés et animés par Catherine Delaunay et Pierre Haller

Vendredi 20 octobre 2017 : « Qu’est-ce que la normalité ? »

Vendredi 24 novembre 2017 : « La reconnaissance : une valeur ou un leurre ? »

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Programme 2017 de « TOUS PHILOSOPHES ! »

avec le Réseau des médiathèques de Val Parisis

Télécharger le programme 2017 « Tous philosophes » ou voir sur le site Internet de ces médiathèques.

+ Cafés philo préparés et animés par Catherine Delaunay et Pierre Haller

- Samedi 4 novembre 2017 à 15 h : Médiathèque d’Ermont. « L’autre et moi ».

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Sortie d’hiver

+ Dimanche 3 décembre 2017 de 10 h à 12 h 30 : Sortie d’hiver annuelle sur le Chemin du philosophe en forêt domaniale de Montmorency sur le thème : « Passer l’hiver». Rendez-vous devant Château de la chasse.

dimanche 28 octobre 2012

Compte rendu du café philo du 26 octobre 2012





Quarante personnes ont participé ce vendredi 26 octobre 2012 au café philo de Bouffémont (Val d’Oise), préparé et animé par Catherine Delaunay et Pierre Haller sur le thème « Qu’est-ce que l’intérêt général ?». La séance a débuté par le vote des thèmes des trois prochains cafés philo.
Vendredi 30 novembre 2012 : "Quelle fraternité dans le monde moderne ?"
Vendredi 25 janvier 2013 : "La volonté a-t-elle encore un rôle à jouer ?"
Vendredi 22 février 2013 : "Qu'est-ce qu'un chef en démocratie ?

Avant le lancement de la discussion, Jeannine Dion-Guérin a récité son poème inédit spécialement composé pour notre soirée : « de l’intérêt de tous »
Merci aussi à Merlaud d’avoir mis la sonorisation à notre disposition.



L’intérêt général c’est faire passer le « nous » avant le « je ».
Trois thèses sont en jeu :
-          L’intérêt général est la somme des intérêts particuliers.
-          L’intérêt général est une mystification au service des classes dominantes.
-          L’intérêt général est la finalité ultime de la démocratie.

L’intérêt général est la somme des intérêts particuliers. Les hommes sont essentiellement motivés par leurs désirs personnels et  par la défiance réciproque. Pour le philosophe anglais Thomas Hobbes  (1588-1679) « L’homme est un loup pour l’homme ». La violence est régulée grâce à des contrats. Dans sa Fable des abeilles, l’écrivain néerlandais Bernard Mandeville (1670-1733) illustre la thèse que les « vices privés font le bien public ». Il a inspiré Adam Smith (1723-1790) et il est considéré comme un précurseur du libéralisme économique qui se fie à la main invisible du marché comme régulatrice du monde. Le philosophe britannique Jeremy Bentham (1748-1832), est le père de l’utilitarisme qui est une doctrine éthique qui prescrit d'agir (ou ne pas agir) de manière à maximiser le bien-être global de l'ensemble des êtres sensibles.

L’intérêt général est une mystification au service des classes dominantes.
C’est le point de vue du philosophe Karl Marx (1818-1883). Il condamne la propriété privée, doctrine qui a été mise en œuvre un certain temps par les régimes communistes.  

L’intérêt général est la finalité ultime de la démocratie.
Pour le philosophe grec Aristote (-384 à -322), les hommes ont des biens communs que la cité doit préserver ; chacun a un bien commun au-dessus de lui. Pour le philosophe Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), le fondement de la souveraineté est dans le peuple. La volonté générale fonde l’intérêt général qui 1) assure l’égalité et la liberté de tous, 2) est inspiré par la raison, 3) applique la même loi à tous.

D’un point de vue anthropologique, l’homme est un être collectif.



Selon Wikipédia, l'intérêt commun, l’intérêt général ou l'intérêt public, désignent la finalité des actions ou des institutions qui intéressent l'ensemble d'une population.

Les frontières entre ces trois concepts restent floues.

    L'intérêt commun désigne la résultante de l'ensemble des intérêts exprimés par les membres d'une communauté. Il se pose la question de la légitimité de cette expression, en raison des difficultés pratiques de sa détermination (exhaustivité, représentativité, sincérité ...). Ex. : la  limitation de la vitesse sur la route.
    L'intérêt général désigne une finalité d'ordre supérieur qui prétend être « quelque chose de plus ambitieux que la somme des intérêts individuels ». Ainsi, l'intérêt national correspond-il à l'intérêt de la Nation selon la formule d'Ernest Renan: « Avoir fait de grandes choses ensemble et vouloir en faire encore ». Ex. : la recherche scientifique.
    L'intérêt public concerne la mise en œuvre de l'intérêt général à travers le cadre juridique du droit public d’une nation. Il est réalisé et défendu par les différentes instances sous l'autorité de l'État : santé publique, instruction publique, culture, sécurité et ordre publics, justice, urbanisme, transport, infrastructures, droits civil, pénal ou commercial, organisation de l’Etat et des collectivités publiques, environnement.

L’intérêt général est au cœur des débats politiques, économiques. Ces débats mettent en jeu la complexité interactions des intérêts particuliers et généraux, les équilibres des pouvoirs, les droits de propriétés, l’efficacité et les dérives des acteurs. L'ensemble des collectivités publiques est concerné depuis le niveau des collectivités locales jusqu'aux échelons les plus élevés de l'État ainsi que des institutions internationales.


L’histoire
La préoccupation de l’intérêt général et ses démêlés avec les pouvoirs traversent l’histoire de l’humanité.

Les anciennes cités grecques étaient souvent dirigées par des tyrans. Un tyran est un individu disposant d’un pouvoir absolu. C'est un homme qui s'empare illégalement ou illégitimement du pouvoir, le conserve au mépris des lois et règne par la terreur. C’est à partir de l’époque de Platon, au 5ème siècle av. JC, que le tyran est considéré négativement.

Selon Aristote : "Tous les gouvernements qui ont pour but l'utilité commune des citoyens, sont bons et conformes à la justice, dans le sens propre et absolu; mais tous ceux qui ne tendent qu'à l'avantage particulier des hommes qui gouvernent, sont dans une fausse route; ce ne sont que des corruptions ou des déviations des bons gouvernements. »

Han Fei Zi est un philosophe et un penseur politique chinois (mort en 233 av. J.-C.). Dans son œuvre, « Le tao du Prince », l'ordre social et politique, incarné par le prince, est d’essence cosmique. Le prince est maître des mots et détenteur de la vérité. S’il dit « qu’un cheval blanc n’est pas un cheval », c’est qu’il a de bonnes raisons. La prospérité ne peut-être apportée que par un État fort, qui repose sur des lois très strictes et non sur la morale et la compréhension, contrairement au confucianisme. Le prince a deux préoccupations : un peuple travailleur, corvéable et suffisamment bien nourri ainsi que des barons suffisamment occupés pour éviter qu’ils ne conspirent en vue de prendre le pouvoir. Les punitions et les récompenses constituent le mode de régulation sociale et politique. Les récompenses sont délivrées non en fonction d’un service rendu mais pour l’obéissance.

Dans le Prince de Machiavel au 16è siècle, il ne s'agit pas de se référer à des valeurs morales transcendantes comme le faisait Platon dans La République, ni de poursuivre une utopie. La politique doit s'exercer en tenant compte des réalités concrètes, ce qui fait nécessairement passer la morale au second plan. Il faut toutefois maintenir des marges de liberté entre la contingence de l'histoire (la fortuna). La « vertu » (virtù) du prince n'est donc pas morale mais politique : c'est l'aptitude à conserver le pouvoir et à affronter les contingences de l'histoire (la fortuna) en sachant doser la crainte et l'amour qu'il peut inspirer de façon à maintenir l'ordre et l'unité de sa cité. L'originalité de la pensée de Machiavel est cependant de conseiller au prince de ne pas mépriser toute forme de moralité : pour s'assurer le soutien et l'appui de la population, le prince devra respecter publiquement, au moins en apparence, les règles de morale admises par son peuple.

Liberté, Égalité, Fraternité est la devise de la République française et de la République d’Haïti. Si elle puise ses origines dans la Révolution française, au cours de laquelle elle fut une formule parmi d'autres, elle n'est adoptée officiellement en France qu'à la fin du XIXe siècle, par la Troisième République.

La tyrannie constitue une matière théâtrale depuis l’antiquité : Œdipe roi ou Créon dans Antigone de Sophocle (5ème siècle av. JC), Alfred Jarry - Ubu Roi (1896),  Bertold Brecht - La Résistible ascension d’Arturo Ui (Hitler), 1941, Albert Camus - Caligula (1944/1945).

Pierre Rosanvallon s’interroge aujourd’hui sur la légitimité démocratique  dans son ouvrage «La révolution de la légitimité ». Le peuple est à la source de tout pouvoir démocratique, mais que l'élection ne suffit jamais à garantir le respect de l'intérêt général. La démocratie doit se plier à un triple impératif de mise à distance des positions partisanes et des intérêts particuliers (légitimité d'impartialité), de prise en compte des expressions plurielles du bien commun (légitimité de réflexivité), et de reconnaissance de toutes les singularités (légitimité de proximité). D'où le développement d'institutions comme les autorités indépendantes et les cours constitutionnelles, ainsi que l'émergence d'un art de gouvernement toujours plus attentif aux individus et aux situations particulières.

Les réformes de l’Etat pour gouverner la société
Depuis les années 1960, les experts, hauts fonctionnaires et responsables politiques ont œuvré à l’émergence d’une nouvelle rationalité remettant en cause des us et coutumes administratifs. 
Ces réformes ont rencontré des résistances de la part de ces administrations sur trois fronts : 1) la transparence, 2) la mesure précise de l’activité évaluée, 3) l’exigence de rentabilité. Le discours contre l’Administration est souvent biaisé. Celle-ci est prise comme bouc émissaire.

Vices et vertus du corporatisme
Le corporatisme des fonctionnaires serait la source de tous nos maux ! Si les arguments pour dénoncer l'esprit de corps et les réflexes corporatistes ne manquent pas, la face positive du corporatisme existe également. En favorisant l'organisation et la structuration de l'appareil administratif, l'esprit de corps permet une véritable moralité administrative, renforçant chez les fonctionnaires le souci de l'intérêt général et du service public, en même temps que l'attachement à leur fonction et à leur statut de serviteur de l’Etat. L’inertie administrative n’a pas que des défauts. Elle permet le maintien du cap du navire de l’Etat dans les tourmentes politiques.

Le monde associatif
Derrière la promotion du monde associatif et de « l’économie sociale et solidaire », se décèle le désengagement de la fonction publique et la dérégulation programmée du travail. Le marché du travail associatif est constitué d’acteurs précarisés qui ont perdu le statut naguère garanti par la fonction publique.

Le service d’intérêt général européen.
Depuis l’Acte unique de 1986, l’Union européenne a engagé un mouvement de libéralisation des services publics de réseaux de communications, de transport et d’énergie, aussi appelés services d’intérêt général (SIG). Il s’agissait à la fois d’européaniser ces services d’intérêt général comme éléments clés de la construction européenne, d’assurer la libre circulation des services et la réalisation du marché unique intérieur, ainsi que de renforcer l’efficacité dans des domaines souvent protégés par des monopoles locaux, régionaux ou nationaux. L’application des directives européennes aux télécommunications, à l’énergie, aux transports, à l’eau, à l’assainissement ont contribué à l’amélioration des services au prix de l’augmentation des coûts et des incidences problématiques sur l’emploi des salariés de ces secteurs.  

Les services d'intérêt général doivent-ils être confiés au privé ?
Les réponses sont multiples selon l’efficacité, les coûts, l’accès de tous, l’égalité de traitement, la régulation, le contrôle, le respect des règles, les statuts des personnels. Le secteur bancaire, l’industrie du transport, de l’énergie, (notamment les nouvelles énergies renouvelables), des télécommunications, de la distribution d’eau, des travaux publics mettent souvent en œuvre des pratiques astucieuses permettant de collectiviser les investissements ou les pertes et de privatiser les bénéfices. La règlementation européenne impose aux collectivités chargées de l’intérêt général d’emprunter et donc de s’endetter essentiellement sur le marché bancaire privé. Une grande partie de la fiscalité sert donc à alimenter le système bancaire. 


Le mécénat valeur actuelle

Caprice de dirigeant, publicité déguisée, acte de charité ou supplétif d'un Etat nécessiteux, loin de ces stéréotypes, le mécénat offre depuis quelques années un lieu de rencontre intelligent, parfois stratégique, entre les puissances du marché et l'intérêt général.

L’investissement dans l’humanitaire, l’environnement ou l’art de grands groupes industriels n’a pas uniquement pour objectif d’alimenter « la danseuse du président » ou d’améliorer leur image, mais aussi de proposer, au moins à une certaine partie du personnel, des modes d’engagement pouvant transcender la rationalité abrupte de l’entreprise.

Lobbying et intérêt général
A l'heure de l'actionnaire tout-puissant et du consommateur éclairé, les tenants de la course à l'influence avancent masqués: sous les traits de l'intérêt général, du progrès scientifique ou d'un mouvement populaire. Ces nouveaux guerriers de l'ombre sont de grands cabinets américains, des agences de communication ou des personnalités monnayant leur carnet d’adresses en free-lance. Ils manœuvrent les législations européennes et nationales, les organismes de certification ou de contrôle, les études scientifiques.
Les impératifs de l’intérêt général se heurtent trop souvent à d'importants groupes commerciaux, à des industriels à des corporations pour qui cet intérêt général pèse de peu de poids face à leur intérêt particulier. Pour influencer les consommateurs, l'opinion publique et les décideurs politiques, rarement la justice (mais tout de même), ils n'hésitent pas à recourir aux services de cabinets de lobbying chevronnés.

Un certain nombre d’associations de défense des citoyens dénoncent régulièrement les agissements qui vont à l'encontre de l'intérêt général et de la santé publique, de l’environnement en braquant les projecteurs sur les lobbies de l'alcool, du médicament, du tabac, de l'agroalimentaire, de la chimie, de l’automobile, de l’énergie, des assurances, de l’assurance maladie, des caisses de retraites, de la sécurité publique, des complexes militaro-industriels.

Les Mafias
Une mafia (ou maffia) est une organisation criminelle dont les activités sont soumises à une direction collégiale occulte et qui repose sur une stratégie d’infiltration de la société civile et des institutions. On parle également de système mafieux. La mafia a aussi un rôle social. Les mafieux cherchent à avoir des rôles importants dans des activités de médiation sur le plan politique, social ou économique. En particulier elle se situe à  la jonction entre la sphère légale et illégale. Elle assure des liens avec les classes politiques et les institutions, soit à l'échelle régionale, soit à l'échelle nationale. Grâce à cette interpénétration, elle arrive à accéder à certaines ressources, dont des marchés publics. Elle arrive dans certains cas à agir en toute impunité judiciaire parce qu'elle monnaie son soutien à la classe politique à travers l'influence qu'elle exerce sur la société.

Droit et fonctions régaliens
 « Droit régalien » désigne des pouvoirs exclusifs du seigneur que personne d'autre n'a le droit d'exercer sur son territoire. En économie, les fonctions régaliennes désignent des tâches que l'Etat ne doit pas ou ne peut pas déléguer à des sociétés privées. La liste des droits ou fonctions régaliennes dépendent du système politique et de l'opinion de chacun.
Dans notre régime démocratique, l’Etat a les prérogatives suivantes :
    Assurer la sécurité extérieure par la diplomatie et la défense du territoire ;
    Assurer la sécurité intérieure et le maintien de l'ordre public, avec, notamment, des forces de police ;
    Définir le droit et rendre la justice ;
    Détenir la souveraineté économique et financière en émettant de la monnaie, notamment par le biais d'une banque centrale.

Géopolitique et Géostratégie
L’intérêt général d’une nation relève de son positionnement géopolitique dans le concert des nations et de ses relations internationales. Les enjeux de la géostratégie sont multiples : approvisionnements en matières premières, gestion des conflits, mouvements autonomistes, gestion des flux migratoires, lutte contre le terrorisme, rayonnement de la langue et de la culture (francophonie, musées, Radio France Internationale), accueil d’étudiants et de professeurs étrangers, relations industrielles et commerciales,  prolifération nucléaire, marchés de l’armement, alliances militaires, protection de l’environnement, du climat et des espèces vivantes, régulation des marchés, normes internationales, Internet, organismes internationaux, projets internationaux, etc.

Les dérives de l’intérêt général.
Les petites et grandes tyrannies s’abritent la plupart du temps derrière l’intérêt général. Elles expriment le goût du pouvoir, l’intérêt particulier, mais aussi des perversions narcissiques voire sadiques d’individus. Elles peuvent toucher toutes les sphères de la vie en société : la famille, l’école, l’entreprise, les services de police, l’administration, la justice, le monde carcéral, les milieux religieux, les milieux médicalisés, les armées. Toutes ces institutions ont des missions d’intérêt général et connaissent des dérives récurrentes qui nécessitent des systèmes de contrôle, voire de contrôle du contrôle.



Propos entendus
L’Etat distingue les associations d’intérêt général des autres.
L’intérêt général et l’intérêt particulier sont les deux faces d’une même médaille.
Ils s’équilibrent et sont complémentaires dans un conflit permanent.
Tout ordre social est une fiction.
Le bien, c’est les deux faces de la médaille.
Un organisme vivant est un ensemble de cellules élémentaires qui survivent grâce à l’organisme qu’elles font vivre.
L’intérêt général passe par la conscience et la morale.
La liberté et l’égalité sont des concepts politiques. La fraternité fait appel à la morale.
L’intérêt = inter est = ce qui est entre les gens.
L’intérêt général ne va pas toujours dans le sens de la morale, par exemple la prostitution.
L’intérêt général relève de l’interprétation personnelle.
Dans notre société mondialisée, il est de plus en plus difficile de définir l’intérêt général.
On ne sait plus où on en est.
L’intérêt général varie en fonction de l’échelle de tailles des organisations sociales et de l’échelle de temps. On ne peut pas dissocier l’intérêt général du groupe d’appartenance.
Il faut une autorité pour légitimer l’intérêt général.
Pour Rousseau l’autorité, c’est le peuple.
Il manque le motif humaniste pour stimuler l’intérêt général. Toute réadaptation est un progrès. L’intérêt général est que chacun puisse être authentique.
Au 5ème siècle av. JC, la monarchie a été abolie à Rome et remplacée par la république par les aristocrates. L’esclavage faisait partie de l’intérêt général.
L’IP dicte les limites de l’ l’intérêt général et réciproquement.
L’économique prime toujours.
L’intérêt général crée des discriminations.
Les sociétés les plus pauvres sont les plus solidaires.
Hitler parlait de l’intérêt général.
L’intérêt général c’est du qualitatif et du quantitatif.
Beaucoup de gens servent l’intérêt général sans être reconnus.
Les limites entre l’intérêt particulier et l’intérêt général sont le bien général.
L’intérêt général oscille entre Rousseau et Marx.
Je suis impressionné par les « Pigeons » qui luttent pour la survie des entreprises.
Les patriotismes nationaux et économiques sont préoccupants.
Les bonnes actions doivent servir de guides.
L’intérêt général possède un périmètre.
L’intérêt général est fluctuant.
L’histoire humaine change d’ère. Je ne suis pas optimiste sur l’intérêt général.
Il faut lutter pour l’intérêt général. Certains sacrifient leur vie.
Les rapports entre l’intérêt particulier et l’intérêt général sont compliqués. Il faut beaucoup d’explications ainsi que des référendums.
Il faut des responsables avec du recul.
Jamais la vérité n’est dite pour calmer les esprits.
Il y a beaucoup de manipulation de l’intérêt général. Mais j’y crois.
L’idéalisation de l’intérêt général ne correspond à rien.
L’intérêt général est à géométrie variable dans l’espace et le temps.
Les mots de l’intérêt général ont des sens différents selon les pays. Socialiste est une injure aux Etats –Unis. Laïc est un crime en Afghanistan.
La guerre en Afghanistan sert le lobby des armes.
L’intérêt général est un état fragile. C’est lorsque chacun sent un lien avec l’autre.
Les intérêts particuliers sont souvent cachés.
L’intérêt général c’est le progrès de la dignité humaine.
Il faut être conscient de ses avantages personnels.
Il ne faut pas supprimer l’intérêt particulier, car l’individu a une valeur en soi.
Pour l’économiste Daniel Cohen, « l’Homo economicus » est essentiellement non économique.
Etre citoyen c’est penser en terme l’intérêt général.
« Le problème n'est pas de supprimer l'intérêt privé, mais de le purifier et de l'anoblir; de le saisir dans des structures sociales ordonnées au bien commun, et aussi (et c'est le point capital), de le transformer intérieurement par le sens de la communion et de l'amitié fraternelle. »’ Jacques Maritain, Humanisme intégral, 1936, p. 201.
« Il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous ». Épictète (50-125 ou 130 ap. J.-C.)


Citations
« Le pur intérêt personnel est devenu à peu près indéfinissable, tant il y entre d'intérêt général.» Henri Bergson

« Ceux qui croient agir en fonction de l'intérêt général sont en réalité conduits à favoriser des intérêts particuliers qui ne font pas partie de leurs intentions. » Milton Friedman

« Toute classe qui aspire à la domination doit conquérir d'abord le pouvoir politique pour représenter à son tour son intérêt propre comme étant l'intérêt général. » Karl Marx

« On doit se dévouer à l'intérêt public. » Cicéron

« Si tu n'es pas honnête par conviction, sois-le par intérêt. » Anonyme

« Nous ne sentons les maux publics que s’ils touchent à nos intérêts particuliers. » Tite-Live

« L'utilité de la vertu est si manifeste que les méchants la pratiquent par intérêt.  » Vauvenargues

« Souvenez-vous que l'intérêt des compagnies pharmaceutiques est la maladie. »
William Burroughs

« L’intérêt que j’ai à croire une chose n’est pas une preuve de l’existence de cette chose. »
Voltaire

« Qui vit de combattre un ennemi a tout intérêt de le laisser en vie. » Friedrich Nietzsche

« Un ambassadeur est un honnête homme que l'on envoie mentir à l'étranger dans l'intérêt de son pays. » Henry Wotton

« L’État peut être légal mais il n’est légitime que lorsque, à la tête de la nation, il reste l’arbitre qui garantit la justice et ajuste l’intérêt général aux libertés particulières. » Albert Camus

«  Depuis que le capitalisme existe, la croissance est toujours le fruit d’une coopération réussie entre la puissance publique et l’initiative privée, entre l’intérêt général et l’intérêt particulier. » Nicolas Sarkozy

Ma laine, c'est pour l'intérêt général...


Tocqueville (1805-1859) et le lien entre l'intérêt privé et l'intérêt général

   « Les affaires générales d'un pays n'occupent que les principaux citoyens. Ceux-là ne se rassemblent que de loin en loin dans les mêmes lieux ; et, comme il arrive souvent qu'ensuite ils se perdent de vue, il ne s'établit pas entre eux de liens durables. Mais quand il s'agit de faire régler les affaires particulières d'un canton par les hommes qui l'habitent, les mêmes individus sont toujours en contact, et ils sont en quelque sorte forcés de se connaître et de se complaire. On tire difficilement un homme de lui-même pour l'intéresser à la destinée de tout l'État, parce qu'il comprend mal l'influence que la destinée de l'État peut exercer sur son sort. Mais faut-il faire passer un chemin au bout de son domaine, il verra d'un premier coup d'œil qu'il se rencontre un rapport entre cette petite affaire publique et ses plus grandes affaires privées, et il découvrira, sans qu'on le lui montre, le lien étroit qui unit ici l'intérêt particulier à l'intérêt général. C'est donc en chargeant les citoyens de l'administration des petites affaires, bien plus qu'en leur livrant le gouvernement des grandes, qu'on les intéresse au bien public et qu'on leur fait voir le besoin qu'ils ont sans cesse les uns des autres pour le produire. On peut, par une action d'éclat, captiver tout à coup la faveur d'un peuple ; mais, pour gagner l'amour et le respect de la population qui vous entoure, il faut une longue succession de petits services rendus, de bons offices obscurs, une habitude constante de bienveillance et une réputation bien établie de désintéressement. Les libertés locales, qui font qu'un grand nombre de citoyens mettent du prix à l'affection de leurs voisins et de leurs proches, ramènent donc sans cesse les hommes les uns vers les autres, en dépit des instincts qui les séparent, et les forcent à s'entraider. » De la Démocratie en Amérique.

lundi 22 octobre 2012

Compte rendu du café philo du 20 octobre 2012 à Domont

Danseur Soufi






Corinne Féron, chanteuse lyrique
Quelque trente-cinq personnes ont participé à notre rencontre-débat ce samedi soir 20 octobre 2012 au collège Aristide Briand qui abritait la 17ème Foire du livre de Domont (Val d’Oise). Messieurs Robert Daviot, conseiller général du Val-d’Oise, et Alexandre Rodriguez-Mekki, chef d’établissement, avaient eu la bonne idée de compléter cette manifestation par un débat plus philosophique. Le thème préparé et animé par Catherine Delaunay et Pierre Haller était : « Quelles cultures au 21ème siècle ? ». La soirée a été agrémentée par quelques purs moments de grâce artistique. Corinne Féron, accompagnée au piano par Delphine Armand nous ont toutes deux envoûtés au cours de leur récital de chants lyriques. La BIP (Brigade d’Intervention Poétique), un groupe d’élèves du collège piloté par leur professeure Isabelle Straëbler, ont récité de courts poèmes de Verlaine et de Herrera Marin (en espagnol !!). Claire Ubac a lu un extrait de son roman « Ne sois pas timide ». Et pour finir, Marguerite Bertoni a récité son poème « Etreinte » et Alain Penso a déclamé en impromptu le poème de Charles Péguy « Châteaux de Loire » qu’il avait appris dans son enfance.

 
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Altamira
Au cours de l’histoire de l’humanité le mot culture a pris différents sens.
-         La culture de la terre au sens agricole dès l’antiquité.
-         La culture de l’esprit dans le sens intellectuel au 1er siècle avant J.C.
-         La culture au sens humaniste à la Renaissance.
-         La culture au sens anthropologique et sociologique au 19ème siècle reconnaissant que chaque société possède une culture.
-         La culture de masse dans la seconde partie du 20ème siècle.
-         La culture numérique à partir de 1990.
L’objet du débat est d’envisager l’avenir pour toutes ces cultures.
Lors des conquêtes de colonisation au 19ème siècle les Européens ont prétendu apporter la culture aux autres peuples. Pour Bronisław Malinowski, (1884-1942) la culture est constituée de l’ensemble des productions d’une société destinées à assurer sa survie. Tout ce qui est chargé de sens relève de la culture. A l’époque actuelle, la culture connaît un glissement de sens, passant de l’élitaire à la distraction et au loisir. C’est un objet de consommation. Edgar Morin (1921-) souligne l’aspect polyculturel de masse et la cohabitation des cultures humanistes, religieuses, sportives...
La culture numérique est parfois appelée 6ème continent en expansion. Tous les savoirs sont disponibles et déjà distribués. Les facultés sont décuplées. Les interlocuteurs sont pléthoriques. La liberté d’expression est en principe totale. C’est la revanche de la masse sur l’élite, selon Michel Serres (1930-) dans « Petite Poucette ». Par contre, l’information ce n’est pas la culture ; celle-ci s’appuie sur la conceptualisation. Il faut inventer de nouveaux modes d’emplois  pour apprendre à apprendre. L’ordinateur ne remplacera jamais le cerveau humain doué de a) désir de savoir, b) d’intériorisation du savoir en se mettant en rapport avec des savoirs antérieurs, c) d’interprétation du savoir.
L’adage de Montaigne (1533-1592)  « Il vaut mieux une tête bien faite qu’une tête bien pleine » reste d’actualité.

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Si l’homme était un animal ordinaire, le poids de son cerveau par rapport au poids de son corps serait de l’ordre de 600 grammes au lieu de 1300 grammes. C’est avec ce supplément de 700 grammes que sont fabriquées sa culture et sa barbarie, qui semblent constituer les deux faces de sa nature profonde. 
Picasso, Guernica
Définition
En philosophie, le mot culture désigne ce qui est différent de la nature, c'est-à-dire ce qui est de l'ordre de l'acquis et non de l'inné. Claude Lévi-Strauss (1908-2009) considère que la culture est naturelle à l'homme. Tous les hommes en ont une. L’état de nature (état pré-culturel) ne serait que pure fiction. La culture a longtemps été considérée comme un trait caractéristique de l'humanité, qui la distinguait des animaux. Mais des travaux récents en éthologie et en primatologie ont montré l'existence de cultures animales.
En sociologie,  la culture est définie comme "ce qui est commun à un groupe d'individus et comme ce qui l’identifie et le soude. Elle évolue dans le temps par des échanges. Elle se constitue en manières distinctes d'être, de penser, d'agir et de communiquer.
Il existerait 150 définitions différentes du mot culture :
Culture générale, culture d’entreprise, culture d’ingénieur, religieuse, le sacré,  artistique, littéraire, scientifique, biens culturels, ministère de la culture, us et coutumes, comportements, savoirs, éthique, paradigmes, valeurs, normes, artefacts, institutions politiques, sociales, économiques, culture individuelle ou  collective, cuisine, habitat, vêtements, monuments, rites sociaux et religieux, langues et langages, etc.
Les modes de transmission des cultures : oralité, l’école, les livres, l’architecture, les œuvres d’art, l’écriture, les médias, l’Internet. Les objets matériels et immatériels de la culture constituent le patrimoine collectif transmis comme héritage de génération en génération.
Les modes de transformation des cultures : les intellectuels, les inventeurs, les artistes, les artisans, les rencontres des cultures, les migrations, les guerres, les mariages, les traductions et les erreurs de traduction.
Tout comme il y a une évolution biologique, certains éthologues, ainsi que plusieurs généticiens, estiment qu’il y a une évolution culturelle, et que cette évolution se fait par mutation, puis est transmise par des "gènes" de la culture, appelés mèmes, par l’éthologiste Richard Dawkins (1941-) qui subissent une pression sociale et environnementale, aboutissant à leur disparition ou au contraire à leur expansion en fonction de leur plasticité.

La culture populaire
Historiquement les pouvoirs religieux et civiles ont adossé leur légitimité voire leur auto-célébration à des œuvres d’art : monuments, temples, cathédrales, parures, orfèvrerie, musées, livres, la musique, l’opéra, etc. Une certaine culture normative a toujours participé à la stabilité sociale et à la création de sens pour les personnes. La culture est aussi un facteur de différenciation, d’identification, voire de discrimination sociale.
Au 19ème siècle des industriels et des « utopistes » (Charles Fourier, Jean-Baptiste Godin, Maurice Pottecher) se sont attachés à développer l’accès à la culture pour les ouvriers. L’instruction des enfants fut rendue obligatoire en 1882 par Jules Ferry.
Le concept d’université populaire a pris naissance au Danemark au 19ème siècle. En France, la première est créée en 1896 dans le contexte de l’affaire Dreyfus. C’est depuis 1963 que le concept s’est développé de manière importante à partir de Mulhouse à l’instar des « Volkshochschulen » allemandes.
Au 20ème siècle, ce fut la création des comités d'entreprise qui permit aux employés de bénéficier d’activités culturelles proches de leur lieu de travail (prêt de livres, de disques…). Les MJC (Maisons des Jeunes et de la Culture) ont connu différentes phases de développement depuis 1905 avec un essor particulier à partir de 1959 sous de Gaulle.
La vie associative en France comporte un million d’associations loi 1901 auxquelles adhèrent 33 % de la population. 23 % des associations ont pour objet la culture, les loisirs et le tourisme ; 8,5% la formation et l’éducation.
Les activités de mécénat, fort anciennes, se sont multipliées, afin de renforcer l’image des entreprises : par exemple le sport (voile, tennis, football, cyclisme…), pour donner une image d’esprit d'équipe. Le mécénat tend à s’ouvrir aujourd’hui à des activités plus artistiques.

Canaletto, Place Saint-Marc de Venise
La tradition d’intervention du pouvoir en matière culturelle remonte à François Ier et Louis XIV, qui soutiennent les artistes par des bourses et commandent des œuvres d’art. Cette tradition s’est perpétuée. Le préambule de la constitution de 1948, repris dans celle de 1956, stipule que la « nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. » Le ministère de la culture a été créé en 1956 sous la direction d’André Malraux.
Le budget de la culture
En 2013, le ministère de la Culture et de la Communication bénéficiera d’un budget de 7,4 milliards d’euros : 3,55 milliards d’euros en faveur des secteurs de la culture, de la recherche et des médias et 3,83 milliards d’euros en faveur de l’audiovisuel public.
Selon l’Insee, les ménages consacrent de l’ordre de 4 % de leur budget à la culture et à la récréation (dont 1% aux jeux de hasard ...).

L’Union Européenne 

Anthropologie de la culture
La culture est constituée d’informations, des supports de ces informations et de pratiques. La fonction cognitive de l’humain, nécessaire à son action sur le monde, est composée de la mémoire, de l’imagination et de la raison. Ces modes de fonctionnement reposent à la fois sur des processus mentaux intériorisés et sur des supports extérieurs, vecteurs de la diffusion de la culture. Chaque nouvelle technique a généré un saut qualitatif et quantitatif de la culture, transformant les sciences, les arts, les mœurs et même les fonctionnements cérébraux des individus. Socrate (-470, -399) déplorait que l’écriture appauvrisse la mémoire et la capacité de raisonnement. L’imprimerie a mis en danger les pouvoirs des princes des religions et temporels qui ont longtemps cherché en vain à ne pas en perdre le contrôle. La télévision a conduit à des transformations des mentalités dans les années 1960 en occident et touche depuis lors l’ensemble de l’humanité.
L'ordinateur nuirait à la mémoire : des scientifiques mettent en garde contre "la démence numérique".


L’internet
L’Internet mondialisé et les ordinateurs sont aujourd’hui les ultimes avatars de ces vecteurs de culture. Ils bouleversent tout. Les capacités de stockage de mémoire sont quasi infinies et chaque information est accessible grâce aux extraordinaires algorithmes des moteurs de recherche. L’information factuelle et visuelle se transmet instantanément sur tout le globe. Chaque jour s’inventent de nouvelles applications étendant considérablement les capacités de « raisonnement » des personnes (ou leur neutralisation !).
Cette révolution remet en cause les pouvoirs de ceux qui dictaient ce qu’est la culture ainsi que le rôle des vecteurs traditionnels, comme l’école, l’université, le ministère de la culture, le marché de l’art, le livre ou la télévision. Elle est, comme toutes les révolutions, porteuse du meilleur, du pire et de l’incertain. 
Le meilleur, c’est le brassage d’idées permettant à chacun d’accéder à la diversité de l’information, le traitement et le partage de données scientifiques, l’ouverture des cultures, de donner la voix aux sans voix, l’émancipation des femmes, l’évolution des identités collectives (notamment meurtrières dont parle Amin Maalouf), l’avancée de la démocratie, les préoccupations environnementales et humanitaires.

Les logiciels libres et l’Open source constituent d’extraordinaires gisements de créativité et de coopération entre des milliers de développeurs dans le monde. Ils devraient être porteurs de valeurs humanistes.

Le pire risque, c’est l’émergence de nouvelles formes de criminalité, de manipulations de masse, de désinformation, de contrôle totalitaire des sociétés, la banalisation du spectacle de violence, la virtualisation de la réalité, le renforcement de la société de spectacle et de consommation. 
L’incertain, c’est la relativisation de toute valeur, le nivellement de toutes les cultures ou l’affermissement des fondamentalismes, le renforcement de la société marchande, la dénonciation ou la banalisation de la violence.
Tout comme il n’était probablement pas possible d’imaginer l’impact de l’imprimerie au 15ème siècle, il n’est pas possible de se projeter dans l’avenir du monde informatisé. Tout ce qu’on sait est que le processus est irréversible.
La marque Apple a choisi comme logo une pomme entamée en souvenir du mathématicien fondateur de l’informatique Alan Türing (1912-1954), qui a croqué une pomme empoisonnée pour se suicider, apparemment à la suite du harcèlement et l’emprisonnement dont il fut l’objet à cause de son homosexualité. Alan Türing aurait choisi cette manière de mourir en mémoire de Blanche Neige qui a également croqué une pomme empoisonnée. Mais on peut voir dans cette pomme croquée une réminiscence du récit biblique du fruit de l’arbre de la connaissance qui est à l’origine de toute l’aventure humaine pour le meilleur et pour le pire.
On peut aussi consulter Vertus démocratiques de l’Internet (PDF - 214.5 ko) par Dominique Cardon .

Les défis culturels dans la modernité
Une évolution culturelle ne s’impose pas, elle s’accompagne. Les révolutions culturelles pilotées politiquement par les idéologues du 20ème siècle en Europe, en Russie, en Asie, ont été des retours à la barbarie et se sont accompagnées de millions de victimes. Les nouvelles technologies conduisent à des ordres et des désordres nouveaux. Les problématiques sont individuelles, nationales, mondiales. Elles suscitent de multiples questionnements.
Individuel : Quelles culture, quelles connaissances, quelles capacités intellectuelles, quelles valeurs sont nécessaire pour s’intégrer dans la société numérisée et donner du sens à la vie ?
National : Quelles interventions de l’Etat dans l’éducation, dans le patrimoine culturel ? Quels équilibres privé – public ? Quid de l’éducation populaire ? Quid du soutien aux associations culturelles, à la presse, aux médias, à l’industrie culturelle ? Quid de la promotion de l’excellence ? Quid de la reproduction des inégalités par la culture ? Quid du multiculturalisme ? La culture doit-elle être soumise aux lois du marché ? Quels contrôles étatiques minimums sont nécessaires ? Faut-il réécrire les histoires nationales ? Quels contenus des programmes scolaires ? Quelle politique des loisirs culturels ? (« La société de masse ne veut pas la culture mais les loisirs. » Hannah Arendt.) . Quid de la culture –spectacle ? La culture reste-t-elle un instrument de discrimination ou d’intégration ? Quid de la mainmise de coteries sur la culture ? (« La culture, c'est connaître cent mots de plus que les autres. » Frédéric Dard). Les institutions culturelles sont exposées aux mêmes risques que toutes les institutions, le repli sur soi narcissique, l’auto-proclamation, l’entre soi, le clanisme, l’opacité.
Mondial : Quid du sauvetage des cultures et langues en voie de disparition ? Le choc des cultures existe-t-il ? Quid de la domination de l’anglais ? Quid de la montée en puissance de la Chine et de l’Inde ? Quid des droits de propriété de l’information ? Quid des pays qui ont un accès restreint aux NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la communication)? Quid de la mainmise sur les NTIC par des géants mondiaux (Google, Microsoft,) ? Quid du risque de prise de pouvoir mondial ? Quid du risque d’instabilité systémique du monde hautement interconnecté ?


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Propos entendus
-         Les NTIC changent les méthodes de production d’œuvres, notamment cinématographiques. On peut réaliser une œuvre à l’aide d’un téléphone portable.
-         Bien des gens cultivés se sont avérés être des barbares.
-         La télé ne dit pas toujours la vérité. La diversité des sources d’information permet d’approcher la vérité.
-         Un professeur a réalisé une fausse page Wikipédia dans l’intention d’en démontrer les limites.
-         On croit souvent que quelque chose est vrai puisque c’est sur Internet ou sur la télé. Les gens ont appris à se méfier.
-         Wikipédia reste une excellente source d’information en général fiable.
-         Le copier-coller, ce n’est pas de la culture.
-         La facilité d’accès à l’information limite la vraie communication entre les gens, celle-ci passe par le cœur et le corps.
-         Internet est une information extérieure à soi.
-         La culture suit un projet personnel.
-         L’excès de connaissances est assimilable à la boulimie. On a le droit de ne pas savoir.
-         Je sais que je ne sais rien.
-         Comme Descartes, il faut savoir faire table rase par le doute et n’affirmer que ce qu’on a compris.
-         On a le droit d’être curieux de tout.
-         Internet n’est qu’un outil, mais on ne peut pas rivaliser avec lui.
-         Le professeur doit aider à s’approprier les savoirs.
-         Les enseignants doivent se former à ces nouveaux outils.
-         Je suis venu au café philo par Internet.
-         On ne brûlera plus jamais de livres.
-         Les hackers ont Internet à cœur.
-         L’humanisme disparaît avec Internet.
-         Le respect mutuel est une valeur culturelle.
-         Les informations que nous partageons ne nous dépossèdent pas, contrairement aux objets.
-         Il n’y a plus assez d’étudiants en licence pour le latin-grec.
-         L’ordinateur popularise la créativité artistique ou scientifique.
-         Les cultures sont en passe de s’universaliser.
-         L’universalisation, oui ; la globalisation, non !
-         La culture ce n’est pas le loisir.
-         L’artiste est un éveilleur.
-         Les cafés philo nous forment à l’échange et à l’écoute mutuelle.
-         Les déplacements et les contacts de personne à personne sont essentiels à l’échange.
-         Chez les Indiens Navarro, à l’approche de la mort, il faut partager son expérience de vie avec huit personnes qu’on ne connaît pas.
-         Il y a six milliards de cultures sur terre.
-         La culture a commencé à la préhistoire.
-         Les peintures sur les corps chez les aborigènes sont aussi de la culture.
-         Connaître et vivre, ce n’est pas la même chose.
-         Aller au marché c’est mieux que de faire les courses par Internet.
-         Il faut partager les cultures pour éviter la pensée unique.
-         Pour apprendre, il faut des émotions. Sans émotion, on décroche.
-         La culture ce n’est pas que de la rationalité ; il a la beauté et l’empathie.
-         La culture doit être un garde-fou contre la barbarie récurrente dans l’histoire humaine.
-         Chacun peut être un acteur et pas seulement un consommateur de culture.
  

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Poèmes récités par les élèves de la Brigade d’Intervention poétique
Olivier Herrera Marin
Olivier Herrera Marin (présent à la fête du livre de Domont)
ERES TÚ
No eres el sol,
ni eres la luna,
eres TÚ y me basta,
para soñarte,
para amartemás que a mi vida.
(Besa las estrellas) (1993) ...


Paul VERLAINE   (1844-1896)
Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

  
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Citations
« Le déterminisme ne met pas seulement en cause la liberté humaine. Il rend impossible la rencontre de la réalité qui est la vocation même de notre connaissance. » Prigogine, La fin des certitudes 1996
« Regardez Skype, c’est fascinant : le siège est au Luxembourg, les comptables en Suisse, les commerciaux en Italie, les fondateurs à Londres. »
« Le culturel conserve, la culture cultive. »  Bernard Lubat
« Aucune culture n'est l'entière vérité. » Richard Hoggart
« La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert. » André Malraux
« Le diplôme est l'ennemi mortel de la culture. » Paul Valéry
« La véritable école du Commandement est la culture générale. » Charles de Gaulle
« L'enracinement dans une culture peut permettre un accès à l'universel, pour autant qu'il s'agisse d'une culture ouverte. » Mireille Delmas-Marty
« La culture, c'est ce qui relie les savoirs et les féconde. » Edgar Morin
« Aucune culture, aucune religion, aucune civilisation n'est à l'abri de la destruction. » Jacques Ruffié
« La société de masse ne veut pas la culture mais les loisirs. » Hannah Arendt
« La science ne doit plus être exclusive mais faire partie intégrante de la culture. » Trinh Xuan Thuan
« Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver. » (Hanns Johst). Mais aussi  « Quand j’entends le mot révolver, je sors ma culture. » (Francis Blanche) ou « Quand j'entends le mot culture, je sors mon carnet de chèques. » (Jean-Luc Godard)
« Faire de l'orthographe le signe de la culture, signe des temps et de sottise. »  Paul Valéry
 « Culture et élite sont deux mots qui ne vont pas ensemble. » Marie-Claude Pietragalla
« La religion fait partie de la culture, non comme dogme, ni même comme croyance, comme cri. » Maurice Merleau-Ponty
« La culture, devenue intégralement marchandise, doit aussi devenir la marchandise vedette de la société spectaculaire. » Guy Debord
« L’Etat est un rempart nécessaire pour éviter une culture uniformisée et soumise aux réalités économiques. » Jacques Chirac
« La culture... ce qui a fait de l'homme autre chose qu'un accident de l'univers. » André Malraux
« Ce qu'on nomme culture consiste, pour une partie des intellectuels, à persécuter l'autre partie. » Jean-François Revel
« Tout homme persécute s’il ne peut convertir. A quoi remédie la culture qui rend la diversité adorable. » Alain
« L'humour est un phénomène produit par une précipitation soudaine de la culture dans la barbarie.» Wyndham Lewis
« C’est ça la culture, c’est un peu chiant, c’est bien ; chacun est renvoyé à son propre néant. » Michel Houellebecq
« Celui qui veut assassiner un peuple, détruira son âme, profanera ses croyances, ses religions, niera sa culture et son histoire. » Jean-Marie Adiaffi
You don't have to burn books to destroy a culture. Just get people to stop reading them. Ray Bradbury. (Ce n’est pas la peine de brûler des livres pour détruire une culture. Faites juste que les gens s’arrêtent de les lire.)