Station "L'homme et le cosmos"

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Cadran solaire analemmatique - juin 2014

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Pour trouver le Chemin du Philosophe : carte (avec le GPS, programmer 177, rue de Paris, Montlignon, le parking est proche)

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ACTIVITES DE L'ASSOCIATION

PROGRAMME DES ACTIVITES

Mise à jour 23/11/ 2017

NOS CAFÉS PHILO

Nos cafés philo fonctionnent selon les principes de respect des intelligences, de neutralité et de partage

énoncés, par exemple, sous l'onglet "Qu'est-ce?" du site de cafesphilo.org ou la vidéo

en général les derniers vendredis du mois, sauf pendant les vacances scolaires

A 20 heures, 11 rue Ferdinand Lesseps à 95570 Bouffémont Plan

(Photo +Parking derrière l’immeuble de la Poste)

La participation est libre.

Prochains cafés philo

préparés et animés par Catherine Delaunay et Pierre Haller

Vendredi 24 novembre 2017 à 20 h : « La reconnaissance : une valeur ou un leurre ? »

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Sortie d’hiver

+ Dimanche 3 décembre 2017 de 10 h à 12 h 30 : Sortie d’hiver annuelle sur le Chemin du philosophe en forêt domaniale de Montmorency

sur le thème : « Passer l’hiver». Rendez-vous devant Château de la chasse.

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+ Vendredi 9 février 2018 à 20 h 00

Entretien avec Pierre Péan, journaliste enquêteur :

« Témoignages sur les relations des médias avec la politique »

au Centre culturel - Salle des arts plastiques - 1, rue Jean-Baptiste Clément –à F 95570 BOUFFEMONT.

Localisation http://tinyurl.com/philobouffemont

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ACTIVITES DE NOS AMIS ET CONNAISSANCES

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+ Vendredi 24 novembre 2018 à 20 h 00 Radio Delta émission en direct (postcastable) avec Jean-Paul Ricker

à propos de Pierre Simon et le 50ème anniversaire de la loi Neuwirth sur la contraception.

lundi 20 décembre 2010

dimanche 12 décembre 2010

Promenade d’hiver sur le Chemin du philosophe.




Nous étions plus de cinquante à participer à cette promenade en forêt domaniale de Montmorency sur le Chemin du philosophe. Le sous-bois avait gardé les traces des chutes de neige du milieu de la semaine mais le soleil était au rendez-vous.
Cette promenade sur le thème Lumières d’hiver sur le Chemin du philosophe était notre manière de célébrer le solstice. Les petites lumières au cœur de la nuit nourrissent l’espérance des humain depuis la nuit des temps. La promenade a été ponctuée par des évocations (assez brèves) de différents aspects rattachés à ce thème.
Philippe nous a expliqué le fonctionnement planétaire des saisons avec le rôle crucial de la Lune pour la stabilisation de la rotation de la Terre. Cette merveilleuse mécanique permet de réguler la température de notre planète et donc l’émergence de la vie.
Catherine nous a présenté les mythologies liées au solstice d’hiver de la plupart des civilisations. Le christianisme a fixé au 4ème siècle la date Noël le 25 décembre correspondant à la fête du Sol invictus (le soleil invaincu)des Romains.
Denise nous a  révélé beaucoup d’aspects inconnus de la vie des fourmis dont l’organisation sociale permet de traverser les rigueurs de l’hiver.
Michèle  a partagé un conte issu de la saga du Kalevala de Finlande où les nuits d’hiver sont particulièrement longues.
Chacune des ces interventions a été ponctuée par un texte classique.
-          Hymne védique : L’ardeur cosmique
-          Hymne orphique : Le parfum de la nuit 
-          Jean de la Fontaine : La colombe et la fourmi 
-          Claude Roy : La nuit 

Des marque-pages comportant des haïkus sur le thème de l'hiver ont été distribués aux participants.

Un buffet de boissons chaudes et de petits gâteaux de Noël a complété la grâce de ces rencontres lumineuses au cœur de l’hiver.

lundi 29 novembre 2010

café philo du 26 novembre - suite

Notre ami Michel K. nous a adressé ses réflexions à l'issue du dernier café philo sur
"Avons-nous besoin d'irrationnel ? "
Le numéro de décembre de Sciences et Avenir comporte un dossier sur le thème « pourquoi les émotions nous rendent plus intelligents ».
Intéressant pour votre prochain café philo sur la Peur : la peur est d’abord une émotion mais aussi c’est une construction rationnelle (intellectuelle) – opposition entre Hans Yonas et Luc Ferri.
Intéressant parce que la neuroscience ne localise plus les pôles émotion-rationalité dans un espace gauche-droite et féminin-masculin… ouf on progresse !
Intéressant par l’écart évident entre les premiers articles qui font l’éloge des vertus de l’émotion et le sacré de Damasio (une décision rationnelle est une décision impossible)  et la suite où l’on nous invite à « gérer ses émotions », à « travailler les compétences pour gérer ses émotions» et finalement à tester son «quotient émotionnel ». Résumons ce que dit cette revue : nous sommes des mammifères – donc nous sommes dotés de l’émotion - mais nous possédons aussi les réseaux de neurones dédiés à la raison les plus développés du monde vivant et ces deux ensembles sont en perpétuelle négociation… toutefois la raison doit dominer, gérer, piloter, les émotions.

Le résultat du vote de votre dernier café philo est un peu décevant : on a besoin de l’irrationnel comme du rationnel 50% - 50 %.

Je reste quant à moi convaincu que nous sommes bien (actuellement) le seul animal, non seulement doué de raison mais doté d’une soif inextinguible de raison, une soif de réponses aux « pourquoi » plutôt qu’aux « comment ». Il y a eu d’autres êtres dans le passé qui ont eu ce besoin, à un  niveau probablement inférieur au nôtre, mais nous les avons exterminés et bouffés, et nous nous retrouvons seuls représentants de la famille zoologique des Hominidés.
Seuls êtres de raison sur la seule planète vivante connue.

Il y a beaucoup de façon de répondre aux « pourquoi » et les réponses de la science phénoménale ne peuvent  pas satisfaire notre demande ; c’est pourquoi il y a place pour d’autres approches rationnelles dans nos sociétés.  Étendre le champ des réponses est, selon moi, le grand défi auquel la science est confrontée aujourd’hui. Au lieu de rester silencieuse, et d’exclure, voire de nier l’existence des zones noires qui lui sont inconnues, la communauté scientifique a le devoir urgent d’entrer dans le débat  avec la société. Une société dans laquelle une fraction importante des gens fréquentent des lieux de cultes, consultent leur horoscope, paient des voyants, voient la Sainte Vierge et l’entendent parfois, filment des OVNI, constatent sur Internet (et dans la presse non asservie) que leurs élites dirigeantes les trompent effrontément…

L’avantage décisif de la science phénoménale sur les connaissances traditionnelles et les sciences ésotériques  c’est peut être qu’elle peut dire « je ne sais pas tout, mais j’ai le ferme espoir d’étendre mon domaine de connaissance aux terres inconnues et j’accepte que d’autres approches rationnelles répondent aux attentes des communautés humaines tant que je suis  incapable d’apporter des réponses plus pertinentes ».

 Une science modeste qui ne se contente pas du sempiternel : « ça n’existe pas » pour cacher son incapacité, mais aussi une science intransigeante qui ne tolère pas que les faits et les connaissances durement acquises soient méconnus ou contredits par des imposteurs, qui accepte et suscite le cas échéant  le combat d’idées. Finalement, un rêve rationnel.

dimanche 28 novembre 2010

Compte rendu du café philo du 26 novembre 2010



 Avons-nous besoin d’irrationnel ?


Belle soirée pour ce dernier café philo de l’année 2010 auquel quelque trente cinq personnes ont participé, dont plusieurs nouveaux arrivants. En raison de la place insuffisante dans la boulangerie Piérol, il a été décidé de changer d’endroit à partir du prochain café philo du 28 janvier 2011. Des contacts ont été pris avec Monsieur le Maire de Margency qui s’est dit prêt à mettre un local à disposition, situé 4 bis rue d’Eaubonne dans le beau parc de la mairie. Cette décision sera confirmée prochainement. Nous tenons à remercier Roland, Aurélia et Antony qui, pendant plus d’un an, nous ont régulièrement, gracieusement et aimablement accueillis dans la boulangerie Piérol (dont le pain est le meilleur de la région, osons le dire !). 

Le sujet Avons-nous besoin d’irrationnel ? a été introduit par un exposé de Martine qui a évoqué l’œuvre du psychanalyste, psychiatre et anthropologue Gérard Mendel (1930-2004). Le propos de celui-ci, dans son ouvrage « Anthropologie  différentielle » est de définir l'immense différence existant entre le  petit enfant, « le nourrisson », et l'animal dès la naissance. En effet  au tout début,  l'humain est entièrement coupé de sa motricité à la  différence de l'animal. C'est ainsi que pour lui prévaut le fantasme  et non l'Acte. C'est avec l'alternance perpétuelle et très complexe  entre le tout plaisir et l'immense angoisse que se construit la  psyché. Pour faire face à ce qui est appelé l'Archaïsme, il reste aux  humains, au sein de cette alternance, à construire des actes rationnels  pour leur permettre la survie. Bien entendu certains actes  abominables, commis par l'humanité avec rationalité, le furent sous  l'emprise d'un irrationnel très dangereux ; alors que dans l'art, de  grandes entreprises réussirent avec une grande part de rationalité  et de maitrise au nom d'une immense inspiration . Ainsi Bach  construisit la Klavierübung et Einstein la Relativité.

Rationnel vient du latin ratio qui est la traduction du grec logos, la raison. C’est l’aptitude à compter, à mettre de l’ordre. Est rationnel ce qui est fondé sur le raisonnement. Les synonymes d’irrationnel, c’est-à-dire de ce qui ne peut être expliqué par la raison, sont : déraisonnable, délirant, absurde, extravagant, illogique, insensé, inconséquent, écervelé, incohérent. On peut distinguer trois sortes d’irrationnel :
-          Ce qui ne peut être expliqué par la raison ; faut-il y inclure la folie, l’occultisme, la religion, etc. ?
-          Ce qui est étranger à la raison : les sentiments, les pulsions, l’imaginaire, etc.
-         Ce qui est au-delà de la raison : existe-t-il des réalités inaccessibles à notre raison ? Le beau, l’art, Dieu ? Pour Jean-Paul Sartre (1905-1980), l’existence dépasse la raison. Friedrich Hegel (1770-1831) s’est demandé si les catégories humaines permettent de rendre compte d’un Dieu.
L’irrationnel et le rationnel soulèvent de nombreuses questions : La raison est-elle immuable ? A-t-elle des limites ? Rend-elle compte de tout ? D’où vient l’irrationnel ? A-t-il une raison d’être ? Le réel est-il rationnel ? Existe-t-il une raison universelle ? Notre raison est-elle condamnée à répondre à toutes les questions ?

On avance parfois que les superstitions et les croyances religieuses sont des réponses à l’angoisse, notamment face à la mort. En fait elles constituent des tentatives de rationalisation de phénomènes dont le sens nous échappe. Le rejet des croyances par les rationalistes purs et durs représente également une forme de réponse à cette angoisse. La science malgré tout ne calme pas toutes les angoisses ; elle ouvre toujours sur de nouveaux horizons d’interrogations. Les croyances, quoique fondées sur de l’irrationnel, sont génératrices de systèmes très rationnels : cela va des religions aux systèmes financiers. Elles engendrent des organisations et des identités sociales.

L’irrationnel siège aussi dans l’inconscient et le refoulé de chacun. Il est constitué à la fois de l’expérience individuelle, de celle des familles (psychogénéalogie) et de la société dans son ensemble. Cet inconscient peut être un poids, voire une menace, pour l’individu, qui doit parfois en trouver des échappatoires.
La société nous « vend » en permanence de l’irrationnel.
La réalité que nous construisons est d’abord virtualité, qui n’est pas toujours rationnelle. Tout ordre social est une fiction. La chimie est issue de l’alchimie, l’astronomie de l’astrologie.
Les systèmes sociaux, tout comme les mathématiques, fonctionnent rationnellement sur des postulats non démontrables. Ils fonctionnent rationnellement tant qu’ils sont ouverts sur l’extérieur, tant qu’ils ne rendent pas service qu'à eux-mêmes. La tendance naturelle est que bien des systèmes politiques, financiers, administratifs, universitaires, religieux, dogmatiques, etc. dérivent et finissent par s’enfermer dans leur propre rationalité interne. Ceci  mène au mieux à la simple manifestation de la bêtise ou à des coûts économiques et sociaux énormes, mais aussi à des crimes contre l’humanité.Certaines rationalités deviennent meurtrières et conduisent à des catastrophes.

Le cerveau, la créativité et le monde fonctionnent dans une subtile alchimie de rationnel et d’irrationnel. L’irrationnel, a dit Philippe, c’est comme le cholestérol, il y a le bon et le mauvais. La raison du plus fort n’est pas toujours la meilleure. Le rêve et les mythes nous habitent et nous construisent aussi. A travers le langage, l’homme est capable de pousser toujours plus loin les limites du rationnel. L’irrationnel permet de donner un sens au monde, tandis que le rationnel dit plutôt comment il fonctionne. La science peut procurer du plaisir esthétique. Le mathématicien Leonhard Euler (1707-1783) disait que sa belle formule e=-1 est la preuve que Dieu existe.

En définitive, ce que nous appelons communément irrationalité relève de rationalités différentes. La raison n’est pas unique. Les systèmes sociaux ou mentaux individuels ont besoin ou imposent des logiques de fonctionnement différentes selon le sujet traité, le niveau d’organisation, l’environnement, l’époque, le lieu. Le cerveau humain est conçu pour traiter différentes formes de rationalités. Pour le meilleur et pour le pire. 

«La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent ; elle n'est que faible, si elle ne va jusqu'à connaître cela. Que si les choses naturelles la surpassent, que dira-t-on des surnaturelles ? » Pascal, Pensées (1669). 

Joyeux Noël et bon Père Noël à tous!

mercredi 3 novembre 2010

samedi 23 octobre 2010

Compte rendu du café philo du 22 octobre 2010



Quels regards sur la jeunesse et la vieillesse ?

Nous étions 27 à participer au café philo de ce mois d’octobre dans la pâtisserie Piérol de Margency. Le sujet « Quels regards sur la jeunesse et la vieillesse ?  a mobilisé les habitués plus quelques nouveaux qui se sont déclarés enchantés par la qualité des débats. Au préalable, les sujets des deux prochains cafés philo ont été votés parmi la douzaine proposée par les participants. Donc le 26 novembre, ce sera : « Avons-nous besoin d’irrationnel ? »  et le 28 janvier 2010 :  « Nos peurs ».
La tendance générale de notre société contemporaine est de valoriser la jeunesse au détriment de la vieillesse. La tendance est également d’idéaliser le « bon vieux temps ». Plusieurs métaphores sont associées au cycle de la vie, celle des saisons, celle des heures du jour ou encore celle du voyage. Le cycle naissance, jeunesse, âge adulte, vieillesse et mort est une caractéristique fondamentale du vivant. Il est génétiquement programmé dans les horloges biologiques. Tout au long de ce cycle, l’être vivant connaît des métamorphoses de sa physiologie  et de son  rôle dans son environnement social.
La jeunesse est particulièrement idéalisée dans l’époque actuelle marquée par l’hédonisme et le narcissisme. Le marketing et la publicité sont très orientés vers les jeunes. Une grande partie des magazines et des publicités instrumentalisent le jeune corps, en particulier féminin. Les jeunes sont une cible prioritaire des marchands d’innovations technologiques.
Bien des auteurs, dont Nizan (1905-1940) (« J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie ») ont pris le contre-pied de cette idéalisation.
La vieillesse est parfois considérée comme un naufrage (De Gaulle), parfois comme le plus bel âge, celui de l’accomplissement de soi (le Prix Nobel Hermann Hesse (1877-1962) dans Éloge de la vieillesse). Les personnes âgées sont plus conservatrices que les jeunes. Sans doute parce qu’elles se font moins d’illusions sur les révolutions et qu’elles ont davantage besoin d’appuyer leur sécurité sur l’ordre établi.
Le marché des séniors argentés et actifs constitue un important créneau économique.
L’extrême vieillesse attaque en général à partir de 75 ans, un âge où statistiquement prend fin dans notre société, le temps de la retraite en bonne santé. La vie, le temps, l’espace, la mémoire s’en vont. La dépendance et le sentiment d’inutilité sociale associés souvent à la souffrance physique, rendent souvent cette période plus ou moins longue de la vie, douloureuse pour le vieillard et pour son entourage.
Il s’agit là de grandes tendances différenciant la jeunesse et la vieillesse. En fait il existe une diversité infinie parmi les jeunes et les vieux.
La condition humaine est caractérisée par le fait qu’on se projette presque toujours hors de l’ici et du maintenant. Les jeunes à l’école ou dans le monde du travail sont obligés sans cesse de sacrifier le bonheur du présent pour l’avenir qu’ils espèrent meilleur. Bien de travailleurs envisagent la retraite comme un eldorado. La sagesse voudrait que chaque âge de la vie vaille la peine d’être vécu pour lui-même.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie. 
« Sonnets pour Hélène », (1578), Pierre de Ronsard

Quelques réflexions des participants notées au passage.
-          L’évolution des regards sur la jeunesse et sur la vieillesse est essentiellement conditionnée par des facteurs démographiques, tel que la natalité et l’allongement de la vie, ainsi que par des facteurs économiques, tels que la consommation et l’emploi professionnel. L’éclatement géographique des familles ne favorise pas la solidarité inter-générationnelle dans les familles.
-          La beauté physique et l’attrait sexuel jouent un rôle plus ou moins avoué sur ces regards.
-          Le regard sur la vieillesse est conditionné par celui sur l’extrême vieillesse.
-          Beaucoup d’efforts (intellectuels mais moins budgétaires) sont réalisés aujourd’hui pour la « bientraitance » dans les institutions pour handicapés et vieillards dépendants. L’objectif aussi est de maintenir les vieillards aussi longtemps que possible hors des institutions.
-          La gestion de la vieillesse comporte trois niveaux ; personnel, familial et institutionnel.
-          La vieille Europe n’arrive pas à protéger sa société.
-          Le dialogue et les rapports affectifs entre les jeunes et les vieux existent en de nombreux endroits.
-          L’important, c’est la jeunesse de cœur.
-          Pour bien vieillir, il faut vivre bien ensemble.
-          La vieillesse est l’âge de l’apaisement.
-         " La fréquentation des personnes en fin de vie fait me sentir jeune."
-          Il faut se sentir utile.
-          Tout ce qu’on perd en extériorité on le gagne en intériorité.
-          Nous avons un chemin de vie à accomplir.
-          Nous, les anciens, laissons aux jeunes un avenir difficile.
-          Le cycle de la vie comporte les périodes pour apprendre, pour produire, pour transmettre.
-          Au-delà des déterminismes, fatalités et inégalités physiologiques et sociétales, chacun dispose d’une part de libre-arbitre pour faire en sorte que chaque phase de sa vie vaille la peine d’être vécue.

samedi 25 septembre 2010

Compte rendu du café philo du 24 septembre 2010 "Oublier le passé..."




Nous étions 32 à participer à ce café philo de la rentrée dans la pâtisserie Piérol de Margency. Le sujet « Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ? », qui avait été donné au bac 2010 en série L, a mobilisé les habitués plus quelques nouveaux. Le site Internet de Philosophie Magazine propose un corrigé-type de ce sujet et mérite d’être consulté.


La nature de tout temps a intégré dans son évolution des processus de destruction et d’oubli du passé. Chaque être vivant est la simple réplication de son ancêtre immédiat. L’oubli constitue un avantage pour l’évolution des espèces.
Les sociétés et les individus vivent et se construisent dans un présent bordé par un horizon du passé et un autre du futur. La conscience a besoin d’inclure dans le présent à la fois le passé et la projection dans le futur. Notre libre-arbitre également.
 Notre système cognitif gère en permanence la mémoire et l’oubli. Notre mémoire semble avoir son siège non seulement dans le cerveau, mais également dans tout l’organisme ainsi que dans les signes et symboles qui peuplent notre environnement et notre langage. La mémoire est une interrelation de signes. Un souvenir seul n’existe pas, il se définit par  rapport à d’autres souvenirs, à l’instar des mots d’un dictionnaire.
La mémoire, avec laquelle nous façonnons l’avenir, relève de trois ordres : le factuel, l’émotionnel et l’inconscient. L’émotionnel et l’inconscient déforment parfois la perception du factuel qui en principe devrait guider la raison. Le factuel doit être relativisé car il est sujet à interprétation.

Les leçons de l’histoire sont délicates à tirer en raison de la conjonction de causes multiples pour un évènement donné.
On ne se baigne jamais deux fois dans la même rivière, disait Héraclite, le philosophe grec. L’histoire ne se reproduit jamais à l’identique, mais certaines causes génériques peuvent conduire à des situations similaires. La rivière reste la rivière, pendant un certain temps du moins.
Les phénomènes sociétaux continueront à évoluer à l’avenir lorsque les acteurs d’aujourd’hui auront disparu. Il s’agit de phénomènes complexes, où tout interagit avec tout. Comme la météo, ils sont théoriquement et pratiquement imprédictibles au-delà d’un certain horizon temporel. « Les prédictions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir », ironisait Pierre Dac. Des ruptures et des phénomènes nouveaux qui émergent ne sont pas clairement déductibles de la modélisation du passé. 

Les nouvelles technologies ont induit en quelques années des transformations radicales et imprévisibles des cultures. Jusqu’à présent, les sociétés humaines ont toujours évolué avec des horizons de mémoire temporelle, d’espace et de culture restreints. Il s’agissait sans doute d’avantages sélectionnés par l’évolution pour fonder des identités sociales viables. Les technologies de l’information actuelles permettent de ne plus rien oublier et de ne plus rien cacher à personne. Le monde va être conduit vers de nouveaux modes de fonctionnements, stables ou instables, tributaires de cette diffusion globale des informations.
Se donner un avenir c’est tenter de créer des conditions de survie relativement stables dans un horizon de temps restreint avec les moyens que nous pouvons maîtriser. Se donner un avenir c’est aussi tenter de contribuer à un monde de moindre souffrance, de plus de justice, de meilleure possibilité de vivre ensemble. Aujourd’hui l’avenir de l’humain passe également par le souci de la planète avec son climat et sa biosphère.

La mémoire du passé est douloureuse dans bien des domaines individuels ou collectifs. Le passé est ce qu’il est, mais ne devrait pas constituer une fatalité absolue ni pour l’individu, ni pour la société. Il faut tirer les leçons des erreurs et des drames passés. Toutefois la proclamation de la vérité objective est-elle toujours de mise ? Il est sûrement des circonstances où l’oubli est la meilleure solution : un criminel qui a purgé sa peine, quelqu’un qui veut refaire sa vie, une victime de maltraitance, le spectateur d’atrocités. Il faut pouvoir se refaire un semblant de virginité de la mémoire par le travail sur soi voire par le travail au sens propre, qui a la vertu parfois de remettre les idées en place. Combien de temps les crimes doivent-ils être imprescriptibles ? 

La plupart des pays sous-développées économiquement et démocratiquement le sont en rapport avec l’instrumentalisation de faits historiques, - certes indéniables comme l’esclavage, la colonisation ou les génocides - et de traditions religieuses et patriarcales. L’entretien des hostilités vis-à-vis d’un ennemi ou la victimisation réelle ou fantasmée sont des moyens archaïques encore bien en cours pour maintenir de l’identité et du pouvoir dans un groupe.
Il faut laisser le temps au temps pour refermer les cicatrices de l’histoire sans en rajouter, tout en sachant que ces cicatrices existeront toujours.

La nature humaine possède en général l’admirable propriété de pouvoir faire le deuil des malheurs subis. Le travail de deuil, ce n’est pas l’oubli, il débouche sur la possibilité de vivre raisonnablement avec le souvenir du malheur. Les cures psychanalytiques peuvent y contribuer. Ce travail de deuil enrichit l’expérience humaine. La rumination l’appauvrit.

Les discussions et les contributions des participants se sont articulées autour de deux questions : « Les raisons d’oublier le passé »  et « Les bons usages du passé ». Les aspects individuels et collectifs ont sous-tendu les propos. 

Voici quelques réflexions notées.
- Le verbe « oublier » devrait être pris au sens large à savoir « dépasser » pour permettre de vivre ensemble.
- Pour représenter le passé, le présent et le futur, on peut utiliser la métaphore de l’arbre avec les racines, le tronc et le feuillage.
- Autre métaphore : en informatique, il faut une bonne mémoire et un bon logiciel.
- Passé, présent et avenir sont inséparables.
- On ne sait pas qui maîtrise quoi dans la mémoire collective. Pour la mémoire individuelle c’est la personne elle-même. Encore que ...
- L’individu a, en général, une seconde chance, la collectivité non.
- Le passé est irréversible, mais on peut le réinterpréter.
- Les migrants doivent assumer leur passé pour construire l’avenir dans le pays d’accueil.
- Les mensonges d’Etat ne sont jamais rentables.
- Pour enjoliver ou dénigrer le passé, on construit des histoires.
- L’oubli du passé n’est pas de l’ordre de la simple volonté.
- « La jeunesse d’aujourd’hui oublie les valeurs »...
- L’avenir c’est le devenir.
- L’avenir, c’est l’espoir.
- L’avenir a un long passé.
- Le passé est inscrit dans les mots, selon Bourdieu.
- Il faut visiter le passé pour le sublimer.
- "Je respecte le passé."
- Il faut penser aux enfants adoptés venant d’autres pays.
- Le passé, c’est l’expérience.
- « Je me fiche du passé et de l’avenir, je crois à la providence. »
- « Il faudrait parler aussi de l’inconscient et de l’éducation. »
- « Si tu veux savoir où tu vas, souviens-toi d’où tu viens .»
- « Le mémoriel n’empêche pas d’être volontariste »
- « On se construit avec et contre le passé. »
- « Mai 68 m’a fait devenir conservateur. »
- « Il n’est pas sain d’oublier le passé. »
- L’avenir se passe toujours autrement que prévu.
- La volonté peut infléchir l’avenir.
- « Le futur et le passé sont incertains, c’est ce qui rend le présent supportable. »
- La cure psychanalytique permet de rompre avec les souvenirs négatifs.
- Sur le plan collectif, il faudrait trouver un équivalent de la cure psychanalytique.

jeudi 23 septembre 2010

Travaux d'entretien sur le Chemin du Philosophe



Au premier jour d'automne, nous avons procédé à une opération d'entretien sur le Chemin du Philosophe pour lui permettre, espérons-le, de passer un bon hiver dans son sous-bois. Le sculpture "Humanité" de Michel Leclercq a été réenduite d'un mélange de térébenthine et d'huile de lin au grand dam de quelques bestioles auprès de qui nous nous sommes excusés ; l'oeuvre de land art "Enracinement" a bénéficié d'un nettoyage et d'une nouvelle couche de chaux ; enfin le "Cosmos" a été désherbé. Le ginkgo biloba planté l'automne dernier, se porte relativement bien ; il semble souffrir un peu de la sécheresse. Alors, ami promeneur, vous pouvez l'arroser en cherchant de l'eau au ruisseau coulant à 150 mètres à l'aide du bidon planqué derrière le premier arbre à 10 mètres de la sculpture vers le sud. (Remettez le bidon place ouverture vers le bas pour permettre aux scarabées trop aventuriers d'en ressortir).

mardi 27 juillet 2010

Nouveau fléchage sur le Chemin du Philosophe




Afin de faciliter l'orientation sur le Chemin du Philosophe, l'Office National des Forêts a bien voulu installer onze poteaux de fléchage au bord du parcours forestier. Merci pour ce complément indispensable à une méditation sereine !
Nous souhaitons à tous de bonnes promenades estivales.

samedi 26 juin 2010

Compte rendu du café philo du 25 juin 2010- « Que transmettre entre générations ? »


Aquarelle réalisée par Patricia G.



Vingt-six personnes se sont réunies à la boulangerie Piérol de Margency (Val-d’Oise) pour débattre du thème « Que transmettre entre générations ? »
Au préalable, les sujets des prochains cafés philos des derniers vendredis de septembre et d’octobre ont été votés selon la procédure habituelle :
24 septembre 2010 : « Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ? »
29 octobre 2010 : « Quels regards sur la jeunesse et la vieillesse ? »

Il convient en outre de noter les 10èmes Rencontres sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques à l’UNESCO les 17 et 18 novembre 2010 à l’occasion de la Journée Mondiale de la Philosophie.
Mido et Daniel avaient préparé le sujet dont voici le texte.
Introduction :
Une conviction : « Nous sommes un maillon d’une chaine humaine qui a commencé avant nous et qui continuera après nous. » Cela engage chaque génération à être modeste et responsable. Une autre conviction : La transmission suppose le respect de l’autre au niveau individuel et collectif. Ce n’est ni un bourrage de crâne, ni un lavage de cerveau. Celui qui reçoit doit être libre. Pour bien transmettre, il faut aimer l’autre.
La transmission de quoi, à qui, comment, par qui ?
-          La transmission de la vie biologique
On l’a reçue de nos parents, on la transmet à nos enfants qui à leur tour la transmettront. Nous croyons que c’est le plus beau des cadeaux… avec ses heurs et ses malheurs : maladies génétiques, héritages divers en matière de corps, beau ou non, de santé, de maladies, de dons…
-          La transmission de la planète et des conditions de vie
«  Nous n’héritons pas de la planète. Nous l’empruntons à nos enfants. » Avec ses ressources à ne pas gaspiller et à ne pas abimer. Avec ses drames : guerres, pollutions, déchets nucléaires mais aussi dette, conditions d’emploi et de retraite…Nourrir 9 milliards d’habitants en 2050, c’est possible à condition de mettre en œuvre une agriculture familiale et d’utiliser les savoirs paysans. En Inde, il y a 400 espèces de riz très résistantes et très productives. Cela suppose de mettre l’homme au centre.
-          La transmission des biens
L’héritage, le capital par les études.
-          La transmission des connaissances, des savoir-faire
Pour que les suivants puissent aller plus loin. D’où l’importance de l’école, des nouvelles technologies, de la famille, de la culture d’entreprise, de la société civile. Pour choisir librement, il faut connaitre, y compris en matière de religion. Mais est-ce à sens unique ? Nos descendants nous transmettent aussi, d’où l’importance de l’échange, du dialogue, du développement de l’esprit critique, de l’accueil, du respect.
-          Transmettre la mémoire
Dans la famille, dans la société pour progresser en humanité. Par l’histoire, par exemple la shoah…mais aussi la culture, par exemple les plantes médicinales. «  Nous sommes ce qu’est notre passé et notre avenir dépend du présent. » Les recherches généalogiques sont très en vogue, les biographies aussi.
-          La transmission des valeurs, de la culture, de l’être
Au niveau individuel à la première mais aussi la 2ème et 3ème générations : la morale, l’honnêteté, le courage. Un père : « Je n’ai pas d’autorité avec mes enfants parce que ici, on m’interdit de cogner. »  Au niveau collectif : la culture, l’interculturel, la démocratie, « Liberté, égalité, fraternité », le respect du vivant, la dignité des personnes. Au niveau spirituel : l’ouverture, la religion, (pas la foi). Si on ne transmet pas, on ne permet pas la liberté de l’autre. Cela ne passe pas s’il n’y a pas adéquation entre le dire et le faire. Donc autant sinon plus le non-verbal que le verbal.
-          Transmettre le goût de vivre ensemble
Dans la famille : enfants unique ou famille nombreuse ? Dans la société mondialisée, l’échange entre cultures… voir le dernier café-philo
Une affirmation : Si le grain ne meurt, il ne peut porter du fruit.
Une question :  Peut-on transmettre plus que ce que l’on a reçu ?
Quelques réflexions ont été notées au cours du débat fort animé qui a suivi.
-          La transmission se passe souvent de manière implicite par le langage, le mode de vie, l’exemplarité, le mimétisme, les us et coutumes, les objets.
-          Chacun est un maillon de l’Histoire.
-          Les lieux et modes de transmissions sont multiples et complémentaires et donc source de richesse.
-          Communiquer c’est échanger au risque de changer.
-          Il convient de distinguer les transmissions individuelles, familiales et collectives.
-          L’éducation vise à l’intégration dans un groupe. Etre debout avec les autres.
-          Il faut préparer les enfants aux trajectoires de la vie.
-          Les hasards de la transmission sont source de liberté.
-          La transmission fait intervenir la raison et l’affectif.
-          Il faut écrire les histoires des familles. Gérer les secrets de familles.
-          La littérature est une importante source de transmission.
-          Il faut lutter contre le pessimisme ambiant quant à l’avenir de la société.
-          La sagesse orientale peut fournir des matières à transmettre entre génération.
-          Tout le monde a quelque chose à transmettre.
-          On transmet davantage ce qu’on est plutôt que ce qu’on dit.
-          L’éducation, c’est donner envie de vivre.
-          Notre responsabilité d’humain et de citoyen est de maîtriser et de ne pas retransmettre les préjugés voire les névroses ou les deuils sans fin qui nous ont été inculqués plus ou moins consciemment par la famille ou la société (racisme, rancunes, haines, ostracismes, élitisme, nostalgies).
-          « Chacun, quelle que soit sa vie, devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour se débarrasser de ses propres fardeaux et malédictions afin de ne pas avoir à les charger, à l’instant de quitter ce monde, sur le dos de son propre fils… Nos peines ne s’effacent pas avec nos existences, elles demeurent vivantes et nos enfants en héritent aussi naturellement que l’on hérite d’un terrain ou d’une maison lézardée.» (Les 7 plumes de l’aigle – Henri Gougaud)
-          « Si tu veux vraiment faire quelque chose pour le monde, n’y laisse aucune trace de ta souffrance ». disait un vieux rabbin dans un livre de Christiane Singer.

mercredi 23 juin 2010

Visite de l'école des arts plastiques de Garges-lès-Gonesses




Une bonne centaine d'enfants et de parents de Garges-lès-Gonesses (Val d'Oise) ont profité du beau temps de ce premier jour de l'été pour se promener sur le Chemin du Philosophe. C'est Claire, la directrice de l'école des arts plastiques de Garges, et Danielle de notre association, qui sont à l'origine de cette belle initiative qui a contribué à affermir, voire à éveiller, la sensibilité de ces enfants pour la nature et pour l'art.

dimanche 13 juin 2010

AG et fête annuelle du Chemin du philosophe à Bois Corbon le 12 juin 2010



Une quarantaine de personnes ont participé à l'assemblée générale ainsi qu'à la fête annuelles organisées par l'association du Chemin du philosophe. Le Conseiller général du Val-d'Oise Robert Daviot nous a fait l'honneur de sa présence lors de l'AG.
La soirée fut une réussite et un grand moment de convivialité,  malgré la concurrence du Mondial de football. Nombreuses et nombreux furent celles et ceux qui ont retroussé les manches pour assurer une intendance impeccable et des plats succulents.
Anne-Claire, Patricia, Philippe et Jean-Claude, des amateurs pleins de talents, ont exposé quelques-unes de leurs peintures et sculptures.
Le trio Les Ramulots a assuré l'animation musicale et chansonnière de la soirée. Ils nous ont fait chanter et danser. De purs moments de bonheur....

mardi 8 juin 2010

Dessin de la sculpture "Humanité"





Voici un dessin de la sculpture Humanité réalisé par un des participants européens au rallye du 5 juin 2010 sur le Chemin du philosophe. 
Cette sculpture de Michel Leclercq, installée il y a tout juste un an, veut signifier l'équilibre instable de l'humanité au sommet de la nature ainsi que sa dépendance à l'égard de celle-ci. 

dimanche 6 juin 2010

Promenade botanique du dimanche 6 juin



Une bonne vingtaine de personnes, qui ne se sont pas laissées décourager par le violent orage sévissant en début de matinée, ont été récompensées par cette superbe promenade dans une ambiance de sous-bois tropical après la pluie. Ginette Colpin a su une fois de plus partager son immense savoir botanique pour nous faire aimé toujours davantage le monde végétal.
Cette promenade a été organisée en collaboration avec les journées Eco-département du Val d'Oise.
La brochure d'accompagnement reste téléchargeable ici.

Jumelage Eaubonne-Budenheim-Isola della Scala



Les responsables des jumelages des villes  Eaubonne (95) - Budenheim (Allemagne) -  Isola della Scala (Italie) ont eu l'excellente idée d'organiser un rallye sur le Chemin du philosophe ce samedi 5 juin 2010. Une bonne centaine de jeunes et de moins jeunes des trois pays ont parcouru l'ensemble du chemin forestier en répondant de manière ludique à un petit questionnaire sur les différentes étapes. Tout le monde s'est prêté à ce jeu dont l'objectif essentiel a été de favoriser les rencontres entre Européens dans la nature, nature qui constitue le premier des patrimoines communs (même avant les philosophes !).
Ci-dessous, les armoiries d'Isola della Scala, Budenheim et Eaubonne.


samedi 29 mai 2010

Compte rendu du café philo du 28 mai 2010





Compte rendu du café philo du 28 mai 2010

Vingt personnes ont participé à ce café philo consacré à UNIVERSALITE ET DIVERSITES HUMAINES, toujours dans la boulangerie Piérol de Margency (95).

La problématique de l’universalité et des diversités humaines est relativement récente. Les grands voyages à partir du 15ème siècle ont fait prendre conscience à l’occident chrétien qu’il n’est pas universel. Au cours du 20ème siècle des courants de pensées ont affirmé que l’homme n’a pas de nature propre et qu’il est entièrement formé par la culture. La relativisation des valeurs dans le cadre de la mondialisation méritent aujourd’hui une réflexion approfondie. Les droits de l’homme sont-ils universels ? Faut-il respecter toutes les traditions même lorsqu’elles portent atteinte à la dignité humaine ?

Universalité

L’universalité revêt de nombreux aspects.
Les lois de la nature physique, les mathématiques, la logique ou les technologies sont universelles, elles fonctionnent en principe partout et en tout temps. Les idées (mèmes) et les technologies (tèmes) se comportent comme les espèces vivantes, elles tendent à l’hégémonie territoriale se positionner comme universelles.

Le genre humain possède un patrimoine génétique qui le caractérise et le différencie nettement des autres espèces animales : cerveau surdimensionné, conscience de soi, station debout, utilisation d’outils, rire, langage, culture, sexualité érotique et pas seulement liée à la reproduction, etc. L’immaturité de l’enfant nécessite une prise en charge parentale et une éducation longues et favorise ainsi la transmission de la civilisation de générations en générations. Ces facteurs sont universels mais sont différents dans leurs expressions d’un individu ou d’un groupe à l’autre, créant ainsi de la diversité entre les humains. Les capacités intellectuelles entre les individus quant à elles, peuvent être variables, mais il ne semble pas y avoir de différences statistiques dans ce domaine entre les races et les cultures.
Le corps qui nait, grandit, est malade, vieillit et meurt est propre à l’ensemble du monde vivant. Cependant le rapport au corps humain est variable. La maladie, la souffrance, la peur de la mort, même si perçues différemment, sont omniprésentes dans le genre humain. Tous les individus ont besoin de nourriture, de logement, de sécurité, d’identité, d’un visage (le visage est un hologramme qui renferme toute l’humanité.), d’un moi, d’une dignité, d’amour, de compassion, de liberté, de liens familiaux, d’éducation, de codes, de convictions, de transcendance, d’appartenance à un groupe, d’organisations sociales.

Selon Rousseau l’homme nait bon naturellement et c’est la société qui le pervertit. Selon Freud, il est habité par l’instinct de mort et c’est la société qui doit le canaliser.
Toutes les sociétés utilisent un langage, elles élaborent des mythes, ont recours au surnaturel. Elles ont en commun, à des degrés divers, des valeurs et des comportements, qui constituent de facteurs de régulation et des avantages sélectifs dans leur évolution : les organisations hiérarchiques, les chefs, les dominants et les dominés, les élites, les clans, les institutions politiques, les lois, les prisons, les armées, les polices.
Elles ont toutes des déviants, des criminels, des violeurs, des fous, des gouvernants pervers narcissiques, des prédateurs économiques. La torture, les brutalités policières, la prostitution, le racisme, l’exploitation humaine, la dépersonnalisation de l’autre (burqa, maltraitance, esclavage, embrigadement, sectes, exclusion, instrumentalisation des personnes dans le monde du travail) sont des pratiques contre lesquelles toute société doit lutter en permanence. Aux Etats-Unis 1% de la population est en prison, en France c’est 0,1%.
La consommation de drogues à des fins médicales, religieuses et conviviales ou par addiction, semble également universelle dans le temps et dans l’espace.
Les crises, les révoltes et les guerres sont inscrites dans l’histoire de toute société.

Toutes les cultures ont développé des formes de musique, d’art, de poésie, de littérature qui, outre leurs valeurs en soi, ont un rôle pacificateur et fondent les identités des sociétés. Elles génèrent des génies et des élites dans chacun de ces domaines.
Ces universalités existent au cœur de chaque société ou de chaque individu à des degrés divers selon les sociétés, le temps historique, l’état des institutions, les circonstances, le niveau de conscience et d’éducation.

Diversité

La diversité est probablement la caractéristique la plus universelle de la création. Dans le monde inanimé, on observe l’existence d’une diversité immense d’atomes, de molécules, de structures minérales. Le monde vivant est caractérisé par des millions d’espèces végétales et animales différentes. Au sein de chaque espèce, il n’y a pas deux individus identiques. La reproduction sexuée permet la mise en commun de patrimoines génétiques différents et constitue un avantage sélectif. Cette biodiversité est garante de la stabilité relative et de l’évolution des espèces.
Dans les domaines technologiques, des organisations et même des sciences de l’éducation, le principe de la diversification et la redondance des sources d’information et des moyens d’action est la règle de base de la sécurité et de l’efficacité à long terme des systèmes. (Centrales nucléaire, aviation, médias, pédagogie). 
Dans chaque société, il n’y a pas deux individus identiques. De même il n’y a pas deux sociétés identiques.
Comme pour tout le monde vivant, la diversité est le moteur de l’évolution des sociétés par la rencontre avec l’altérité. L’intelligence collective ne peut émerger que de la diversité. Les génies se développent en fonction d’un contexte social.
Les sociétés sont régulées par des codes. Les déviances par rapport à ces codes doivent être régulées, mais sont indispensables à leurs survies.
A différents niveaux d’organisation la diversification est contrebalancée par l’unification et la mise en place de mécanismes maintenant l’unité par des frontières et des défenses. Exemple : peau, frontières territoriales, système immunitaire, défense nationale.

Aujourd’hui, les technologies, les médias et la mondialisation économique poussent dans le sens de l’universalisation des modes de fonctionnement et des cultures au détriment de la diversité. Des dizaines de langues disparaissent chaque année. La multiplication des langues après la chute de la tour de Babel, selon la mythologie, devrait être considérée comme un enrichissement de la culture et un instrument essentiel de l’hominisation.

Un individu ne peut et ne devrait jamais être entièrement caractérisé par son appartenance réelle ou supposée à un groupe (race, nation, classe sociale,...)

Les cultures se sont mélangées et développées dans leurs diversités à partir des commerçants, des marins, des pèlerins, des aventuriers, des guerriers.

Les migrants dans le monde sont aujourd’hui quelque 300 millions. Pour beaucoup il s’agit d’exils forcés qui les arrachent de leurs racines culturelles et de déchirements affectifs car ils sont (ou se sentent) souvent discriminés dans les pays ou régions d’accueil. Leur diversité n’est pas considérée comme conforme à l’universalité dont se prévalent en général les populations majoritaires qui oublient que leurs ancêtres étaient des migrants.

L’UNESCO (« Construire la paix dans l'esprit des hommes ») et de nombreuses associations à travers le monde œuvrent pour des normes minimum de cohabitation des cultures dans le respect de leur diversité. Ces organisations sont aujourd’hui plus indispensables que jamais. Cependant elles servent souvent de terrain de lutte d’influence ou d’alibi pour des lobbies qui agissent en fait pour leur seule hégémonie.

 

Conclusion

 

L’universalité diverse est un oxymore profondément à l’œuvre dans tout processus de création et d’organisation. Le monde, et notamment le vivant et l’humain, oscillent en permanence entre la stabilité et le changement, entre le repli identitaire et la rencontre avec l’altérité. Cette rencontre est souvent le fruit du hasard grâce auquel le monde explore le champ des possibles.


Hans Küng et l’éthique planétaire
Hans Küng est un théologien suisse, né en 1928 à Sursee dans le canton de Lucerne (Suisse). Il a pris des positions très critiques vis-à-vis de la hiérarchie catholique.
Sa thèse concernant l’éthique planétaire peut se résumer de la manière suivante : la cohabitation des humains sur terre ne sera plus possible sans une éthique globale. Il n’y aura pas de paix entre les nations sans la paix entre les religions et pas de paix entre les religions sans dialogue. Pas de dialogue entre les religions et les cultures sans recherche fondamentale. Pas d’éthique globale sans évolution des consciences des religieux et des non-religieux.
« Ce monde a besoin d’une éthique ; une société mondiale n’a pas besoin d’une religion ou d’une idéologie universelles, mais quelques normes, valeurs, idéaux et buts communs et s’imposant à tous. »
Cela implique des engagements des cultures pour la non-violence et le respect de toute vie, la solidarité, la tolérance, la véracité, l’égalité des droits notamment pour les femmes.